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mercredi 26 février 2014

Les Carsington Tome 1 : Irrésistible Mirabel de Loretta Chase

 

—   Je suis venu à ton secours. Je vais t'emmener sur mon destrier blanc, au bout du monde si tu veux. En fait, tu devras te contenter de deux chevaux gris. J'ai encore été obligé d'emprunter le phaéton de Rupert, c'est moins romantique mars plus confortable, expliqua-t-il en enjambant l'appui de la fenêtre. Tu n'as plus envie de m'épouser, et je ne peux t'en blâmer. J'ai fait preuve d'une arrogance insupportable. J'ai décidé que tu devais m'épouser. mais je n'ai pas fait ma demande en bonne et duc forme.




Le résumé :
Le comte de Hargate s'arrache les cheveux. Son fils Alistair est un dandy qui, non content d'être toujours célibataire à vingt-neuf ans, dilapide sans vergogne l'argent familial. Pire, c'est un véritable coeur d'artichaut, avec un net penchant pour les grisettes qui se font une joie de le plumer. Excédé, le comte lance un ultimatum à son fils : il a six mois pour trouver une épouse convenable ! C'est-à-dire une riche héritière. C'est là qu'entre en scène Mirabel Oldridge, si étourdissante de beauté qu'Alistair en tombe amoureux au premier regard. Hélas, la réciproque est loin d'être vraie, et Mlle Oldridge ne tarde pas à le considérer comme son ennemi personnel. Décidément, Alistair n'est pas au bout de ses peines... 

 
L'extrait :
Même si Alistair ne posait pas à l'intellectuel, il était capable d'additionner deux et deux. Et plutôt rapidement
Et ce jour-là, assurément, le sort s'acharnait contre lui. Mlle Oldridge le jugeait peut-être assez élégant pour un dîner informel à la campagne - à l'évidence, elle n'était pas d'une grande exigence en la matière -, lui, en revanche, était d'un avis radicalement différent.

Grâce à un bon feu et à la diligence d'un personnel consciencieux, ses vêtements avaient été séchés et vigoureusement brossés. Mais il ne s'agissait pas moins de vêtements d'après-midi que même le plus accompli des valets de chambre ne pouvait transformer en habit de dîner.
Sa cravate n'était plus qu'une masse informe, striée de faux plis, ce qui le rendait fou. Hélas, malgré leur efficacité, les domestiques n'avaient pas le temps de laver et d'amidonner son linge.
Pour couronner le tout, sa jambe, qui n'aimait pas l'humidité et qui aurait dû vivre au Sahara, se vengeait de cette randonnée dans la brume qu'il lui avaitinfligée en se rappelant à lui douloureusement.
Ces multiples désagréments l'empêchèrent de deviner ce que n'importe quel idiot aurait compris depuis des heures.
Mlle Oldridge lui avait pourtant demandé s'il s'intéressait à la botanique. Elle avait à plusieurs reprises évoqué mousses et lichens, et lui-même avait vu les serres, les plantations, les livres et les carnets bourrés de notes... Mai» quand il n'avait pas à se préoccuper de ses vêtements et que sa jambe ne le torturait pas, Il se laissait complètement distraire par son hôtesse elle même.
En conséquence, ce ne fut que lorsqu'il rejoignit les Oldridge dans le salon avant le diner et que le vieux monsieur l'entreprit .sur les  extraordinaires» particularités des mousses et lichens qui! Se rendit enfin à l'évidence. Le maître de céans était un monomaniaque.
Alistair connaissait bien cette maladie. L'une de ses belles-soeurs passait ses journées en prières, et l'un de ses cousins s'était mis en tête de déchiffrer la pierre de Rosette. Les individus atteints de cette affection ne se laissaient jamais distraire de leur obsession si on ne les y obligeait pas.
Donc, lorsque son hôte cessa de discourir pour se concentrer sur le volatile qu'il découpait. Alistair en profita pour s'engouffrer dans la brèche.
—    J'admire votre expérience et votre connaissance de 1a région, cher monsieur. J'aurais aimé que vous puissiez nous conseiller avant que nous présentions notre projet de canal. Mais j'espère que vous serez prêt à le faire dès à présent.
M. Oldridge se contenta de froncer les sourcils sans quitter des yeux le chapon.
—    Nous serions prêts à en modifier le tracé, si c'est là votre principal souci, continua le jeune homme.
—    Pourriez-vous le déplacer dans un autre comté? intervint Mlle Oldridge. Dans le Somerset, par exemple, où Ils ont déjà dévasté le paysage avec leurs crassiers.
Alistair fut contraint de tourner le regard vers elle, ce qu'il avait soigneusement évité jusqu'ici.
Elle avait revêtu une robe mauve pâle - elle qui aurait dû privilégier les couleurs chaudes - avec un col montant et un ruché de dentelle qui auraient convenu à une douairière. Sa magnifique chevelure cuivrée était attachée sur la nuque en un chignon pathétique.
Pour tout bijou, elle arborait une chaîne en argent assortie d'un médaillon.
Lui arrivait-il parfois de se regarder dans un miroir? se demanda Alistair. Elle était si mal fagotée qu'il en venait à se demander si le Créateur ne lui avait pas refusé le don qu'il avait accordé à toutes les autres femmes... Peut-être avait-elle la vue basse. Quoi qu'il en soit, ses fautes de goût lui inspiraient la même irritation que celle que doit éprouver un mélomane en entendant un instrument mal accordé ou la voix stridente d'une cantatrice.
Il devait se tenir à quatre pour ne pas l'envoyer se changer dans sa chambre, ce qui ne faisait qu'accroître son agacement.
—    Vous me permettrez de corriger une légère erreur, mademoiselle, rétorqua-t-il sur le ton qu'il employait quand ses jeunes frères se montraient particulièrement exaspérants. Ce sont les mines de charbon qui produisent des crassiers, pas les canaux. Or, jusqu'à présent, la seule mine de la région est celle de lord Gordmor, à plus de trente lieues d'ici. S'il gâte le paysage, cela ne gêne que lui. Il s'agit de ses terres, n'est-ce pas, et elles ne sont bonnes qu’a cela.
—    Il pourrait élever des moutons, comme tout le monde. Ce serait moins bruyant et moins salissant.
—    Libre à vous d'imaginer ce qui vous plaît et de remodeler tout le comté à votre guise.
Un éclair traversa le regard azuré de Mirabel, mais Alistair n'y prêta pas attention et enchaîna à l'adresse de M. Oldridge :
—    Nous ne nions pas être partie prenante dans cette affaire. Le but initial de ce canal est de transporter le charbon plus vite et à un moindre coût.
Le maître de maison, très occupé à répartir les meilleurs morceaux de volaille entre son invité et sa fille, eut un vague signe de tête qui pouvait passer pour approbateur.