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mercredi 24 décembre 2014

Les combattants du feu, tome 2: Flamme fatale - Jo Davis


Cette position le rendait vulnérable. D'autant plus vulnérable que Cori entrava ses chevilles aux pieds de la chaise. Il se retrouvait nu devant elle, pieds et poings liés, livré à son bon plaisir. Un enivrant frisson parcourut ses veines.












Les combattants du feu 
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Zack sauve des vies et combat les incendies, cependant son appétit pour la vie s’est soudain éteint lorsqu’il a sauvé une danseuse exotique à la langue bien pendue, nommée Corrine Shannon qui va rapidement le faire bouillonner de désir.

Mais à peine ont ils cédé à leur passion mutuelle qu’ils sont menacés par deux ennemis qui ont des tonnes de chance de leur faire beaucoup de mal. Vont-ils pouvoir contenir leur passion le temps de sauver leur vie ou va-t-elle s’éteindre aussi vite qu’elle a éclaté ?





Certainement le meilleur tome de la série.



Cori était vêtue en danseuse de harem. Ou en princesse d'Orient. Un voile diaphane d'étoffe moirée flottait sur ses bras et le long de ses jambes jusqu'à ses pieds nus. Sa luxuriante chevelure d'or retombait librement sur ses épaules. Les pans des écharpes nouées autour de son cou descendaient jusqu'à son nombril orné d'une pierre bleue, et dissimulaient partiellement un soutien-gorge de sequins rutilants tout en faisant ressortir le galbe généreux de ses seins. Zack aurait volontiers fait courir la pointe de sa langue sur cette belle chair ferme jusqu'au minuscule triangle d'étoffe qui recouvrait son sexe.
—       Je te plais ?
—       Un peu ! coassa-t-il en se redressant pour avancer vers elle.
—       Non ! Reste où tu es. Ne bouge pas.
Cori s'avança jusqu'à la chaîne stéréo et sélectionna une fréquence diffusant un blues instrumental et sirupeux, délicieusement évocateur de sexe et d'alcool fort. Zack serra les poings, se préparant au supplice.
Cori tira une chaise devant lui et lui fit signe de s'asseoir.
—       Ce soir, je ne danserai que pour toi.
Zack prit place sur la chaise, tellement émerveillé qu'il remarqua à peine la morsure du bois frais sur ses fesses nues.
—       À partir de maintenant, déclara-t-elle, interdiction absolue de parler. Contente-toi de ressentir, ajouta-t-elle en baissant les yeux vers son sexe. Oublie tout et laisse-toi aller.

L'ordre le plus délicieux que Zack ait jamais reçu.
Cori éleva gracieusement les bras en l'air et se mit à onduler des hanches au
rythme de la musique, ses mouvements imitant parfaitement l'acte sexuel.
Subjugué, Zack la regarda dénouer lentement une des écharpes qui ceignaient son cou, l'éloigner de son corps et la faire voleter autour d'elle comme si elle était animée d'une vie propre, lui imprimant de fascinants motifs.
Elle se mit ensuite à danser autour de lui en prenant tout son temps. Passa l'écharpe sur son cou et en plaqua les pans contre son torse. La sensation voluptueuse de la soie sur son ventre lui donna la chair de poule. Elle se pencha vers lui et approcha ses seins suffisamment près de son visage pour qu'il les prenne en bouche.
—       Laisse tes bras pendre le long de ton corps et croise-les derrière ton dos, lui susurra-t-elle à l'oreille.
Le cœur battant, Zack lui obéit. Elle n'allait quand même pas...
Si ! Il faillit protester, mais se retint in extremis. Il avait trop envie de savoir jusqu'où elle avait l'intention d'aller, et il la laissa docilement entraver ses poignets au dossier de la chaise.
Cori émit un petit grondement satisfait et revint se planter devant lui. Un sourire félin errant sur ses lèvres, elle se dépara de ses deux autres écharpes, les déploya autour d'elle et en entoura son cou comme elle l'avait fait avec la première.
A la différence qu'elle s'agenouilla cette fois devant lui. Zack baissa les yeux et battit des cils quand il découvrit la perle translucide couronnant son pénis. Mon Dieu, pourvu qu'il soit capable de réprimer l'orgasme qui contractait déjà ses testicules. Jamais il n'avait subi une offensive de charme aussi dévastatrice.
—       Écarte les jambes et aligne-les aux pieds de la chaise.
Cette position le rendait vulnérable. D'autant plus vulnérable que Cori entrava ses chevilles aux pieds de la chaise. Il se retrouvait nu devant elle, pieds et poings liés, livré à son bon plaisir. Un enivrant frisson parcourut ses veines.
11 désirait cela ardemment : lui appartenir corps et âme. Plus que tout au monde.
Cori se redressa, vérifia ses liens d'un regard, puis se remit à danser devant lui.
— Superbe ! approuva-t-elle. Un festin que je savoure des yeux.
EIle lui tourna le dos et fit glisser le voile  recouvrant ses jambes et ses bras, qui parurent se dissoudre comme par magie, la laissant seulement vêtue de son string et de son soutien-gorge, Zack n'arrivait pas à détacher les yeux de la ficelle étincelante séparant les sphères parfaites de ses fesses.
Elle passa les mains dans son dos, dégrafa son soutien-gorge, descendit lentement les bretelles sur ses bras, le lança en l'air et se retourna.
Zack en eut le souffle coupé. Sa chevelure soyeuse encadrait les mamelons roses de ses seins nus. Cette déesse lui appartenait et il n'en revenait toujours pas de sa bonne fortune.
Elle s'approcha et s'agenouilla entre ses genoux écartés. Pencha la tête en avant et lapa d'un preste coup de langue la perle liquide qui brillait au bout de son sexe.
— Mmm, délicieux. Je vois que tu apprécies d'être à ma merci.
Ses lèvres enserrèrent son gland et il renversa la tête en arrière. Toute pensée cohérente déserta son esprit. Il n'était plus que l'esclave du plaisir dont sa bouche le régalait. Sa petite langue rose courut le long de son sexe, en lécha le moindre relief, et ses doigts fuselés caressèrent ses testicules. Sa bouche s'empara alors de son extrémité pour la sucer goulûment. La vision de ses lèvres happant son gland faillit avoir raison de lui, et ses hanches se soulevèrent spontanément pour l'inciter à l'avaler complètement. Cori s'exécuta et un long gémissement lui échappa.
Puis elle se redressa. Écarta les jambes et enfourcha hardiment la chaise, posant ses cuisses sur les siennes. Cette position amena ses seins devant son nez et plaça sa fente tout près de son sexe.
—       L'heure de la danse exotique privée vient de sonner pour toi, petit pompier. Détends-toi et profite bien du spectacle.
Cori plaqua son mont-de-Vénus contre son sexe et le fit délicatement coulisser le long de sa fente, son membre brûlant effleurant à peine ses replis féminins.
Les mains sur ses épaules, elle renversa la tête en arrière et sa chevelure effleura ses genoux. Zack contempla à travers ses paupières entrouvertes la sublime créature qui jouissait du pouvoir qu'elle exerçait sur lui.
Une jouissance partagée. L'excitation qu'elle éveillait en lui était tellement puissante qu'il craignait de ne pouvoir résister longtemps.
—       Cori, je t'en supplie...
—       Je suis tout ouïe, mon amour.
Cette fois, Zack était perdu.
—       Baise-moi !
Cori cala son sexe devant l'ouverture de sa fente, introduisit le gland à l'intérieur et s'immobilisa. Zack eut l'impression que son cœur allait exploser.
—       Regarde-moi te baiser, dit-elle.
—       Oui, je... Ah oui!
Un filet de sueur roula sur sa tempe quand son regard se concentra sur sa fente qui avalait lentement son sexe. Doucement, tout doucement, Cori enflamma ses sens. Sa fente luisante l'engloutit petit à petit.
Elle se mit à le chevaucher, et son cerveau cessa de fonctionner. Il lui appartenait, il était son jouet,
sa chose, elle se servait de lui pour se faire du bien jamais  encore il n'avait éprouvé une sensation aussi voluptueuse. Elle le possédait complètement et il aurait voulu que cela ne s'arrête jamais.
— Oh oui, ma belle ! Prends-moi, sers-toi bien de  moi, ne t'arrête surtout pas... continue comme ça.
Un gémissement guttural franchit les lèvres  de Cori qui accéléra la cadence, chevauchant hardiment la colonne de chair rigide de son membre. De plus  en plus vite, de plus en plus fort. Les parois de son sexe l'enserraient de leur caresse frénétique, Zack bascula les hanches en avant pour accompagner  ses mouvements.
Cori s'empalait sur son sexe dans le plus total abandon et l'amenait au bord de l'extase. Le frisson annonciateur de l'explosion désormais familier chatouilla la base de sa colonne vertébrale...
— Oh, oui ! Comme ça, ma belle, c'est bon ! Oui !
Zack se soulagea brutalement en elle dans un cri rauque. Se répandit à longs traits, délicieusement prolongés par les contractions de sa vulve. Les bras noués autour de son cou, Cori gémissait contre lui, palpitante, de petits cris incohérents franchissant ses lèvres.
Bile se laissa aller contre lui et ils restèrent ainsi, enlacés et haletants, pendant un long moment.



Zack fit marcher Cori devant lui tandis qu'ils se dirigeaient vers le fond du parking. La rage et l'effroi bouillonnaient dans son ventre, et il était bien déterminé à tuer l'ordure qui les menaçait s'il avait le malheur de s'en prendre à Cori.
Il n'avait pas cru une seconde que cet homme puisse être son mari revenu d'entre les morts. Cori l'avait approché de près lorsqu'il se faisait passer pour Tony Banning, et elle l'aurait reconnu. Un tic physique ou verbal l'aurait trahi. Changer de visage en recourant à la chirurgie esthétique forme un masque qui recouvre la peau, mais ne peut pas dissimuler la pourriture de l'âme.
Cori était choquée et effrayée. Quand elle aurait les idées claires, elle réaliserait que cet homme n'était pas Alex. Qui pouvait-il bien être ?
Quelqu'un qui non seulement convoitait ses cinquante millions, mais estimait en outre y avoir droit.
— Avancez jusqu'aux arbres, ordonna-t-il derrière eux. Jusqu'à la camionnette garée en dessous.
Une fois qu'ils seraient à l'intérieur de ce véhicule, leurs chances de survie chuteraient drastiquement. Zack se dit que s'il se retournait et fonçait sur l'homme pour lui prendre son arme, Cori aurait le temps de courir se réfugier au bar. L'autre ne pourrait pas les surveiller tous les deux en même temps, surtout dans cette obscurité.
Malheureusement, «Tony» avait bien conçu son plan. Il passa devant eux, posa
les clefs de la camionnette sur le capot et recula.
—       Cori, c'est toi qui conduiras. Je m'installerai à côté de toi. Mais avant toute chose, ton copain va ouvrir la portière, s'asseoir sur un des sièges de la rangée du milieu et boucler sa ceinture.
Zack prit place sur le siège derrière celui du passager et boucla sa ceinture. Peut-être parviendrait- il à l'étrangler par-derrière...
Tony braqua son arme sur Cori quand ils s'assirent à l'avant. Sur son signe de tête, elle démarra la camionnette. Tony se tourna vers Zack avec un sourire mauvais.
—       Tiens, c'est pour toi, joli cœur.
Quelque chose de léger rebondit sur son torse et tomba sur ses genoux. Intrigué, Zack baissa les yeux et découvrit une seringue remplie d'un liquide clair. Son sang se figea.
—       Injecte-toi ça dans les veines jusqu'à la dernière goutte.
—       Non.
—       Le liquide que contient cette seringue n'est pas mortel, mais si tu refuses, je n'hésiterai pas à te tirer une balle entre les yeux, et Cori aura ta mort sur la conscience au cours de la longue nuit qui suivra.
—       Tu as l'intention de nous tuer tous les deux, de toute façon.
—       C'est vrai. Mais si tu choisis de mourir maintenant, je tiens à t'avertir de ce qui se passera ensuite. Une fois qu'elle aura transféré l'argent sur mon compte, je la baiserai toute la nuit. Je la sodomiserai et elle aura beau t'appeler à l'aide, tu ne seras plus là pour l'entendre. Elle pleurera et me suppliera d'arrêter...
— La ferme.
Le poing de Zack s'était refermé sur la seringue.
I       frémissant de rage, il s'efforça de garder la tête froide. Cet homme voulait faire pression sur eux en les menaçant tour à tour. Zack n'avait pas le choix. Obéir lui permettrait peut-être de gagner du temps.
D'une main sûre, il retira le capuchon de la seringue.
— Non, Zack ! Ne fais pas ça, l'implora Cori.
Sans la regarder, il releva sa manche et tendit le bras. Enfonça l'aiguille de la seringue dans une veine au creux du coude. Injecta le liquide jusqu'à la dernière goutte.
Le feu et la glace se répandirent dans son organisme et vidèrent ses poumons. Quand son cœur 'emballa, il déglutit. Ses doigts lâchèrent la seringue.
Une lueur mauvaise passa dans les yeux de l'homme.
—       Évidemment, il se peut aussi que j'aie menti, eut-il le temps de l'entendre grincer.
Sa vision se brouilla et tout devint noir autour de lui.
Les cris désespérés de Cori furent les derniers sons qui lui parvinrent.
Horrifiée, Cori vit Zack fermer les yeux. Son bras retomba mollement le long de son corps.
—       Zack ! Zack !
Un hurlement s'éleva dans sa poitrine, jailli des profondeurs de son être.
—       Il est mort ? demanda-t-elle en se tournant vers «Alex». Parce que je te préviens que s'il est mort, je me fous complètement de ce qui peut m'arriver, et ton précieux argent pourrira loin de loi!
La gifle qui atteignit sa joue renversa sa tête en arrière, et des étoiles dansèrent devant ses yeux. Cela la ramena à la raison. Elle devait réfléchir.
Non, il n'avait pas encore tué Zack. Il avait besoin de la coopération de Cori pour récupérer l'argent.
—       Je peux tâter son pouls ?
—       D'accord, mais pas de mouvements brusques.
Cori se tourna vers Zack, souleva son bras et saisit son poignet entre ses doigts. Son pouls battait. Le soulagement la submergea et elle pivota pour reprendre le volant.
—       Où va-t-on ?
—       Une fois que tu auras atteint la route, tu prendras à droite.
Cori suivit ses indications et pria pour que Shea ou les amis de Zack sortent du bar et voient la camionnette partir. Malheureusement, personne ne sortit quand ils passèrent devant.
Elle quitta la ville. Au bout d'une vingtaine de ^minutes, il lui ordonna de s'engager sur une petite route de campagne. Ils s'enfoncèrent en direction des collines, abandonnant la civilisation derrière eux, les branches squelettiques des arbres dénudés évoquant des doigts osseux.
Finalement, il lui ordonna de s'engager dans une allée conduisant à un chalet niché au cœur de la forêt, modeste, mais en bon état. La lumière brillait à l'une des fenêtres.
Serons-nous encore en vie quand nous sortirons de là ? songea-t-elle.
Une vision d'Alex enterrant leurs corps dans la forêt la fit frémir d'angoisse.
Du calme, il ne te tuera pas avant d'avoir l'argent.
—       Sors lentement.
—       Et... Et Zack?
—       Tais-toi. Tu verras bien.
Cori descendit de voiture. Alex la rejoignit, agitant son arme en direction de la maison pour l'inciter à avancer. Elle progressa sur le terrain inégal, se haïssant d'abandonner Zack dans la voiture.
—       Entre, dit-il après avoir ouvert la porte.
Cori pénétra dans le chalet, sobrement meublé
mais plutôt agréable. Dans le living moquetté, elle découvrit un grand écran plat et un canapé. Bizarrement, le canapé avait été déplacé et poussé contre un mur. Les pieds du meuble avaient laissé des marques dans la moquette à son ancien emplacement devant la télé. Au milieu de la pièce se trouvait une chaise.
Une grande cheminée de pierre occupait presque tout un pan de mur. Un bureau surmonté d'un ordinateur portable était placé contre celui d'en l ace. C'était là qu'il avait l'intention de la forcer à transférer l'argent sur son compte.
Une paire de menottes attachée à une chaîne retenue par un anneau fixé dans le mur vint confirmer cette hypothèse.
Cori faillit rire. Faillit seulement. Si Alex avait suspecté qu'elle ignorait comment opérer un virement électronique, comment franchir le labyrinthe de protections qui entourait son compte, ils seraient déjà morts.
Heureusement que j'ai appelé Joaquin pour tout lui avouer avant qu'on se mette en route pour le bar...
Comment il les trouverait dans ce chalet isolé, Cori préférait éviter d'y penser.
—       Assieds-toi au bureau.
Elle s'exécuta en évitant de le regarder et réprima un frisson lorsque la menotte se referma sur son poignet avec un cliquetis métallique.
—       On fait moins la fière, maintenant, hein ? Attends un peu de voir ce que j'ai l'intention de faire à ton copain.
Cori lui lança un regard noir, mais ne réagit pas à son rire mauvais quand il se dirigea vers la porte. Dès qu'il fut sorti, elle bondit de sa chaise pour se précipiter vers l'anneau, qu'elle tira de toutes ses forces.
Rien à faire. Il était solidement vissé dans le bois et il aurait fallu des tenailles pour l'en déloger.
Les pas qui retentirent sur les marches du porche l'incitèrent à se rasseoir précipitamment. Des coups sourds ponctuaient la progression des pas sur les marches. Alex franchit la porte du salon à reculons, tirant Zack par les pieds. La colère bouillonna en elle lorsqu'elle comprit que les coups sourds qu'elle venait d'entendre avaient été produits par la tête de Zack cognant sur les marches.
Alex installa péniblement Zack sur la chaise, puis, travaillant rapidement, il trancha la corde qu'il avait passée autour de son cou en tronçons dont il se servit pour ficeler Zack au dossier de la chaise. Il fit ensuite passer ses bras derrière le dossier, les entrava et en fit autant avec ses chevilles qu'il attacha aux pieds de la chaise. La corde mordait sa chair, à cause du poids mort de son corps qui étirait les liens.
Son visage était pâle, et son souffle faible. Il avait perdu ses lunettes.
— Nous allons tranquillement attendre qu'il se réveille, annonça Alex en se passant la main dans les cheveux.
Il disparut dans une pièce qui devait être la cuisine, à en juger d'après les bruits qui lui parvinrent. Une porte de frigo qui s'ouvre. Alex remuant ce qui s'y trouvait.
Cori comprit subitement son erreur.
Cet homme ne pouvait pas être Alex. Alex ne s'était jamais passé la main dans les cheveux, mais surtout, il n'avait jamais levé le petit doigt pour se faire à manger.
Si cet homme avait été Alex, il l'aurait traînée dans la cuisine, frappée pour l'obliger à lui préparer de quoi manger.
Qui que soit cet étron à face humaine, ce n'était pas Alex. 
Pourtant, pour une raison qu'elle ignorait, il avait  cherché à le lui faire croire. Il était plus patient et rusé que ne l'avait été Alex.
Ce qui le rendait dix fois plus dangereux.
Zack reprit conscience par paliers. Il avait mal. Partout. Sa bouche était sèche comme du coton. Pourquoi?
Il voulut plier les bras pour étirer ses muscles endoloris, mais fut incapable de bouger.
—       Zack, mon amour ?
La voix de Cori, nouée d'anxiété. Où était-elle ?
Il passa sa langue sur ses lèvres, essaya de déglutir. Mon Dieu, il mourait de soif. Il voulut ouvrir les veux, mais ses paupières semblaient collées.
Il avait mal aux fesses aussi. Il était assis sur quelque chose de dur et inconfortable. Il remua les chevilles et les poignets.
Attachés. Attachés ?
Leur enlèvement lui revint en mémoire en un éclair. La panique et la nausée firent remonter un flot de bile dans sa gorge et il résista à l'envie de vomir. Ses yeux s'ouvrirent enfin, la pièce tournoya autour de lui.
—       Cori? râla-t-il. Où...
—       Elle est là, lui répondit la voix déplaisante.
Des bruits de pas se rapprochèrent.
—       Content que tu sois de retour parmi nous. La petite garce a refusé de coopérer jusqu'à ce qu'elle soit sûre que tu n'étais pas mort.
Zack se concentra sur la tache floue qui se dressait devant lui. Sa vision s'était améliorée, mais il n'arrivait pas à faire le point. Ses lunettes. Il les avait perdues. C'était extrêmement irritant. Il n'arrivait pas à distinguer clairement le visage de Cori. S'il devait mourir comme ça, ligoté comme du bétail, il voulait au moins pouvoir emmener son image avec lui.
La frayeur qui lui faisait écarquiller les yeux était nettement visible, mais il craignait de ne pas remarquer les signaux furtifs qu'elle pourrait lui adresser à l'insu de leur ravisseur.
—       Salut, ma belle. C'est nettement moins rigolo que la dernière fois que je me suis retrouvé ligoté sur une chaise.
Ah ! Il distingua son sourire tremblotant. Il soutint son regard et lui envoya un message silencieux. Aide-moi à faire traîner la situation.
—       Combien de temps suis-je resté inconscient ? demanda-t-il.
—       Deux heures...
—       La ferme ! intervint l'homme en abattant la main sur la joue de Cori dans un claquement retentissant. S'il a besoin de savoir quelque chose, c'est à moi de le lui dire !
—       Nooon ! hurla Zack en tirant de toutes ses forces sur ses liens.
La langue de Cori darda pour lécher le sang sur sa lèvre inférieure. Des mèches de cheveux retombaient devant ses yeux dont elle foudroyait l'homme d'un regard chargé de haine pure.
—       Tu n'es pas trop mal à l'aise ? lança celui-ci en reportant son attention sur Zack.
Il gloussa, puis regarda Cori.
—       Si tu refuses de te connecter à ton compte suisse maintenant, tu devras me regarder tailler ton copain en rondelles.
Le regard effrayé de Cori croisa celui de Zack, qui hocha imperceptiblement la tête. Même si elle savait comment effectuer un virement, elle ne pour- tait pas transférer cinquante millions d'un compte a un autre sans l'intervention d'un conseiller.
—       Tu n'es pas son ex-mari, jeta Zack pour détourner son attention. Qui es-tu?
— Je n'ai jamais dit que je l'étais, rétorqua l'homme, luttant visiblement contre une irrépressible envie de se vanter. Notre air de famille l'aura induite en erreur. Je suppose que je lui dois des remerciements pour avoir hâté la mort de mon frère. Je me présente : Lionel Gunter. Le monde est petit, n'est-ce pas, ma chère belle-sœur ?
Cori demeura un instant bouche bée.
—       Alex ne m'a jamais parlé d'un frère, finit-elle par dire. Aucun membre de sa famille ne s'est manifesté après sa mort, ni n'a assisté à son enterrement.
—       Bien que ce soit moi qui ai soufflé l'idée à mon bon à rien de frère qu'il serait extrêmement lucratif de se lier à une héritière de la dynastie hôtelière des Delacruz, il n'a pas jugé bon de me faire figurer sur son testament. Même si je n'avais pas été en prison à ce moment-là, je ne vois pas pourquoi je me serais donné la peine d'assister à son enterrement.
—       Histoire de cracher sur sa tombe, peut-être ? suggéra Zack.
Eloigne son attention de Cori... se dit-il.
Lionel sourit, et Zack songea qu'il prendrait immensément plaisir à lui rectifier le portrait.
—       Dans d'autres circonstances, j'en serais peut- être venu à t'apprécier, Knight.
—       Tu m'excuseras de ne pas considérer cette remarque comme un compliment.
—       Prends-le comme tu veux, ça m'est complètement égal. Bientôt, je disposerai de la fortune qui aurait dû me revenir, au lieu d'atterrir entre les mains d'une pute de bas étage qui n'aura pas été sa femme plus de quoi... ? cinq minutes, à tout casser.
—       Je t'ai déjà dit que Joaquin est sur tes traces. Quand il t'aura retrouvé, tu pourras dire adieu à la vie, répliqua sèchement Cori.
—       Mais je sais qu'il me retrouvera. J'y compte bien, riposta Lionel d'un ton parfaitement détaché.
—       Il te tuera, insista Cori.
—       Vraiment ? Parce que tu t'imagines que je suis remonté jusqu'à toi sans complice ?
Elle blêmit.
—       Joaquin ne me trahirait jamais. Tu mens !
—       Crois-tu ? Alors laisse-moi te dire une bonne chose, fit Lionel en s'approchant d'elle pour caresser sa joue. Dans quelques heures, tes frères vont arriver ici pour sauver la mise, comme convenu. L'un d'eux est mon complice. Celui qui m'a informé de la mort prématurée de ton époux et le cerveau de cette opération... Il mourra comme les autres. Je ne suis pas partageur. C'est extrêmement désagréable de se faire doubler, tu ne trouves pas? Essaye de deviner lequel de tes trois frères t'a vendue, ma chérie.
Zack n'eut pas le temps d'intervenir que Cori lui avait craché au visage. L'espace d'un instant, il crut que Lionel allait la frapper, mais celui-ci se détourna d'elle, lentement. Essuya son nez et sa joue d'un revers de manche. Serra le poing. Et vint se planter devant Zack.
Son soulagement céda le pas à la peur. Le monstre allait le frapper pour mettre Cori au pas. Jouer avec ses émotions. Zack savait qu'il tiendrait le coup, même si ça tournait mal. Pour Cori, il était prêt à tout.
Mais elle ? Tiendrait-elle le coup ?
Le premier coup de poing l'atteignit à la mâchoire, et Cori poussa un cri. La tête de Zack partit sur le côté et il eut l'impression que son cou se dévissait. Le sang qui afflua dans sa bouche coula sur son menton.
Tu as une droite de femmelette, fanfaronna- t- il en envoyant un crachat sanglant sur les chaussures de Lionel.
Le deuxième coup le cueillit en plein ventre. Des vagues de nausée l'assaillirent et il lutta contre l'envie de vomir. Un troisième coup atteignit ses côtes, du côté gauche. Puis un autre, encore un autre. Ventre, côtes. Il se pencha autant qu'il le put et absorba les chocs en contractant les muscles de son abdomen.
Il survivrait à ce traitement. Pendant quelques heures, en tout cas. À moins qu'une de ses côtes ne se brise et perfore un poumon. Ou le cœur. Autrement, l'ordure mettrait longtemps à le tuer en lui cognant dessus. Il risquait même de se briser la main.
—       Arrête, le supplia Cori. Je t'en supplie !
Lionel lui jeta un regard froid.
—       Transfère l'argent.
Derrière elle, l'écran de l'ordinateur était allumé. Elle hésita, chercha conseil dans le regard de Zack. Désespérée, ne sachant que faire.
—       Elle ne le fera pas, cracha Zack.
—       Si, elle le fera.
Lionel redoubla ses efforts, concentrant ses coups sur son ventre. Pour le briser, parce qu'il savait que sa victime ne pourrait pas encaisser éternellement.
Il cognait, encore et encore. Zack tirait sur ses liens, à bout de souffle. S'étranglait. La nausée lui tordait les tripes, mais il n'avait rien à rendre. Cette indignité, au moins, lui était épargnée.
Il avait depuis longtemps perdu le compte des coups lorsque Lionel fit une pause. Zack releva la tête. Sourit. Un mélange de sang et de salive coula de sa bouche.
—       Vas-y doucement, mec. Je ne peux pas me permettre un nouvel arrêt de travail.
—       Je reconnais que tu as les couilles bien accrochées, ricana Lionel.
Il alla j usqu'à la cuisine et en revint aussitôt, un grand couteau de boucher à la main.
—       Ce sera vraiment dommage de te les couper.
Cori poussa un cri. Zack ne la regarda pas. Son regard était rivé à la lame de vingt centimètres. Lionel se plaça entre ses cuisses écartées, saisit l'encolure de son polo, l'incisa avec la lame, puis la fit vivement glisser jusqu'en bas, partageant nettement le vêtement en deux.
Par réflexe, Zack baissa les yeux quand son tortionnaire rabattit les pans du polo sur ses épaules. La lame du couteau dessina un sillon écarlate sur son ventre, et il regarda le sang perler avec une sorte de fascination hébétée. Le fil de la lame était si bien aiguisé qu'il n'avait même pas senti la morsure de la coupure, qui commençait seulement à piquer.
Superficielle. Lionel se contentait de jouer avec les nerfs de Cori.
Mais la vue du sang l'avait échauffé.
Lionel plaça la lame effilée derrière son oreille et lui fit décrire un arc de cercle sur la peau délicate jusqu'à sa gorge. Zack ne ressentit aucune douleur quand un liquide tiède coula sur son cou, son torse. La morsure ne se fit sentir qu'après, mais il l'ignora. Conserva une expression impassible, le regard braqué sur celui de son bourreau, sans ciller.
—       Connecte-toi à ton compte, ordonna calmement Lionel à Cori sans détacher le regard de celui de Zack.
—       Non, ma belle. Ne le fais pas.
La lame glissa sur son torse. Traça une nouvelle entaille sur ses pectoraux. Puis une autre. Le sang coula et Cori produisit un sanglot étouffé.
—       Je t'en supplie, arrête, gémit-elle. Je vais essayer de me connecter.
Lionel tourna vivement la tête vers elle.
—       Tu vas essayer ? Qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
—       Je... Je ne suis pas sûre de me souvenir de mon numéro de compte. Il est très long et je ne suis pas certaine de l'avoir mémorisé correctement.
Zack connaissait bien sa voix et il comprit, au Ion faussement conciliateur qu'elle venait d'employer, qu'elle lui mentait pour gagner du temps.
Il leva la tête, croisa son regard et y décela une étincelle de malice qui échappa à Lionel. Elle se tourna vers l'ordinateur et Zack l'encouragea silencieusement, lui envoya une bouffée d'amour en espérant qu'elle la perçoive.
Ses doigts pianotèrent sur le clavier. Hésitèrent, effacèrent ce qu'ils venaient de composer. Reprirent, alignèrent une série de chiffres et de lettres sur deux lignes. Son index droit enfonça la touche d'entrée.
Accès refusé.
—       Recommence ! gronda Lionel.
Cori lui jeta un bref coup d'œil par-dessus son épaule, puis recommença. De temps en temps, elle s'interrompait. Effaçait, faisait mine de réfléchir, reprenait. Nouvel essai.
Accès refusé.
—       J'essaye ! Je vais y arriver !
—       Tu as intérêt, siffia-t-il.
Si sa troisième tentative échouait, Zack savait qu'elle ne pourrait plus accéder à son compte.
—       Garce ! fit Lionel d'un ton mauvais. Je vais te montrer ce qui se passe quand on se fout de ma gueule.
Il alla jusqu'à la cheminée, posa le couteau dessus et s'empara d'un tisonnier. Lorsqu'il se retourna, son regard se posa sur Zack et un affreux sourire déforma ses traits.
—       Non, murmura Cori. Je m'en souviens, main tenant. Je vais me connecter et...
—       Laisse-moi te donner une petite leçon qui t'incitera à y réfléchir à deux fois avant de me prendre pour un con.
Zack fut saisi d'une telle frayeur qu'il fut incapable d'articuler le moindre son. Tout son corps se glaça. Tétanisé d'effroi, il regarda sans mot dire Lionel approcher de lui, tenant négligemment la tige de métal de sa main droite.
—       Je vais t'exploser, annonça-t-il posément.
Il leva le tisonnier en l'air comme une batte de base-bail.
Une cuisante douleur s'empara du flanc de Zack. Son hurlement se mêla à celui de Cori. Avec le bruit qui affluait à ses oreilles, il avait eu l'impression que ses côtes explosaient. Il lutta pour retrouver son souffle, pour...
Un deuxième coup projeta son estomac contre sa colonne vertébrale. La douleur fut insupportable. Jamais encore il n'avait ressenti une telle souffrance. Il baissa la tête, et une violente quinte de toux le saisit. Une toux rauque qui remonta dans sa gorge en faisant un raffut effroyable. Des taches écarlates maculèrent son jean.
Il crachait du sang. Mauvais signe. Très mauvais signe.
Cette fois, il n'encaisserait plus très longtemps.
Si tu ne trouves pas quelque chose pour vous tirer de là, tu es mort, Zack...
Il eut vaguement conscience d'entendre Cori sangloter. Supplier Lionel d'arrêter. Le tisonnier atterrit sur le sol. Lionel l'avait lâché.
—       Tu as compris qu'il ne faut pas jouer avec mes nerfs ?
—       Oui, je te le jure. Je sais comment me connecter.
Vas-y, ou je te garantis que ton copain ne survivra pas au prochain round.
Nouveau cliquetis du clavier. Lionel laissa échapper un grondement de satisfaction. Zack releva ht tête et s'efforça de concentrer son regard sur la page qui s'affichait à l'écran, mais ne parvint pas à déchiffrer les caractères qui y figuraient.
—       Qu'est-ce qui se passe ? grommela Lionel en agitant la main vers l'écran.
Cori avait cliqué sur plusieurs icônes et inscrit son numéro de compte dans la barre de demande de virement. Elle secoua la tête, renifla et se passa les mains sur le visage.
—       Le site me bloque. Je ne suis pas autorisée a effectuer un virement aussi important en ligne, et mon conseiller n'est pas disponible.
Elle leva les yeux vers Lionel, interrompant sa tirade avant qu'il ait le temps d'ouvrir la bouche :
—       Mais je connais quelqu'un qui peut nous permettre de le faire quand même.
—       Il vaudrait mieux que tu saches le faire toi- même, parce que je n'ai pas de temps à perdre ! rugit Lionel.
Cori adressa à Zack un regard entendu, et il lui sourit malgré l'agonie qu'endurait son corps.
—       Zack peut le faire. Il a un QI de génie et c'est un hacker expérimenté.
Lionel fit passer son regard vers lui, balançant visiblement entre soulagement et irritation.
—       Et c'est maintenant que tu le dis ? Qu'est-ce qui me prouve que tu ne racontes pas n'importe quoi ?
—       A toi de décider si tu as envie de le faire ou non, répliqua-t-elle en haussant les épaules. Zack m'a dit qu'il avait réussi à s'introduire dans des fichiers du FBI quand il avait douze ans. Si quelqu'un est capable de t'enrichir rapidement, c'est lui.
Lionel se tut. Il réfléchissait. Zack savait déjà ce qu'il allait décider. Lionel n'avait pas le choix.
— D'accord, céda-t-il en le toisant. Tu t'en charges. Va t'asseoir à sa place et occupe-t'en, sinon je lui tranche la gorge.
Il alla prendre le couteau sur le manteau de la cheminée et coupa les liens de Zack. Celui-ci remua les doigts et se frotta les bras pour activer sa circulation sanguine, après quoi il se leva lentement, peinant à trouver son équilibre. Il tituba jusqu'au bureau et s'affala sur la chaise que Cori venait de libérer. Sa présence à son côté le galvanisa.
Il plaça ses doigts au-dessus du clavier et invoqua des talents dont il ne se servait plus depuis des années.
Mais il avait un plan.
Zack adressa une prière au Ciel pour que Cori et lui survivent, une fois que Lionel découvrirait ce qu'il avait fait des cinquante millions de dollars.