Stimulés
par le désir,
Pour
se protéger de déboires passés, Rylee Thomas est toujours dans le
contrôle d’elle-même jusqu’au jour où elle rencontre le seul
homme qui, justement, pourrait lui donner envie de lâcher prise…
Colton Donavan, un boy superbe, arrogant et ténébreux, habitué à
obtenir tout ce qu’il désire.
Une histoire d’amour torride entre une femme qui cherche à se reconstruire et un pilote de course intrépide, constamment sur le fi l du rasoir, qui repousse toujours plus loin ses propres limites comme celles des autres.
Une histoire d’amour torride entre une femme qui cherche à se reconstruire et un pilote de course intrépide, constamment sur le fi l du rasoir, qui repousse toujours plus loin ses propres limites comme celles des autres.
Kay
Bromberg, auteur à succès reconnue par le New York Times et USA
Today, est cette femme réservée qui réussit à dissimuler l'enfant
rebelle qui est en elle – et qu'elle laisse s'exprimer chaque fois
qu'elle s'installe devant le clavier de son ordinateur. Sur un coup
de tête, K. Bromberg, qui vit en Californie avec son mari et ses
trois enfants, a décidé de s'essayer à l'écriture. Ses premiers
romans, Driven, Fueled et Crashed, qui constituent la trilogie
Driven, ont été salués par la critique avant de devenir des
best-sellers et d'intégrer le top 4 de la liste du New York Times et
de USA Today. Elle a aussi publié une nouvelle, Unraveled, et une
suite à la Trilogie Driven, intitulée Raced.
Cliquez
sur la couverture
pour lire les autres chroniques de la série.
J'ai
fait une chronique pour Songe d'une nuit d'été.
Vous
la trouverez ici.
Mieux
vaut la perdre maintenant que la voir partir en courant dès qu’elle
aura découvert la vérité.
J’inspire
à pleins poumons pour me donner du courage et je plonge mon regard
dans le sien. Tant d’émotions naviguent à la surface de ses iris
violets et, pourtant, c’est la pitié que j’y décèle qui
me fait démarrer au quart de tour. Je m’y accroche et je l’utilise
comme excuse à deux balles pour ce que je suis sur le point de
faire. J’ai vu ce type de regard posé sur moi tant de fois dans ma
vie que rien ne m’énerve plus. Je ne veux pas de ça. Je n’ai
besoin de la pitié de personne. Merde.
Et
surtout pas de la sienne.
Elle
prononce mon nom avec sa voix si caractéristique d’animatrice de
téléphone rose, et je change presque d’avis.
– Rylee,
ne commence pas. Il faut que tu partes d’ici.
– Colton ?
Son
regard plein de questions cherche le mien et, pourtant, aucune ne
franchit ses lèvres.
– Va-t’en
Rylee. Je ne veux pas de toi ici.
Cette
phrase la fait pâlir. De mon regard, je dessine le contour de son
visage et j’observe sa lèvre inférieure trembler. Je mords
l’intérieur de ma joue alors que mon estomac se retourne. J’ai
l’impression que je vais encore vomir.
– Je
veux simplement t’aider…
Le
tremblement que je décèle dans sa voix me fait tiquer. Je sais que
je la fais souffrir et je me déteste pour ça. Bon Dieu, elle est
tellement têtue que je sais qu’elle ne va pas me laisser
tranquille sans rien dire. Elle s’approche d’un pas vers moi et
je serre les dents. Si elle me touche, si je sens ses doigts se poser
sur ma peau, je renoncerai à la faire partir.
Je lui
hurle dessus :
– Tire-toi !
Son
regard se lève d’un seul coup vers le mien, totalement incrédule,
mais je sens également sa détermination à vouloir me réconforter.
– Casse-toi,
Rylee ! Je ne veux pas de toi ici ! Je n’ai pas besoin de
toi !
Elle
écarquille les yeux et serre les dents pour empêcher ses lèvres de
trembler.
La
douce témérité que je décèle dans le ton de sa voix me déchire
au plus profond, à un endroit dont j’ignorais l’existence. Me
voir la faire souffrir me tue, la voir résister, rester là à
m’écouter l’incendier juste pour s’assurer que je vais bien,
m’assassine. À cet instant précis, elle me prouve qu’elle est
en fait une sorte de sainte et que je suis définitivement le diable.
Putain
de bordel de Dieu !
Je
vais devoir la détruire à coups de mensonges de merde, juste pour
la faire déguerpir. Pour m’empêcher de trouver une excuse et la
garder ici auprès de moi, et de m’ouvrir à elle, de m’ouvrir à
tout ce dont je me suis toujours protégé.
– Mais
quoi, je ne le pense pas ? Bien sûr que si !
Je lui
crie dessus et je lance la serviette que j’ai à la main de l’autre
côté de la salle de bains dans un geste de frustration, faisant
tomber ces vases de merde en forme de bouteille. Signe de son
obstination, elle lève le menton et me regarde avec la détermination
d’une mule. Casse-toi, Rylee ! Ne rends pas les choses
plus difficiles pour nous deux ! Mais elle ne fait que
soutenir mon regard. Je m’approche d’un pas vers elle, essayant
d’avoir l’air aussi menaçant que possible pour la faire partir.
– Je
t’ai baisée, Rylee, maintenant, j’en ai fini avec toi ! Je
t’ai dit que je n’étais bon qu’à ça, mon cœur…
Une
première larme roule sur sa joue et je me force à respirer
régulièrement pour prétendre que ça ne m’atteint pas, mais son
regard améthyste, blessé, me tue. Elle doit partir… tout
de suite ! Je ramasse son sac à côté du lavabo et le
lui colle dans les bras. J’ai un mouvement de recul lorsqu’elle
fait un pas en arrière sous la violence du geste. Mettre mes mains
sur elle comme ça me retourne encore plus l’estomac.
Je
serre les poings pour m’empêcher de la toucher un peu plus et je
lui grogne :
– Dégage !
Tu m’emmerdes déjà. Tu ne le vois pas ? On s’est bien
amusés, tu m’as fait passer le temps. Maintenant, c’est fini.
Tire-toi !
Elle
me regarde une dernière fois, ses yeux pleins de larmes cherchent
mon regard en silence, faisant preuve d’une douce force avant qu’un
sanglot ne s’échappe de sa gorge. Elle se détourne et sort en
titubant de ma chambre alors que je m’appuie contre le chambranle
de la porte pour supporter le choc et juste rester là, le cœur
battant la chamade, un marteau-piqueur dans le crâne, mes doigts
douloureux à force de les crisper pour m’empêcher de lui courir
après. Lorsque j’entends la porte d’entrée claquer, j’expire
lentement en tremblant légèrement.
Putain,
qu’est-ce que je viens de faire ?
Des
bribes de mon rêve me reviennent en mémoire, et c’est la seule
réponse à ma question dont j’aie besoin. Tout me revient en
pleine gueule d’un seul coup, et je me dirige vers la douche d’un
pas incertain pour faire couler l’eau à une température plus
chaude que je ne peux la supporter. J’attrape mon savon et je m’en
frotte le corps avec violence, essayant d’éradiquer la sensation
de ses mains boudinées sur mon corps, essayant de laver la douleur
de ces deux expériences : celle de mon enfance et celle d’avoir
repoussé Rylee. Lorsqu’il n’y a plus de savon, je me sers d’un
gel douche quelconque qui traînait par là et je recommence, mes
mains sont frénétiques dans leur quête purificatrice. J’ai la
peau à vif et, pourtant, je ne suis pas assez propre.
Le
premier sanglot me prend complètement par surprise lorsqu’il me
déchire la gorge. Putain ! Je ne pleure
pas. Les gentils garçons ne pleurent pas s’ils aiment leur
maman. Mes épaules tremblent lorsque j’essaie de les
garder à l’intérieur, mais tout, toutes ces émotions, tous ces
souvenirs, toute cette douleur dans le regard de Rylee, tout ce qui
s’est passé ces dernières heures, c’est juste trop. Les vannes
s’ouvrent et je ne peux simplement plus rien retenir à l’intérieur
– Je
suis revenue ce matin. Pour moi. Pour ce que nous représentons
lorsque nous sommes ensemble. Pour ce que nous pourrions être si tu
m’en laissais la possibilité…
Je lui
caresse la joue, puis la prends dans ma main. Il ferme les yeux sous
mon étreinte.
– C’est
trop d’un coup et trop rapide, Rylee, répond-il en ouvrant les
yeux pour me regarder en face après un soupir. Pendant si longtemps,
j’ai… Ton altruisme est si dévorant que… (En proie à un débat
interne, il remplace ma main par la sienne.) Je ne peux pas te donner
ce dont tu as besoin, car je ne sais pas comment vivre, ressentir,
respirer, même si je ne suis pas brisé. Et être avec toi ? Tu
as besoin de quelqu’un d’entier. Je ne peux simplement pas…
Les
paroles de la chanson dans la voiture me traversent l’esprit et les
mots franchissent la barrière de mes lèvres avant que je ne puisse
m’en empêcher.
– Non,
Colton, non, lui dis-je en m’assurant de le regarder droit dans les
yeux.Tu n’es pas
brisé, Colton. Tu es simplement cabossé.
Même
si j’ai prononcé ces mots avec sérieux, Colton éclate de rire,
se moquant de m’entendre ridiculement utiliser les paroles d’une
chanson pour essayer de dire ce que j’ai sur le cœur. Il secoue la
tête et me demande :
– Sérieux,
Ry ? Des paroles de chanson ?
Je ne
peux que lui répondre en haussant les épaules, prête à tout pour
le faire sortir du cercle vicieux dans lequel il n’a de cesse de
retomber. J’observe son sourire s’effacer et l’inquiétude
refaire surface dans son regard avant qu’il ne reprenne :
– J’ai
juste besoin de temps pour réfléchir à tout ça… toi… c’est
juste trop…
Je
sais que ce qu’il y a de mieux pour elle, ce n’est pas moi.
Merde, hier soir… hier soir c’était… putain. Je me
suis donné à elle. Je lui ai dit que j’allais essayer alors que
chaque parcelle de mon corps me gueulait dessus en protestant par
peur d’être déchiré en petits morceaux si jamais je m’autorisais
à sentir des trucs. J’ai toujours utilisé le plaisir pour
enterrer la souffrance. Pas les émotions. Pas l’engagement. Le
plaisir. Sinon, comment pourrais-je me prouver que je ne suis plus ce
gamin qu’on m’a forcé à devenir ? C’est le seul moyen
que je connaisse. C’est ma seule manière de supporter tout ça. Aux
chiottes les psys qui n’avaient aucune idée de ce qui
m’était arrivé. Mes parents ont perdu tellement de fric pour des
cons qui me disaient comment dépasser des trucs qu’ils croyaient
que j’avais subis. Qu’ils pouvaient utiliser l’hypnose pour
remonter dans mon passé et m’aider à tout dépasser. De
la merde. Donne-moi une bonne petite chatte bien serrée et
mouillée, frétillante, pour que je puisse m’y enfoncer et oublier
l’espace d’un instant. Je n’ai besoin d’aucune autre preuve.
Le
plaisir pour enterrer la souffrance. Alors, je fais quoi
maintenant ? Comment je trouve un mécanisme de défense avec
une personne qui peut me donner les deux comme je le crains ? Et
elle le fait, pourtant, je l’ai quand même blessée hier soir.
J’ai l’impression que ce sera toujours le cas d’une manière ou
d’une autre. À un moment donné, elle arrêtera simplement de me
pardonner ou de revenir. Et alors quoi, Donavan ? Qu’est-ce
que tu foutras à ce moment-là ? Si je suis un mec cassé
maintenant, alors je serai brisé quand ça arrivera.
Je la
mate en train de pioncer, si innocente. Putain, elle est à
moi et je ne peux pas rester loin d’elle. J’ai la
trouille à mort et, putain, c’est elle qui m’a fait ça. Elle
m’a attrapé par les couilles et m’a forcé à entendre ses
paroles silencieuses, àvraiment les écouter. Et maintenant,
putain, qu’est-ce que je suis censé faire ?
Mais
merde, comment elle m’a regardé hier soir avec ses yeux pleins de
naïveté et sa mâchoire serrée en signe d’obstination,
lorsqu’elle m’a demandé si elle me satisfaisait assez !
Tout d’abord, putain de Tawny de merde, et ensuite, « assez » ?
C’est moi qui ne suis pas « assez » pour elle. Loin de
là. Putain, mais je me noie en elle et je ne suis même pas sûr de
vouloir remonter à la surface pour respirer. « Assez » ?
Je secoue la tête devant l’ironie de la situation. Elle reste en
dépit, voire peut-être même grâce aux ténèbres de mon âme
noire. C’est une sainte et je ne suis pas digne d’elle, je ne
devrais pas la corrompre.
Elle
fait un petit bruit de gorge et roule sur le dos. Le drap glisse un
peu et révèle ses seins absolument parfaits. Putain de merde. J’ai
la bite qui frétille rien qu’en la regardant. Ça fait quoi, trois
heures que je me la suis tapée, et je suis déjà prêt à remettre
le couvert. Sa chatte est magique. Elle m’a rendu accro. Je le
jure.
Elle
gémit encore et sa tête roule d’un côté à l’autre de
l’oreiller. J’entends la queue de Baxter battre contre le sol à
l’idée que quelqu’un soit déjà réveillé. Je mate ses lèvres,
puis reviens à ses seins. Je grogne en voyant ses jolis tétons
roses se dresser sous la fraîcheur matinale. Je devrais vraiment la
recouvrir, mais putain, la vue est vraiment trop belle, je ne veux
pas gâcher le paysage immédiatement.
Son
cri perçant me fout les boules. C’est un éclat de voix incisif
qui me serre le cœur. Elle gémit encore et c’est un son torturé,
suivi d’un grand mouvement de ses bras qui lui barrent le visage.
Je m’assieds et la prends contre moi, mais elle se débat.
– Rylee.
Réveille-toi !
Je la
secoue aux épaules plusieurs fois. Elle finit par sortir de son
cauchemar et commence par essayer de s’arracher de mes bras pour
sortir du lit. Je l’entends chercher son souffle et j’ai envie de
la serrer contre moi pour lui prendre la peur et la douleur qui la
ravagent par vagues. Je fais la seule chose à laquelle je pense. Je
frotte ma main de haut en bas sur la peau nue de son dos, c’est le
seul réconfort que je peux lui offrir.
– Il
a déconné, c’est ça ?
Tout
ce que je peux faire, c’est hocher la tête, ma gorge est encombrée
de sanglots et d’émotion. Il poursuit :
Je me
tends en entendant sa question. La réponse me vient si facilement
que je sais que même si je l’aime, ça m’apportera des caisses
de malheurs sans fin, que l’amour ne sera pas suffisant.
– Beckett…
Je ne peux plus m’infliger ça.
Je
baisse la tête et la secoue, ma respiration revient à la normale.
– Tu
te souviens quand je t’ai dit que Colton allait te repousser juste
pour prouver qu’il a raison ?
Je
hoche la tête en l’écoutant, mais j’ai vraiment envie qu’il
me laisse libre de prendre ma valise, malgré tous les trucs qui en
débordent de partout, et de me ruer vers l’aéroport, pour revenir
à une vie bien organisée et prévisible, une vie sans Colton.
Et
cette simple pensée me cloue sur place, m’ôtant toute émotion.
Beckett
me presse le genou pour me rappeler de me concentrer sur lui.
– C’est
maintenant, Rylee. Tu
dois repousser tout ce qu’il y a dans ta tête. Faire le vide dans
tous tes doutes et penser avec ton cœur. Seulement ton cœur,
d’accord ?
– Je
ne peux plus, Becks…
– Bon,
écoute-moi bien, Ry. Si tu l’aimes vraiment, alors continue à
taper sur la putain de carapace en acier qui enferme son cœur. S’il
l’est vraiment digne de toi, tu continueras. (Il secoue la tête en
me regardant.) Il doit bien y avoir un truc là-dedans, et je pense
que tu es la seule capable d’arriver à la percer. (Comme je reste
figée, à le dévisager sans dire un mot, il secoue simplement la
tête en me regardant.) Je te l’ai dit, tu es son cordon de survie.
Je
continue à le fixer, incapable de parler, essayant d’assimiler ce
qu’il m’a dit. Je suis son cordon de survie ? Est-ce que je
peux l’être ? J’ai plutôt l’impression d’être un
poids mort qui l’entraîne au fond de l’océan. Et pourquoi
Beckett n’arrête-t-il pas de me dire de me débarrasser de mes
suppositions ?
– Je
ne peux pas. L’amour ne peut pas régler…