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mardi 16 février 2016

Londres la ténébreuse, Tome 1.5 : De sang et de glace de Bec McMaster

Je ne pourrai jamais assez te remercier.

Tu n'as pas à me remercier, répliqua t il d'un ton bourru. J'aime te faire sourire.

Peut être un baiser pour commencer ? 

  


Sauvagement attaqué par un vampire, John Doolan ne doit sa survie qu’à son ami Blade, qui l’a transformé en sang bleu afin qu’il guérisse de ses blessures. Désormais vampire, il doit lutter contre sa soif perpétuelle. Or, ses pulsions deviennent plus difficiles à maîtriser lorsqu’il se trouve à proximité d’Esme, la gouvernante de Blade, la seule femme qu’il désire. Craignant de perdre toute emprise sur lui-même et de la blesser, John décide de prendre ses distances. Pourtant, lorsqu’un gang de mercenaires menace Whitechapel, il n’a d’autre choix que de s’allier avec Esme, quitte à succomber définitivement à ses instincts…



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http://lachroniquedespassions.blogspot.fr/2015/03/londres-la-tenebreuse-tome-1-la.html
http://lachroniquedespassions.blogspot.fr/2015/10/londres-la-tenebreuse-tome-2-la-bete-de.html







 




    -Lecture finie-
    2ème livre que je lis de Bec Mcmaster et 2ème excellent moment passé avec la plume de cette auteure.

    Je l'attendais cette nouvelle. Pour celle qui ont lu La fugitive de Whitechapel, la situation n'est pas simple entre Esme et John. Elle est la gouvernante de Blade tandis que lui est son bras droit.
    Le géant a survécu a une attaque de vampire plus mort que vivant. Pour ne pas succomber, son maître Blane a du faire de lui un sang-bleu. Depuis, il a du mal a juguler sa soif de sang. Celle-ci est d'autant moins gérable quand la belle Esmé est dans les parages. La gouvernante de Blane est son amie mais elle ignore tout de son tourment. Ces deux-là ont de sentiments forts mais le drame qui a frappé John loin de les rapprocher les a éloigné l'un de l'autre.
    Moi qui ne suit pas trop à la recherche du format nouvelle, je n'ai pas boudé mon plaisir avec celle-là. Bec Mcmaster arrive à exacerber les sentiments de ces personnages et une romantique tel que moi ne peut qu'adhérer à ce type d'écriture.
    La nouvelle raconte donc la romance entre ces deux très beaux personnages au charisme fou et tout ça avec un univers Steampunk toujours présent et aussi bien fichu.
    RIP aidé de Blane et Will va essayer de trouver des draineurs qui sévissent à Whitechapel. Ces assassins vident leur victime de leur sang pour les vendre au sang bleu.

Tout ça nous donne un excellent moment de lecture que je vous conseille chaudement.





Tu m’en veux, reprit-il lentement, parce que j’ai bu le sang de quelqu’un d’autre ? Parce que tu pensais devenir mon esclave ? J’aurais dû te dire que je ne t’aurais jamais demandé ça. Tu n’as pas besoin d’être mon esclave, ni l’esclave de personne.

Esme secoua la tête en essayant de le contourner. Comment lui dire qu’elle aurait désespérément voulu être la sienne ? En particulier quand il lui avait clairement fait comprendre qu’il ne pensait pas à elle de cette manière.

Peu importe…

Il la retint de nouveau.

Bon sang, Esme. J’essaie de comprendre. J’essaie. S’il te plaît, dis-moi ce qui ne va pas.

Ce qui ne va pas ?

Soudain, elle ne put plus se retenir. À moins de fondre en larmes. Elle le repoussa.

Je… j’ai ma fierté, John Doolan ! Je ne vais quand même pas te supplier ! Tu ne veux pas de moi et je ne…

Il s’imposa devant elle et Esme chancela, surprise, en posant les mains sur son torse ferme.

Je ne veux pas de toi ? répéta-t-il. Je ne veux pas de ton sang ? (Une lueur sombre s’alluma dans ses yeux.) C’est ça, n’est-ce pas ? C’est de ça qu’il s’agit ? Parce que je ne veux pas de ton fichu sang ?

Quelque chose de chaud coula sur la joue d’Esme et elle l’essuya promptement en espérant qu’il ne l’avait pas vu.

Laisse-moi tranquille, dit-elle d’une voix rauque.

Rip se raidit.

Esme ? Tu pleures ?

N-non.

Soudain, il posa sa main sur sa joue. Esme ferma les yeux quand il la força à relever la tête tandis qu’une dernière larme coulait en silence sur sa pommette. Elle ne voulait pas qu’il la voie pleurer, mais la fermeté de sa main ne lui laissait pas le choix.

Un pouce rêche essuya la larme.

— Bordel de merde, dit-il sur un ton perplexe et essoufflé. Mince, ma belle. Pleure pas. Je t’en prie, pleure pas. J’en vaux pas la peine.

Si, murmura-t-elle. Ne te rabaisse pas.

Tous les autres le faisaient déjà bien assez.

« Aussi dangereux que le péché », murmuraient les prostituées dans la rue.

Oh oui, elle les avait entendues et elle savait que lui aussi. Mais dans son cœur, ce péché était loin d’être repoussant. C’était le frôlement de son corps ferme contre le sien quand ils se croisaient dans la cuisine, ou le sourire lent et dangereux qu’il lui adressait quand ils étaient seuls et qu’il lui chipait de la pâte à crêpe. Elle seule voyait ce que personne d’autre ne soupçonnait quand il baissait sa garde et se contentait d’être un homme plutôt que de forcer sa réputation et d’imposer ses menaces.

D’accord, ma belle, d’accord. Je le dirai plus.

Elle se sentait submergée par son corps imposant tandis qu’il lui caressait légèrement la joue.

Il ne comprenait toujours pas le problème. Et elle pouvait s’éloigner maintenant, sachant que leur amitié resterait intacte, qu’elle passerait ses nuits torturée par son désir inassouvi, pendant qu’il serait allongé de l’autre côté du mur, totalement inconscient de la véritable nature de ses sentiments pour lui.

Elle pouvait s’écarter. Il le fallait.

C’était la chose la plus sensée à faire. Un geste digne d’Esme.

Si seulement elle le voulait…






Tu vas bien ? murmura-t-elle en voyant les ténèbres quitter ses pupilles.

Rip cligna les yeux, comme s’il remarquait seulement ses blessures. C’était probablement le cas. Aux prises avec la faim, un sang bleu était insensible à quoi que ce soit d’autre qu’à sa cible.

Esme examina son flanc et l’incita à se pencher en avant. Sa chemise était rouge et sa plaie se refermait lentement.

Tu n’as pas bu assez de sang, murmura-t-elle. Tu aurais déjà dû être guéri.

Elle prit une profonde inspiration et s’empara de l’un des rasoirs encore posé sur le plateau par terre.

Non. (Rip lui saisit la main en secouant la tête, les yeux de nouveau noirs.) Non.

Mais il chancelait. La perte de sang et sa privation forcée l’affaiblissaient plus que prévu. Esme le chevaucha et s’entailla le poignet d’un geste bref qui lui arracha un petit sifflement.

Tu en as besoin, lui dit-elle en pressant la blessure contre sa bouche.

Rip gonfla les narines et essaya mollement de repousser sa main. Mais l’odeur du sang voila son regard tel un serpent en train de se faire hypnotiser et, soudain, il cessa de lutter.

Il posa ses lèvres sur son poignet et un long grognement emplit la pièce. Esme retint un hoquet en sentant sa langue lécher sa peau et la vague de chaleur qui se répandait dans son corps. Chaque succion lui faisait l’effet d’une main chaude qui caressait son entrejambe. Elle entrouvrit la bouche et colla son corps au sien.

Oui, murmura-t-elle en éprouvant une brûlure intense. Oui.

Elle sentait le cœur de Rip battre contre elle comme s’il s’agissait du sien. Il enflammait son sang en faisant écho aux palpitations entre ses cuisses. Ses doigts la picotèrent, lui rappelant que Rip n’était pas le seul à avoir perdu du sang aujourd’hui.

Rip, murmura-t-elle. Il faut que tu arrêtes, maintenant.

Il le fallait, malgré le plaisir qu’elle y prenait. La petite mort dans toute sa réalité. Esme se mordit la lèvre.

John !

Il haleta et repoussa sa main. Il lécha ses lèvres empourprées et lui adressa un regard noir et maléfique. Ses narines s’évasèrent de nouveau comme s’il humait l’odeur du sang.

Couvre-toi, dit-il d’une voix rauque. Ou je ne pourrai plus m’arrêter.

Esme arracha un bout de sa jupe. La plaie guérissait déjà grâce à la salive de Rip. Peu d’esclaves portaient des cicatrices ; seuls ceux dont le maître ne prenait pas soin de nettoyer la plaie après coup ou ceux dont le taux du virus n’était pas assez élevé. Elle songea qu’elle conserverait sûrement celle-ci, étant donné qu’elle n’osa pas lui demander de la lécher pour la nettoyer.

Sa marque sur son corps.

Pour toujours.

Esme sourit et posa son front contre le sien. Son corps montait et descendait en rythme avec la respiration de Rip. Elle prit son visage entre ses mains et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Elle y sentit le goût du cuivre, à la fois doux et piquant.

Je savais que tu viendrais, murmura-t-elle. Tout ce temps, je savais que tu viendrais me chercher.

Rip l’embrassa passionnément.

Toujours, mon amour.

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