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samedi 12 janvier 2019

Les rives de la terre lointaine de Sarah Lark


 

Hiver 1846. La famine est terrible en Irlande, où la maladie de la pomme de terre fait des ravages. Kathleen et Michael sont jeunes. Ils s’aiment et rêvent de partir en Amérique pour y faire fortune.
Mais ce projet s’effondre lorsque Michael est arrêté pour avoir volé de l’orge et du seigle. Condamné au bagne, il est envoyé en Australie pour y purger sa peine.
Un vendeur de bétail, Ian Coltrane, en profite pour demander Kathleen – enceinte de Michael – en mariage. Ses parents, pour éviter le déshonneur, acceptent sans hésiter. Bientôt, les jeunes époux embarquent pour les rives d’une terre lointaine, promesse d’espoir : la Nouvelle-Zélande.
Mais Kathleen n’a pas oublié Michael. Le destin saura-t-il les réunir ? Ou se jouera-t-il encore de leur passion ? De coups du sort en désillusions, la vie n’a pas fini de les surprendre…
(Source : L'Archipel)




Née en 1958 dans la Ruhr, Sarah Lark est tour à tour guide touristique et journaliste avant de se tourner vers l’écriture de romans. Elle vit près d’Alméria, en Andalousie, où elle a créé un refuge pour chevaux. Sa trilogie maorie, traduite dans 22 pays, a séduit plus de 2 millions de lecteurs dans le monde.
[© Notice établie par les éditions L'Archipel]




J'ai adoré !
Une découverte sous forme de pavé car attention, il s'agit du premier tome d'une série très copieuse. Ainsi le 1er opus de la série Kauri compte un petit -700 pages- ...mais quel plaisir !

On découvre le destin de plusieurs personnages et cela, à travers plusieurs années. Et durant ce temps chacun va vivre des transformations voir même des métamorphoses.

Ainsi l'histoire démarre de manière assez classique, en Irlande avec deux jeunes amants :Kathleen et Mickael. Ils sont très pauvres mais s'aiment d'un grand amour sincère. Bien sûr face à eux, le cruel destin va les séparer. Pourtant rien ne pourra faire mourir leur sentiment...

On a une trame assez classique en romance mais qui me plaisait bien dès le départ. Pourtant Sarah Lark - et c'est là tout son talent à mon sens - fait venir un troisième personnage : Lizzie.

J'appellerai son personnage, un personnage « crescendo ». Pourquoi ? Elle apparaît au tout début comme un second rôle. La lectrice que j'étais était focalisée sur nos deux tourtereaux et leur amour sincère. Puis, il y a comme un effet de vase communicant tout le long du livre où le charisme de ce second couteau va se révéler jusqu'à devenir lumineuse et prendre le pas sur les premiers rôles. C 'était la première fois que je le lisais un type de construction aussi habile. Ainsi je suis passée de l'indifférence à une grand attachement face à cette femme que la vie aura tout autant malmenée que nos amants irlandais.

De fait, je pense que l'une des premières qualités des livres de Sarah Lark tient dans la construction des protagonistes de ses romans. Ils ont tous des couleurs très différentes densifiant de manière très intéressantes le récit.

Il y a aussi l'aspect épopée avec cette dure vie qu'ils vont découvrir en Nouvelle-Zélande. Le livre enchaîne les rebondissements tout en ne lâchant jamais le lecteur. C'est un livre sans temps mort. Retenez votre souffle !

Un autre élément de mon coup de cœur est le livre en lui-même. J'ai eu le plaisir de recevoir une version collector en version livre de poche et elle est superbe ! C' est un mélange réussie de l'art tribale néo-zélandais et d'une inspiration romantique du 19ème siècle. J'aime beaucoup !


Bref, c'est une lecture, un livre que je conseille. Sarah Lark est une auteure qui a déjà fait ses preuves mais que je ne connaissais pas. Elle vaut pourtant le détours, assurément !

Mais, à ce moment, Michael s’approcha, comme errant sans but. Il feignit de ne pas remarquer Kathleen car il avait lui aussi aperçu les enfants. Il se contenta, d’un signe imperceptible, de lui signifier de le suivre. Elle savait de toute façon où il la conduisait.
Ils avaient leur cachette au-dessous du village, dans une minuscule crique de la rivière où poussaient des roseaux et où les branches d’un énorme saule plongeaient dans l’eau. Celui-ci protégeait la petite plage des regards curieux du côté de la rivière et les roseaux du côté de la terre. Kathleen savait que se rencontrer ici avec un jeune homme était un péché, surtout avec un garçon que James O’Donnell n’appréciait pas. Mais qui parlait si bien ! Elle désirait ces rendez-vous malgré tout, qui apportaient un peu de bonheur aux journées de travail sans joie au manoir et au dur labeur, le soir, sur les maigres terres de son père.