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mercredi 23 avril 2014

Kincaid Highland Tome 1 : Certaines l'aiment chaud de Teresa Medeiros

 


« Vous m’avez menti, n’est-ce pas ? demanda-t-il doucement, d’un ton qui en faisait davantage une affirmation. Vous m’avez dit que vous étiez venue me chercher, car je suis un brigand, un mercenaire qui ne pouvait résister à « un joli profit pour un minimum d’effort ».









Le résumé :
Catriona Kincaid n’a que faire de sa sécurité lorsqu’elle s’aventure dans la sombre prison de Newgate. Bien décidée à se marier pour regagner son domaine en Écosse, elle se tourne vers Simon Wescott, un noble en disgrâce, libertin renommé. Simon est stupéfait de voir que le garçon manqué croisé des années auparavant est devenue une femme aux formes voluptueuses. Cette beauté est prête à lui offrir richesse et liberté, mais la seule chose qu’exige ce débauché, c’est de pouvoir profiter des plaisirs charnels du mariage…

L'avis :
Il s'agit du deuxième roman de cette auteure que je lis. Teresa Medeiros a déjà une solide réputation en matière de romance historique et ce roman ne va pouvoir que la conforter.
Catriona est une jeune fille qui rencontre le héros lors qu'elle est une enfant. Elle le surprend alors qu'il est sur le point de passer à l'acte avec sa peste de cousine.
Quelques années après elle décide de le sortir de la prison ou il croupissait pour qu'il puisse la déshonorer comme elle l'avait vu faire dans le passé.
Là j'étais moins enthousiaste car ce type d'intrigues fait un peu trop usé mais bon, l'auteure a du talent et j'ai réussi à passer outre.
Lui l'indécrottable libertin et elle la rebelle romantique vont tomber dans les bras un peu trop rapidement. Je pense que le roman aurait gagné à être un peu plus étoffé. Dommage car la plume de Mme Medeiros me plaît beaucoup...
Je le conseille quand même vivement et j'ai hâte de lire le deuxième opus de cette série : Certaines l'aiment fort qui sort le 24 mai.



L'extrait :
Elle se tourna brusquement vers lui.
Si vous refusez d’être leur chef, ils vont se disperser aux quatre vents. Le nom des Kincaid et son clan seront perdus à jamais.
Et depuis quand cela me concerne-t-il ?
Catriona s’approcha et posa les mains sur sa poitrine. Elle sentait la vibration puissante et calme de son cœur sous sa paume, comme un lent chant d’espoir.
Ne comprenez-vous pas, Simon ? Cela pourrait être l’occasion qui vous manquait. Il n’est pas trop tard pour devenir un héros.
Pour devenir mon héros.
Elle n’eut pas le courage d’ajouter ces mots à voix haute, mais ils se lisaient dans le regard suppliant qu’elle levait vers lui, dans le tremblement imperceptible de sa lèvre inférieure. Elle lui offrait davantage que de prendre la tête d’un clan opprimé. Elle lui offrait son cœur.
Simon la contempla longuement, puis il la prit par les poignets et retira doucement ses mains.
Les occasions d’être un héros m’ont été offertes puis retirées il y a fort longtemps, ma chère. Et je n’ai jamais été un idiot ni un rêveur, pas assez pour espérer une seconde chance.
Il la lâcha et se retourna, puis il descendit parmi les rochers sur le flanc de colline, s’éloignant du château et de Catriona.

L'extrait :
Simon laissa retomber le dernier feuillet et se redressa lentement. La jeune femme sentait presque physiquement le poids de son regard accusateur.
Vous m’avez menti, n’est-ce pas ? demanda-t-il doucement, d’un ton qui en faisait davantage une affirmation. Vous m’avez dit que vous étiez venue me chercher, car je suis un brigand, un mercenaire qui ne pouvait résister à « un joli profit pour un minimum d’effort ».
Elle redressa le menton et se força à affronter son regard.
N’est-ce pas la vérité ?
Oui, en effet. Mais ce n’est pas ce qui vous a poussée à venir à Newgate ce jour-là. Vous êtes venue chercher cet homme, reprit-il en pointant brusquement le doigt vers le dessin de son propre visage angélique, abandonné sur le sol glacé. Ce… cet… imposteur !
Ce n’était pas un imposteur ! s’exclama Catriona. C’était vous !
Simon secoua la tête.
Oh ! non. Il n’a jamais été moi. Il n’existe même pas.
Si. Autrefois.
La voix et les mains de la jeune femme tremblaient sous le coup de la passion.
C’est l’homme qui a risqué sa vie et chacun de ses membres pour défendre son pays contre l’armée de France. Il a embarqué sur le Belleisle en sachant qu’il ne retrouverait peut-être jamais les côtes anglaises. Lorsqu’il a vu que son capitaine était en danger de mort, menacé par une balle de mousquet, il s’est jeté devant lui sans se soucier de sa propre survie. Il était prêt à se sacrifier pour sauver son compagnon de…
J’ai trébuché !
Le cri de Simon résonna dans la clairière comme un coup de pistolet. Lorsque son écho s’éteignit, il ne resta plus que les craquements du feu.
Comment ? murmura Catriona.
J’ai trébuché, répéta l’homme avec un sourire cynique. Je ne cherchais point de noble sacrifice afin de sauver la vie de mon capitaine. J’essayais de fuir ce damné enfer avant d’avoir le crâne fendu par un boulet de canon. Cet acte n’a été que pure malchance, ou peut-être une plaisanterie cruelle du destin, qui a voulu qu’à l’instant où je me précipitais à couvert un fin tireur a visé mon capitaine depuis les gréements du navire français. (Il passa la main sur sa cicatrice blanchie, comme si elle le tourmentait encore.) Si je ne m’étais pas pris les pieds dans une corde tombée des hauteurs et n’avais pas basculé juste sur la trajectoire de la balle, il serait mort et je n’aurais jamais été salué comme un héros.
Vous avez trébuché ? répéta stupidement Catriona.
Exact. Je n’ai pas repris connaissance avant une semaine et la rumeur de mon prétendu sacrifice s’était déjà répandue parmi toute la Flotte. Quand j’ai ouvert les yeux, mon capitaine était au pied de mon hamac et me souriait d’un air radieux. Il a dit que, sans moi, il aurait connu la même fin que Nelson sur le Victory. Il m’a appris que le roi en personne m’attendait pour me nommer chevalier en récompense de mon courage à l’instant où je poserai le pied en terre anglaise.

J’y étais, murmura Catriona, davantage pour elle-même. J’étais sur les quais. J’avais supplié oncle Ross de nous emmener en guise de sortie en famille pour voir leBelleisle entrer au port. Georgina a dormi tout le temps et Alice n’a cessé de se plaindre car elle détestait être ainsi entassée avec nous dans le carrosse. Elle m’a même accusée de salir l’ourlet de son jupon avec mes grands pieds maladroits. Mais cela m’était égal.
Simon la regarda, comme si cette confession lui faisait plus de peine que la sienne.
L’ombre d’un sourire passa sur les lèvres de la jeune femme.
Je n’oublierai jamais comme vous étiez beau dans votre uniforme lorsque vous êtes descendu comme un jeune prince qui vient de sauver son royaume d’un être monstrueux. La foule criait votre nom et toutes les jolies demoiselles lançaient des roses sur votre chemin.
» L’oncle Ross a voulu me retenir, mais j’ai bondi du carrosse, ramassé une rose sur la passerelle, puis, lorsque vous êtes passé devant moi, je vous l’ai tendue et vous l’avez prise. Vous m’avez souri, mais je savais que vous ne m’aviez pas vue. Pas vraiment. Je n’étais qu’un visage dans la foule.
Une sotte, voulez-vous dire, corrigea-t-il durement. Il y a eu une centaine de héros dans cette bataille, la plupart authentiques. Pourquoi, par l’enfer, fallait-il que vous me choisissiez ?
Je l’ignore ! Vous sembliez si beau et noble en uniforme, dans l’écurie, surtout quand vous avez pris ma défense contre Alice. J’imagine que j’ai cru alors que si j’avais eu un champion tel que vous cinq ans plus tôt…
Elle s’interrompit, incapable de dévoiler ce secret.
Quoi ? reprit-il sans pitié. J’aurais sauvé vos parents du massacre ? Votre frère n’aurait pas eu à vous envoyer loin de lui ? Vous croyez que j’aurais combattu les tuniques rouges en votre nom ? Que j’aurais jailli sur mon coursier blanc pour vous enlever vers quelque paradis où personne ne vous ferait de mal, ne vous rabaisserait et n’oserait vous briser le cœur ? (Il s’appuya l’épaule contre un arbre, aussi beau et sans cœur qu’il était possible d’imaginer.) Ne comprenez-vous pas, ma belle ? Je ne suis pas le héros de quelque ridicule fable écossaise, et je ne l’ai jamais été. Je ne suis ni Robert Bruce ni le fier prince Charlie. Je suis le pire lâche qui soit et, maintenant que vous le savez, vous pouvez cesser de dormir avec cette absurde boîte d’articles sous votre oreiller, alors que ce qui vous manque vraiment est un homme dans votre lit.
Incapable de supporter l’éclat cynique de son regard, Catriona tomba à genoux et rassembla les articles restants, en prenant soin de ne pas froisser les fragiles feuillets.
Simon fut vers elle en deux pas. Il la prit par les épaules et la releva. Ce n’était plus la moquerie qu’on lisait dans ses yeux, mais bel et bien la passion.
Par les feux de l’enfer, Catriona ! peu importe ce que disent ces stupides bouts de papier, je ne suis pas un héros !


L'extrait :
Si cela ne vous dérange pas, j’apprécierais que vous fassiez aussi vite que possible. Je sais que vous avez la réputation de je ne sais quel maître dans l’art de l’amour, mais, si cela ne vous ennuie pas, je préférerais me passer des… civilités.
Des civilités ? Croyez-vous que je m’apprêtais à vous convier pour le thé afin de vous remettre ma carte ?
Vous savez de quoi je parle. Je préfère que vous preniez votre part de plaisir et partiez.
Elle devina qu’il fronçait les sourcils à sa voix incrédule.
Sans le moindre souci pour le vôtre ?
N’est-ce pas ce que les hommes préfèrent ?
Pas moi.
Simon se pencha sur elle comme un grand tigre à la robe dorée et son visage remplaça la lune.
Alors vous me demandez de soulever la jupe de votre robe, puis… de vous recouvrir une fois… l’affaire finie ? demanda-t-il en parodiant ses propos naïfs lorsqu’elle l’avait reçu sous le toit de son oncle.
Oui, s’il vous plaît, siffla-t-elle. C’est exactement ce que je voudrais.
Il la regarda d’un air songeur et hocha la tête.
Très bien. Dieu sait que je ne voudrais pas vous décevoir une fois de plus.
Catriona prit une inspiration profonde et saccadée, puis elle tourna la tête et ferma les yeux. Regarder les étalons et les chats de son oncle lui avait appris les mécanismes de ce qu’il s’apprêtait à faire, mais son dangereux pouvoir restait un mystère pour elle.
Elle lutta pour ne pas tressaillir en sentant ses mains chaudes effleurer ses mollets. Il prit l’ourlet de sa robe et releva lentement le tissu, la dénudant jusqu’à la taille.
Elle entendit le souffle brusque d’une inspiration et sentit la chaleur de son corps. Elle laissa échapper un gémissement désespéré lorsqu’il fit glisser ses paumes sur ses genoux, les soulevant et les repoussant doucement pour ouvrir ses cuisses.
La brise tendre de la nuit la caressa comme un amant et elle comprit qu’elle avait fait une terrible erreur de stratégie. Elle était plus vulnérable encore que si elle avait été nue entre ses bras. Elle ne pouvait rien faire pour l’empêcher de se repaître de sa vue sous la lune.
Mon Dieu, Catriona, souffla-t-il. Je ne pensais pas pouvoir vous trouver plus sublime que vous l’étiez déjà.
Elle garda les paupières serrées et se mordit la lèvre, effrayée et impatiente face à ce qui allait lui arriver. Mais elle n’avait pas prévu son frisson de pure délectation en sentant ses lèvres sur la peau sensible à l’intérieur de ses genoux.
Elle hoqueta lorsque sa bouche chaude parcourut la chair frémissante de ses cuisses. Ses mains enserrèrent ses chevilles comme des fers enveloppés de velours et elle écarta davantage les jambes sans s’en apercevoir. Son corps se trouva plus réceptif encore à la séduction envoûtante de ses baisers. Il parcourut chaque cuisse à la peau crémeuse jusqu’à ce que les souffles de Catriona ne soient plus que des soupirs et qu’elle s’ouvre à lui d’elle-même.
La jeune femme était si ensorcelée qu’elle ne remarqua pas tout de suite quand les mains de Simon quittèrent ses chevilles, mais seulement lorsqu’il effleura doucement son intimité. Elle réprima une exclamation lorsqu’il s’enhardit et écarta doucement les replis tendres pour glisser un doigt en elle.
Oh !
Elle ouvrit les yeux et un sanglot de plaisir absolu la fit frissonner. Elle voulut s’asseoir, mais il semblait la maintenir à terre de la seule pression d’un doigt.
Qu’êtes-vous en train de me faire ?
Simon leva son beau visage, déterminé et pétri de désir, et plongea son regard dans le sien.
Exactement ce que vous m’avez demandé. Je prends ma part de plaisir.
Sur ces mots, il se pencha et l’embrassa sur la bouche. Catriona émit un profond gémissement de gorge et son corps se cambra sur les couvertures. Mais elle ne pouvait pas fuir cette extase qu’il pouvait lui procurer. Après quelques manœuvres de sa langue habile, elle se surprit à chercher son baiser au lieu de le fuir. Elle plongea les ongles dans les couvertures et tourna la tête d’un côté puis de l’autre, rendue aveugle et incohérente par ses pulsions, tandis qu’il tentait de l’apprivoiser sous sa bouche, de prendre possession de tout son être par le sortilège enivrant de sa langue.
Simon ne se contentait pas de prendre sa part de plaisir. Il lui volait sa volonté et se l’appropriait. Il s’emparait de son cœur et abattait tous les murs qu’elle avait dressés autour. Il lui dérobait son âme et lui offrait une vision du paradis qui la hanterait jusqu’à la fin de ses jours.
Simon baissa la tête de nouveau. Le contact chaud et rapide de sa langue sur le point raidi de son sexe était comme une flamme vive qui la consumait dans les délices de la luxure. Lorsqu’elle voulut se dégager, il enveloppa ses fesses de ses larges mains et la maintint immobile tandis que le feu grandissait. À l’instant où le brasier manqua de la consumer, il ferma la bouche autour du point sensible et le suça doucement, soulevant des vagues de plaisir indicible dans tout son corps.
Ce mouvement paraissait sans fin, tout comme son gémissement d’abandon.
Catriona eut l’impression qu’elle s’était élevée vers le paradis pour caresser les étoiles puis qu’elle avait flotté doucement pour regagner la terre. Elle ouvrit lentement les yeux.
Simon la scrutait sans cacher la lueur de triomphe dans son regard.
Elle posa la main sur sa joue, incapable de résister. Elle l’étudia d’un air solennel.
J’avais vu juste, dit-elle. Vous êtes un vaurien sans scrupule qui n’a pas une once d’honneur dans le cœur.
C’est sûrement vrai, ma chérie, murmura-t-il en prenant le visage de la jeune femme entre ses mains. Mais, ce soir, je suis aussi votre mari.
Il posa les lèvres sur les siennes et elle goûta le parfum envoûtant de son propre plaisir. Elle noua les mains dans ses cheveux soyeux et lui rendit son baiser, accueillie par un profond grognement rauque.
Elle comprit cette invitation et fit glisser la chemise du jeune homme afin de pouvoir enfin se délecter en le touchant comme elle avait toujours rêvé de le faire. Il était une merveille de virilité, tout en muscles sinueux, chaud et doux, souple et puissant. Elle désirait tellement goûter ce qu’elle touchait qu’elle s’arracha à son baiser pour presser les lèvres contre son cœur, submergée par une saveur à la fois salée et sucrée. Sa langue avide semblait ne jamais pouvoir se rassasier de ce délice inconnu.
Il se débarrassa de sa chemise d’un coup d’épaules impatient, redressa la jeune femme et lui ôta sa chemise de nuit.
Il contempla la plénitude de ses seins avec une fascination respectueuse et affamée.
Je doute que même votre bien-aimé Robbie Burns ait su composer un poème qui égale une telle beauté.
Il la regarda avec un sourire nonchalant.
Mais peut-être permettrez-vous que ma langue s’essaie à cet hommage ?
Il se pencha et suivit le contour rose des pointes de ses tétons. Catriona s’aperçut qu’elle n’avait ni la volonté ni le désir de l’arrêter. Elle laissa retomber sa tête en arrière, s’abandonnant à lui, savourant l’éloquence dont son corps savait faire preuve. Sa langue habile ne manquait aucun effet, passant d’un sein à l’autre, et il sut ajouter les talents conjugués de ses lèvres et du bout de ses dents pour composer le plus glorieux des sonnets à ses charmes féminins. Elle ne put que resserrer les doigts sur ses cheveux et refermer les cuisses lorsqu’il prit l’un des tétons dressés dans sa bouche en une aspiration profonde, l’entraînant à la frontière entre le plaisir et la douleur, renvoyant l’écho de son extase précédente à son bas-ventre.
De ses mains tout aussi adroites, Simon retira son pantalon. Avant que Catriona puisse poser un regard sur ce qu’il dévoila, il la prit tendrement dans ses bras et l’allongea de nouveau sur le dos, parmi les couvertures et la mousse, pressant son corps nu contre le sien, savourant un baiser après l’autre.
Catriona se sentait comme hors du temps, sous la lumière de la lune, dans ce nid secret. Entre les bras de cet homme. Leurs souffles se mêlaient en soupirs et leurs membres nus s’enlaçaient. Ils auraient pu être n’importe quel homme et femme de haut rang à travers l’histoire, ivres des plaisirs de la chair et de toutes ses envoûtantes possibilités.
Lorsque Simon s’écarta d’elle, elle s’accrocha à la douceur des muscles de son dos, comme pour protester.
Ne vous inquiétez pas, murmura-t-il en l’embrassant tendrement sur le front.
Il se tourna vers une pierre plate et y prit une boîte laquée. Dedans, une flasque de verre était nichée dans un lit de soie. Il retira le bouchon et une fragrance puissante de myrrhe aux nuances exotiques emplit l’air, se mariant au parfum musqué de son désir.
Je crains de ne pouvoir m’ajuster à vous, dit-il, car, dès l’instant où vous êtes entrée dans ma cellule, vous n’avez fait que réveiller mon ardeur. Mais je puis… (il fit courir le bouchon, dur et froid, entre ses seins en y laissant une ligne d’huile brillante et parfumée) rendre les choses plus faciles.
Catriona comprit enfin ce qu’il voulait dire, rougit et frissonna.
J’imagine que vous avez toujours ceci dans votre sac au cas où vous croiseriez une vierge que vous décideriez de séduire ? (Fascinée, elle vit se colorer les hautes pommettes de son compagnon.) Eh bien, Mr Wescott, seriez-vous en train de rougir ?
Simon laissa échapper un soupir et passa la main dans ses cheveux.
Je vais partager avec vous un secret profondément enfoui, inavouable, qui ruinerait ma réputation s’il venait à se savoir. (Il se pencha près de son oreille.) Je n’ai jamais eu affaire à une vierge avant vous.
Elle écarquilla les yeux, incrédule.
Vraiment ?
Il hocha la tête d’un air solennel.
Vous serez ma première.
Elle sourit, stupidement flattée par cette révélation.
J’imagine qu’en ce sens vous êtes un peu vierge vous aussi. (Elle lui tapota la poitrine.) N’ayez crainte, je tâcherai d’être douce avec vous.
Non, de grâce, gronda-t-il en saisissant tendrement sa lèvre inférieure entre ses dents pour la tirer en un petit geste envoûtant.
Elle s’imaginait qu’il allait déposer un peu d’huile sur ses doigts, mais il la surprit en déversant le liquide parfumé directement sur son ventre et ses cuisses.
Oh ! s’exclamat-elle en sentant l’huile se répandre.
Simon laissa ses mains, guidées par les pouces, suivre le liquide vers le creux sensible juste sous ses hanches, ses caresses devenant de petites piques vers le haut qui ouvrirent les cuisses de la jeune femme sans qu’elle en ait conscience. L’huile semblait plus chaude sous son contact hypnotisant, et la sensation que lui procuraient ses mains transportait Catriona. Elle se sentait délicieusement mutine, comme une courtisane de harem aux parures enivrantes ou la reine Esther apprêtée pour le plaisir du roi.
Il poursuivit ses caresses en cercles et en piques qui faisaient basculer sa raison, et, bientôt, le monde sembla concentré dans l’étroit triangle entre ses jambes, la seule parcelle de son corps qu’il ne touchait pas.
Il lui avait dit une fois que si elle lui accordait dix minutes il la ferait le supplier. Mais il lui avait fallu moins de cinq minutes.
Je vous en prie, Simon, gémit-elle, avide de sentir ses mains sur elle. Oh ! je vous en supplie…
Elle tourna la tête, enfouissant son visage dans ses cheveux, mais il n’y avait nulle part où fuir son terrible désir.
Il n’était pas assez impitoyable pour ignorer cet appel à bout de souffle. Il écarta doucement son sexe de ses pouces et suivit la ligne sinueuse de l’huile jusqu’à sa destination.
Il répandit la myrrhe autour de l’ouverture fragile. Elle sentait son corps s’épanouir comme une fleur au soleil, prête à goûter tous les délices qu’il lui offrirait.
Elle ravala un sanglot de plaisir.
Est-ce l’une de ces perversions inventives qui font votre réputation ?
Non, mais ceci, oui, murmura-t-il en introduisant profondément un pouce.
Catriona laissa échapper un gémissement, comme si son âme lui avait été arrachée en échange de cet indicible ravissement. Aidé par l’huile et les larmes d’extase de son corps, Simon effectua un va-et-vient de son doigt, mettant ses sens en émoi de ce geste tendre et intense, comme une audacieuse imitation de l’acte à venir.
Mais il n’avait pas encore fini. Alors que Catriona se sentait sur le point de s’évanouir sous la force des pulsions primitives que cela réveillait en elle, il effleura des doigts le bourgeon durci qui avait reçu ses premières faveurs. Ce simple contact suffit à déclencher une éruption d’extase en Catriona.
Des frissons de plaisir couraient encore en elle lorsqu’il retira son pouce, la laissant avide de nouvelles attentions. Lorsqu’elle sentit le puissant objet de sa virilité contre sa cuisse, elle comprit que ses attentes allaient bientôt être comblées.
Soudain, elle ne se préoccupa plus de savoir combien de femmes avaient partagé son lit. Cette nuit, il était à elle. À elle seule, de tout son être.
Cette pensée lui procura un sentiment sauvage et effronté.
Attendez, souffla-t-elle.
Il la regarda avec surprise. Il avait une voix rauque, à peine reconnaissable.
Si vous avez décidé de renoncer à vos engagements, mieux vaut me le faire savoir à l’instant.
Elle saisit la bouteille d’huile, en répandit largement sur ses paumes et se dressa vers Simon. Il rejeta la tête en arrière sur un souffle presque douloureux lorsque les petites mains de la jeune femme entourèrent son sexe. Elle fit glisser les deux paumes contre le membre dressé pour le couvrir d’huile, aussi stupéfaite par la taille de sa virilité que par les étincelles de joie qui dansaient sur son visage à la lueur de la lune. Il avait fermé les yeux et souriait, beau et sauvage à la fois.
Elle poursuivait son geste libertin quand il lui saisit fermement les poignets.
N’aimez-vous pas cela ? demanda-t-elle sans cacher sa déception.
Ce n’est pas le problème, mon ange, murmura-t-il en la repoussant sur le lit et en la couvrant de son corps. Cela me plaît beaucoup trop. Et si vous continuez à faire cela, je ne pourrai plus faire… ceci.
Elle hoqueta de stupeur lorsqu’il la pénétra d’un seul coup sûr. Elle sentit une douleur aiguë comme si elle avait été traversée par une lame. Malgré tous ses efforts pour le préparer, son corps inexpérimenté pouvait à peine le contenir.
Il embrassa son front couvert de sueur, essoufflé comme après une longue course.
Je vous demande pardon, ma douce, je vous jure que je ne voulais vous donner que du plaisir, et non vous faire souffrir.
Elle laissa échapper un petit reniflement déconfit.
Je pense que votre pouce me plaisait davantage.
Il lui prit le visage entre ses mains et la regarda avec une tendresse si intense que la jeune femme sentit son cœur se serrer.
Je promets de vous faire changer d’avis.
C’était un engagement qu’il aurait une grande joie à respecter. Simon prit appui sur ses deux mains et commença à bouger en elle. Elle était délicieusement étroite. Délicieusement brûlante. Délicieusement à lui. Elle n’était pas seulement la première vierge qu’il ait connue. Il lui semblait qu’elle était la première femme à partager sa couche, la seule qu’il désirerait à l’avenir.
Il bougeait en lents mouvements amples, allant et venant comme s’il devait dédier toute la nuit à cette union. Il désirait plus que tout fermer les yeux et se laisser aller à ces sensations délicieuses, mais il se délectait de voir l’expression de souffrance quitter le visage de la jeune femme et se transformer en extase.
Bientôt, elle ouvrit les lèvres en un soupir silencieux, les joues plus roses que jamais, les yeux brillants de bonheur. Elle commença à soulever les hanches pour répondre aux mouvements de Simon, et il dut fermer les yeux et serrer les dents sur un gémissement pour ne pas perdre le contrôle légendaire de son corps.
Catriona passa la main sur la poitrine luisante de son époux, s’émerveillant d’être unie à un homme si envoûtant. La douleur entre ses jambes s’était apaisée et elle s’en trouvait plus sensible au contact entre leurs corps.
Sa tante Margaret et sa cousine Georgina lui avaient laissé croire que les baisers, les caresses et les mots tendrement soupirés étaient des trésors recherchés mais que le mariage devait être consommé stoïquement, comme le prix qu’une femme devait payer pour l’affection d’un homme.
Apparemment, personne n’avait tenu un tel discours à Simon, car le plaisir qu’il lui offrait était plus profond et puissant que l’extase qu’il avait su lui procurer par ses lèvres et ses mains. Elle se sentait possédée, à lui, comme si elle ne devait plus jamais s’appartenir totalement. Comme si elle était prête à tout pour lui, disposée à tout lui accorder, même les perversions les plus choquantes et les plus secrètes. S’il était un maître dans l’art de l’amour, ce soir, elle était une élève assidue et avide.
Elle lui prit le visage entre ses mains, l’obligeant à la regarder vraiment.
Vous m’avez donné tout ce que je désirais, Simon. Que voulez-vous en retour ?
Vous, répondit-il d’une voix rauque. Seulement vous.
Puis les mots devinrent superflus, les pensées n’eurent plus leur place. Il n’existait plus que le rythme ensorcelant de leurs corps réunis.
Simon serrait les dents en pénétrant la jeune femme avec un total abandon. C’était comme si le contact de Catriona avait libéré en lui une force sauvage qu’il avait voulu dompter toute sa vie. Mais cette fois, au lieu de chercher à donner du plaisir, il recherchait le sien.
Lorsque Catriona hurla son nom, la sensation n’en fut que plus extraordinaire, et il sentit son sexe étroit et soyeux se contracter autour du sien, au paroxysme de l’extase. Le plaisir s’empara de lui en une vague déferlante, noyant sa raison sous sa force, et il ne put que s’effondrer sur sa compagne, frissonnant et épuisé.
Ils restèrent un long moment enlacés dans cette position, leurs poitrines se soulevant rapidement sous leurs souffles courts.
Eh bien, murmura Catriona après un long moment, la voix encore teintée d’émerveillement. Je sais à présent ce qui faisait hurler ainsi Jem et Bess.
Et maintenant je me rappelle très bien ce que cela fait d’avoir vingt ans, souffla Simon entre ses longs cheveux.
Catriona écarquilla les yeux en sentant le corps de Simon retrouver une ardeur nouvelle en elle.
Voyons, Mr Wescott, vous n’êtes pas sérieux ?
Il souleva la tête, une étincelle nonchalante dans le regard.
Oh ! Mrs Wescott, je n’ai jamais été aussi sérieux de toute ma vie.



L'extrait :

— Bien le bonjour, belle au bois dormant, lança-t-il avec un sourire espiègle. Je pensais que vous alliez passer la journée au lit. Je m’apprêtais à aller vous lever d’un coup de lance !
Elle lui retourna son expression mutine.
Il me semble bien que vous l’avez déjà fait plusieurs fois pendant la nuit.
Elle fut surprise qu’il ne réponde pas de l’un de ses bons mots dont il avait le secret. Il se contenta de guider les chevaux et de commencer à les harnacher.
Elle fronça les sourcils.
Que faites-vous ?
Je prépare l’attelage. Je préfère que nous soyons partis avant qu’Eddingham et son bataillon arrivent. Nous avons un long chemin à faire si vous voulez retrouver la demeure de votre oncle avant la fin de la semaine.
Elle cilla.
Vous me ramenez à mon oncle ?
Bien sûr, dit-il en se concentrant pour nouer le harnais de cuir au cou de l’un des chevaux. Où vous mènerais-je maintenant que mon travail est fini et toutes nos dettes réglées ?
Catriona prit une profonde inspiration mais l’air lui glaça les poumons. Les paroles de Simon résonnèrent dans son esprit.
« Si vous savez vraiment quel genre d’homme je suis, alors vous savez aussi que je suis parfaitement capable de vous faire l’amour sans vous aimer. »
Il l’avait mise en garde mais, toute à sa folie romantique, elle n’avait pas écouté.
Une honte terrible lui perça le cœur. Elle n’était pas différente des autres femmes qu’il avait séduites. Elle était tombée sous le charme de ses doigts habiles et de sa langue trompeuse, tout comme les autres. Elle avait sans hésiter sacrifié son innocence et sa fierté pour une nuit de plaisir charnel entre ses bras. Pendant un instant d’immense souffrance, elle ne sut dire qui elle détestait le plus entre lui et elle-même.
Puis elle remarqua le muscle qui tressautait à sa mâchoire. Il démentait son sourire nonchalant et les mots qui sortaient de sa jolie bouche traîtresse.
Je comprends ce que vous essayez de faire, dit-elle en croisant les bras devant sa poitrine.
Oui, j’essaie de harnacher ces chevaux, et le terme est généreux, pour que nous puissions prendre la route avant le coucher du soleil.
Vous voulez me faire croire que la nuit dernière ne signifiait rien, que je ne suis rien pour vous ?
Une fois les sangles en place, Simon se redressa et la regarda avec un long soupir.
J’avais espéré nous épargner ce moment gênant. J’aurais dû savoir que c’était un risque en faisant l’amour à une vierge. Elles ont tendance à mettre des sentiments sur la moindre attention masculine.
Est-ce ce que vous m’avez donné cette nuit ? Une moindre attention ? J’aurais juré qu’il s’agissait de plus. Bien plus.
Il leva les mains, comme pour se protéger.
Je vous en prie, n’allez pas encore m’annoncer votre amour immortel. Je suis flatté, mais cela devient lassant.
Cessez ! cracha-t-elle. Vous ne pensez pas un mot de ce que vous dites.
Il leva un sourcil.
Bien sûr que si. J’ai peut-être été à bonne école dans les coulisses d’un théâtre, mais je ne suis pas un acteur accompli à ce point. Si c’était le cas, je serais en lice contre quelque ténor pour tenir le rôle de don Giovanni au lieu de perdre mon temps en querelles stériles avec vous.
Catriona ne put retenir ses larmes.
Pourquoi faites-vous cela ? demanda-t-elle d’une voix suppliante.
Simon s’approcha et lui prit le visage entre les mains, comme il l’avait fait le jour de leur mariage, dans la grange. Plus que jamais, sa peau sur la sienne la fit frissonner de désir.
Vous êtes une belle femme, Cat. Quel homme n’aurait pas envie de vous faire l’amour ? J’ai vu une occasion se présenter et j’en ai profité. Ce n’était peut-être pas le plus glorieux à faire, mais il n’y a pas à pleurer ou vous plaindre. Finalement, nous avons tous les deux ce que nous souhaitions.
Vraiment ? murmura-t-elle en sentant le sel d’une larme sur sa bouche, cette bouche qu’il avait embrassée avec une passion sans limites la nuit dernière. Est-ce tout ce que vous vouliez ? ou est-ce ce que votre père vous a fait croire que vous méritiez ? De quoi avez-vous peur, Simon ? Avez-vous peur que je me détourne de vous comme l’a fait votre mère ? Est-ce pour cela que vous m’avez accueillie, comme tant de femmes, dans votre lit mais jamais dans votre cœur ? Pour que vous soyez toujours celui qui s’en va ?
Il retira sa main en une dernière caresse puis tourna les talons, ne lui laissant d’autre choix que de le regarder