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mercredi 8 avril 2015

Les Anges Tome 2 : La Femme de Gabriel de Robin Schone




Gabriel, un homme au passé aussi sombre que la nuit londonienne.







A stolen kiss.Les lecteurs du très sensuel "amant de mes songes" n'ont pas seulement rencontré le passionné Michel des Anges, mais également son ami de toujours : le mystérieux Gabriel, un homme au passé aussi sombre que la nuit londonienne.Sans ressource et terrorisée par un poursuivant anonyme, Victoria Childers, 34 ans, n'a plus qu'une seule chose de valeur : son innocence. Son prix lui assurera la sécurité. Mais Gabriel ne veut pas sa virginité - il veut l'homme qui la traque. Piégés ensemble dans une demeure où chaque désir peut être réalisé, Victoria et Gabriel sont plongés dans un jeu mortel de passion et de poursuite, où la plus grande menace est l'appétit charnel et la seule règle est de survivre. 

 
            (source : traduction JA, trouvée sur BdP – Merci à elle !)


 
Lecture finie

C'était un livre très attendue de cette auteure qui a peu publié au final. Quatre livres traduits à ce jour. Le premier tome de cette série avait été édité, il y a presque cinq ans. L'attente aura été longue... mais j'avais beaucoup aimé le premier opus.

 

Les points forts.

 Une écriture sensuelle très maîtrisée qui va loin tout en étant très sentimentale, ça donne à sa patte érotique une touche très belle, très sensible et jamais vulgaire. Rien de salaces.

Le couple. La relation, la rencontre entre ces deux-là est des plus improbables. Si on passe ça, la construction de leur romance fait sur un crescendo de passion est juste superbe.
Elle
Vieille fille vierge qui cherche le contact dont elle a toujours été privé.

Lui
Prostitué, torturé par un passé fuit au contraire tout contact physique.

 Robin Schone met souvent en avant la lumière de Victoria contre l'obscurité de Gabriel. Quelle force l'emportera ? J'ai trouvé ça très beau avec des personnages dont on voit leur désir poignant d'accéder au bonheur.


Les points faibles



Des facilités scénaristiques. Je ne suis pas sûre d'avoir vraiment compris «  le pourquoi du comment ». Le grand dénouement tombe un peu à plat et le grand méchant est WTF ?.
 

L'ambiguïté des rapports entre Michael et Gabriel ne m'a pas emballé. Robin Schone aurait du soit pousser la carte de l'attraction entre les deux hommes jusqu’au bout ou alors montrer leur lien fraternel. C'est espèce d'entre deux ne bénéficie pas au récit. Ce flou donne des personnages qui semble bâcle. L'auteure évoque souvent leur amour mais lequel ?

J'ai trouvé ça bavard par moment. Pourtant, je n'ai quasiment pas pu lâcher le livre. Une contradiction qui me permet de dire que j'apprécie énormément la plume de Robin Schone qui est une des meilleures en matière de littérature érotico-historique même si le récit comporte beaucoup de défauts. Ça reste un excellent moment de lecture qui ravira les amateurs du genre.




Il cherchera à m’atteindre en te faisant du mal.
Le cœur de Victoria sauta un battement. Deux, même. Qui donc était cet homme qui traquait Gabriel, alors même qu’il se savait traqué par lui ?
T’atteindrait-il vraiment… s’il me faisait du mal ?
Oui.
Sa poitrine se contracta.
Pourquoi ?
Parce que j’ai envie de toi, Victoria.
Elle sentit ses yeux la picoter.
Je veux que tu me caresses, ajouta-t-il.
Elle cessa de respirer.
Je veux que tu m’aimes.
Son cœur s’arrêta de battre.
Oui, il m’atteindrait s’il te faisait du mal, conclut-il, la lueur argentée de son regard animant les ombres grises de son passé. Cela me tuerait de te voir mourir parce que tu as su me toucher, moi, pas seulement sexuellement. Tu m’as touché par ta passion et ton honnêteté. C’est sans doute ce que voulait l’homme qui t’a fait venir ici. Il te verra dans mes yeux et sentira ton odeur sur ma peau. Il voudra te posséder. Et il ne reculera devant rien pour te tuer. Simplement parce que tu m’as touché.




Il ne voulait pas lui faire de mal.
Mais sa volonté de ne pas faire le mal ne l’avait pas empêché de se prostituer par le passé. Ou de tuer.
Et il savait qu’elle ne suffirait pas à l’arrêter aujourd’hui non plus.
La caresse se prolongea… s’accentua…
Il faillit céder au plaisir fulgurant qui s’empara de ses bourses.
Mais il ne voulait pas du plaisir.
Instinctivement, Victoria se cambra. Elle n’avait jamais connu la douleur que les hommes peuvent infliger aux femmes, mais se disposait à tout accepter de lui.
Gabriel répéta son murmure contre sa chevelure et sa joue mouillée. Encerclant, pressant, encerclant, pressant plus fort, encerclant encore et pressant plus fort encore, amadouant son corps pour lui faire accepter le sien comme il avait appris à le faire vingt-sept ans auparavant.
C’est cela que vous voulez, mademoiselle Childers ?
Oui.
Victoria ferma les yeux et sa bouche chercha celle de Gabriel, quêtant le réconfort auprès de celui qu’elle avait invité à la violer.
Pour qu’il ne souffre pas.
Mais il ne serait jamais délivré de sa souffrance.
Alors, Victoria, c’est bien cela que vous voulez ? répéta-t-il suavement.
De ses mains pressées contre la paroi, Victoria tentait de repousser plaisir et douleur.
Mais elle ne le pouvait pas. Gabriel lui-même, fort de sa longue expérience, n’avait pas pu le faire.
Il vous suffit de me demander d’arrêter pour que j’obéisse aussitôt. Demandez-moi d’arrêter, Victoria.
Ou bien il mourrait. En l’emportant avec lui.
Victoria accepta l’extrémité de son sexe en elle. Et prononça la sentence de mort.
Ne vous arrêtez pas.
Des échos du passé retentirent sous son crâne.
— Arrête… Arrête… Arrête…
Suivis de :
— N’arrête pas… N’arrête pas… N’arrête pas…
Les muscles de ses cuisses et de ses fesses se contractèrent. Sa main gauche glissa le long du bras de Victoria – un bras de femme, doux, menu, qui marquait facilement –, flatta le creux de sa taille et se posa sur sa hanche.
Il n’arrêta pas.
Les doigts écartés de Victoria se replièrent, elle serra les poings. Elle s’efforçait de s’adapter à l’invasion de sa chair.
Sa souffrance vibrait dans la moiteur embuée.
Gabriel enfouit le visage dans sa chevelure.
Il ne voulait pas cela.
L’eau crépitait sur eux, un homme et une femme liés par leur peur et leur désir.
Dis-moi d’arrêter, Victoria, chuchota Gabriel.
N’arrête pas ! haleta-t-elle.
Dis-moi d’arrêter, Victoria, insista-t-il en se retirant légèrement.
Les muscles de Victoria se contractèrent pour le retenir, l’inciter à revenir en elle.
Plaisir. Douleur.
Gabriel ne voulait pas qu’elle voie l’obscurité quand elle atteindrait l’orgasme.
Voir les anges. La petite mort.
Gabriel voulait qu’elle voie les anges, pas la mort.
N’arrête pas ! s’écria-t-elle, l’écho de son cri retentissant tel un glas funèbre.
Il revint en elle.
Dis-moi d’arrêter, Victoria.
Je te sens en moi. (Elle aspira l’air embué, l’eau s’immisça dans sa bouche.) Oh, mon Dieu !
Gabriel la sentait tout autant. Va-et-vient coulissant de la chair. Plaisir grandissant, étourdissant, cherchant une issue.
Il fallait qu’elle lui dise d’arrêter.
Il s’immergea entièrement en elle.
Le bassin de Victoria heurta la paroi de cuivre.
Oh, mon Dieu !
Le cri avait jailli du fond de sa gorge.
Fournaise.
Gabriel ne se souvenait pas d’avoir connu une femme aussi brûlante. La moiteur de sa peau et la chaleur d’étuve de son corps se conjuguaient pour former des nœuds au creux de ses bourses.
Dis-moi d’arrêter, Victoria, répéta-t-il d’une voix rauque avec la sensation de basculer inéluctablement dans le passé.
Est-ce que tu lui as demandé d’arrêter ? répliqua-t-elle.
Oui ! laissa-t-il échapper entre ses dents.
Il se retira partiellement, pour son plaisir à lui, pas pour celui de Victoria.
Je lui ai dit d’arrêter.
Victoria se mordit la lèvre – elle avait une très jolie bouche, la lèvre inférieure légèrement plus pleine que l’autre. L’eau coulait sur sa tempe.
Mais il ne l’a pas fait.
Il ne s’était pas arrêté. Pas avant que le deuxième homme ne lui ordonne d’arrêter.
Son cauchemar avait alors commencé.
Dis-moi d’arrêter, implora Gabriel.
Mais les anges n’implorent pas.
Les fesses de Victoria se contractèrent.
Non.
L’alliance du plaisir et de la douleur coupa un instant le souffle à Gabriel.
Alors supplie-moi de continuer, cracha-t-il, impitoyable.
Force-moi à te supplier, Gabriel, le défia-t-elle, faisant corps avec lui.
À me supplier de quoi, Victoria ? rétorqua-t-il d’une voix dangereusement douce, le corps tremblant de désir. Veux-tu que je te force à me supplier d’arrêter ?
Souffrance.
Oui.
Ou veux-tu que je te force à me supplier de continuer ?
Plaisir.
Oui, répéta-t-elle, haletante.
Prête à accepter sa souffrance et son plaisir.
Mais Gabriel se refusait à partager sa souffrance avec elle.
Il avait envie de croire, ne serait-ce qu’un instant, qu’il avait trouvé une âme et que cette âme s’appelait Victoria Childers. Cette femme avait vu son vrai visage en s’abîmant dans le plaisir, le visage d’un homme qui avait renoncé à être un ange.
Gabriel saisit la hanche de Victoria. Ses doigts s’épanouirent sur l’os saillant du bassin. Ses muscles se contractèrent.
Un puissant besoin de la pilonner jusqu’à ce qu’elle lui crie d’arrêter l’avait saisi. Jusqu’à ce qu’elle le supplie.
Il voulait que Victoria franchisse le voile des apparences et fasse revivre le gamin sans nom qui avait cru pouvoir être un ange.
Ils m’ont enchaîné, dit-il, sa voix se mêlant au flux de l’eau. Je ne pouvais pas bouger. Je ne pouvais pas lutter.
Il n’avait pu qu’endurer son sort jusqu’à ce que celui-ci devienne insupportable.
Gabriel se retira lentement jusqu’à ne plus laisser en elle que le battement de son cœur.
Il ne lui épargnerait rien de la vérité.
Il n’a pas utilisé de lubrifiant, précisa-t-il.
Les deux hommes l’avaient possédé à seule fin de le faire souffrir.
Parce qu’il avait aimé un garçon aux cheveux noirs et aux yeux violets.
Un garçon qui lui avait appris à lire et à écrire.
Un garçon que Gabriel avait préféré rejoindre dans la prostitution plutôt qu’être séparé de lui.
Victoria l’acceptait. Tout comme il avait accepté de se laisser prendre.
Il existe un terme issu du grec, enchaîna Gabriel, l’eau ruisselant sur son visage. L’algolagnie. Il définit le plaisir sexuel indissociable de la souffrance physique. Veux-tu savoir comment la souffrance devient plaisir, Victoria ? murmura-t-il.
Se sentant mourir à l’intérieur.
Le passé prenant le pas sur le présent.
Oui. (Victoria absorba l’air, l’eau, sa queue.) Oui, je le veux.
Gabriel n’avait pas supplié avant que la souffrance devienne plaisir. Mais Victoria ne le comprendrait qu’une fois qu’elle en aurait fait l’expérience.
Il voulut soudain qu’elle comprenne.
Qu’elle pardonne ce qu’il ne pourrait jamais pardonner.

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