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dimanche 22 février 2015

Rose morte Tome 1 : La floraison de Céline Landressie



L'homme frappa encore.
Rose ouvrit les yeux démesurés. Au tréfonds de son être, quelque chose d'affreux tira sur ses chaînes...
Un autre coup tomba sur sa mâchoire.
Son regard s'alluma d'un éclat orangé...
Le sixième assaut lui rompit trois côtes. Elle hurla de douleur.
Alors la bête arracha ses entraves. Énorme et cauchemardesque, elle jaillit des abîmes de son âme, l'écume au lèvres.









France, fin du xvie siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d'Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle...





Rose leva sur l'apparition ténébreuse des yeux écarquillés d'horreur, convaincue d'être sa prochaine victime. Elle aurait voulue fuir mais ses membres refusaient d'obéir. Elle ne put que regarder la chose approcher inexorablement. S'agenouillant devant elle, l'ombre allongea une main vers son cou. Rose se recroquevilla avec un gémissement plaintif:
- Pitié!
- Ne craignez rien, lady.
Cette voix profonde apaisa les battements affolés de son coeur. Elle plissa les yeux, hébétée et incrédule.
- Artus? murmura-t-elle. Mais... comment... ces hommes, vous les avez...
- Leur sort vous importe-t-il?
Rose considéra les cadavres des bandits. Ils avaient reçus la juste rétribution de leur vilenie. Leur fin ne lui inspirait en effet nul apitoiement.
Elle reposa les yeux sur le comte. Ses muscles, contractés à l'extrême, se relâchèrent. La boule de panique lovée au creux de son ventre se dissipa. Aussi, lorsqu'Artus étendit de nouveau la main vers elle, elle ne chercha pas à se dérober. Elle eut tout juste le temps de percevoir son contact que déjà il se retirait, observant sa main avec une moue contrariée. Rose suivit son regard. Il avait les doigts couverts de sang.