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samedi 27 octobre 2018

Frida de Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez


 
L'une des plus grandes figures de l'art mexicain du XXe siècle inspire Benjamin Lacombe et Sébastien Perez pour leur nouvelle collaboration. Pour lui rendre hommage, Benjamin Lacombe propose une immersion inédite dans le processus créatif de l'artiste. Une succession de pages découpées et un texte poétique nous entraînent dans les profondeurs de l'âme de Frida Kahlo. À la manière d'un recueil de pensées, le livre explore les thématiques qui sont chères à Frida : l'amour, la mort, la terre, les animaux… Sébastien Perez insère dans son texte des phrases extraites des correspondances de Frida pour restituer de la façon la plus sincère et vraie ce que l'artiste ressentait " par-devers elle et face à elle ". 

 
 
« On me prenait pour une surréaliste. Ce n’est pas juste. Je n’ai jamais peint de rêves. Ce que j’ai représenté était ma réalité»

L'une des plus grandes figures de l'art mexicain du XXe siècle inspire Benjamin Lacombe et Sébastien Perez pour leur nouvelle collaboration. Pour lui rendre hommage, Benjamin Lacombe propose une immersion inédite dans le processus créatif de l'artiste. Une succession de pages découpées et un texte poétique nous entraînent dans les profondeurs de l'âme de Frida Kahlo. À la manière d'un recueil de pensées, le livre explore les thématiques qui sont chères à Frida : l'amour, la mort, la terre, les animaux… Sébastien Perez insère dans son texte des phrases extraites des correspondances de Frida pour restituer de la façon la plus sincère et vraie ce que l'artiste ressentait " par-devers elle et face à elle ".




Je me lançe dans la chronique d' « album ». Alors celui-ci n'est pas à mettre entre les mains de jeunes enfants. D'ailleurs la plus jeune de mes filles est tombée dessus et m'a dit qu'il lui avait fait peur. Ainsi Benjamin Lacombe retrace le parcours de l'artiste de talent qu'étais Frida Khalo . Je vous fais un point biographique nécessaire :

Magdalena Frida Carmen Kahlo Calderón1 ou Frida Kahlo, née le 6 juillet 1907 à Coyoacán au Mexique et morte le 13 juillet 1954 dans la même ville, est une artiste peintre mexicaine.
Tout au long de sa vie, elle garde une santé fragile, souffrant de poliomyélite depuis l'âge de six ans puis victime d'un grave accident de bus. Elle devra subir de nombreuses interventions chirurgicales.
Après son accident, elle se forme elle-même à la peinture. Son art est influencé par différents mouvement tels le réalisme et le symbolisme.
En 1922, elle falsifie sa date de naissance en 7 juillet 1910, année du début de la révolution mexicaine.
En 1929, elle épouse l’artiste Diego Rivera, mondialement connu pour ses peintures murales.
En 1930, elle subit sa première fausse couche. Après l’accident, on lui avait pourtant dit qu’elle ne pourrait jamais avoir d’enfant à cause de son bassin, fracturé à trois endroits, qui empêcherait une position normale pour l’enfant et un accouchement sans problème. Lors de leur séjour à Détroit, elle est de nouveau enceinte. Au début de cette deuxième grossesse, Frida voit un médecin au Henry Ford Hospital qui lui conseille de garder l'enfant au lieu d'interrompre sa grossesse. Elle pourrait accoucher par césarienne. Malgré les prévisions du docteur, elle fait une autre fausse couche le 4 juillet 1932. Elle reflète ses sentiments, son impression de solitude et d’abandon après la perte de l’enfant dans le tableau Henry Ford Hospital ou Le Lit volant, dans lequel elle peint un fœtus masculin surdimensionné en position embryonnaire, l’enfant perdu lors de la fausse couche, le « petit Diego » qu’elle avait tant espéré porter jusqu’à terme.
Après ce pénible épisode, Frida Kahlo peint des tableaux qui traduisent sa lassitude et son dégoût des États-Unis et des Américains alors que son mari, lui, reste fasciné par ce pays et ne veut pas le quitter
En 1943, Frida dirige une classe de peinture à l’académie des Beaux-Arts. Mais sa mauvaise santé l'oblige à enseigner chez elle. Des douleurs permanentes dans le pied droit et dans le dos l’empêchent de marcher correctement. Elle doit porter un corset de fer (que l’on retrouve dans La Colonne brisée). En juin 1946, elle subit une opération de la colonne vertébrale qui lui laisse deux immenses cicatrices dans le bas du dos.
En août 1953, on lui ampute la jambe droite jusqu’au genou à cause d'une gangrène. Cette opération apaise ses souffrances, mais la plonge dans une profonde dépression :
« On m’a amputé la jambe il y a six mois qui me paraissent une torture séculaire et quelques fois, j’ai presque perdu la tête. J’ai toujours envie de me suicider. Seul Diego m’en empêche, car je m’imagine que je pourrais lui manquer. Il me l’a dit, et je le crois. Mais jamais de toute ma vie je n’ai souffert davantage. J’attendrai encore un peu… »
— Journal, février 1954
Affaiblie par une grave pneumonie, Frida Kahlo meurt dans la nuit du 13 juillet 1954, sept jours après son quarante-septième anniversaire, officiellement d'une embolie pulmonaire. Cependant, selon Hayden Herrera, les derniers mots de son journal (« J'espère que la sortie sera joyeuse… et j’espère bien ne jamais revenir — Frida ») et son dernier dessin suggèrent qu'elle se serait suicidée; il affirme d'ailleurs qu'une minorité de ses amis a cru que sa mort était due à une overdose de médicaments qui n'était peut-être pas accidentell. Toutefois, en travers de son dernier tableau, peint juste avant de mourir, elle a écrit : « Viva la Vida » (« Vive la Vie »).




Il me semble important de relater la vie très dure de cette artiste tourmentée. La vie ne l'aura pas épargnée et la mort qui l'accompagne est présente dans ses œuvres.
Le corps est mort. Benjamin Lacombe le représente mort. Les muscles, la peau..tout cela n'a plus d'utilité. Seul l'âme et l'imagination survivent. Il reste à voyager de cette manière.
C'est un exercice réussie pour Benjamin Lacombe. L'album est d'une très grande richesse. Rien que la couverture tissée, appelle à être touché.
L'album se veut une biographie plastique. Il est tout en poésie. La trame de fond est la prison. Les pages deviennent les barreaux de l'artiste. Son corps est l'ultime prison puisqu'il est une cage qui l'empêche d'être autre chose que de la souffrance.
Son amour est également retracé. C'est un amour unique a plus d'une titre. Pourtant celui-ci ne débouchera jamais sur la maternité et cela restera un de ses plus grands malheurs. Elle portera la vie mais celle-ci se soldera à chaque fois par une fausse couche.
Beaucoup de choses lui seront refusées et ôtées, à commencer par son corps qui la trahira encore et encore pour n'être qu'un puits de douleur qui l'abreuvera sur la fin de sa vie, lui ôtant peu à peu toute vie.


Bref, j'ai adoré la collaboration de Benjamin Lacombe et Sebastien Perez pour cette œuvre colorée comme l'était celle de l'artiste à qui ils rendent hommage.
Un album visuellement magnifiquement tragique !