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jeudi 11 décembre 2014

Fighting for Love, Tome 1 : Seducing Cinderella - Gina L. Maxwell


— Dis-moi ce qu’il faut que je fasse.
Les yeux verts de Vanessa étincelèrent d’un éclat diabolique et un coin de sa bouche se releva.
— Il t’a donné des leçons de séduction, non ?
— Oui…, répondit Lucie d’un ton méfiant.
— Eh bien c’est simple, déclara son amie en se rapprochant d’elle. Rentre chez toi, mets ces leçons en pratique et prouve-lui que l’élève a dépassé le maître.





Beau, altruiste, intelligent, le Dr Stephen Mann est l’homme idéal… selon
Lucie Miller, kiné à l’hôpital. Or Stephen n’a que faire d’elle. Jusqu’à ce que Reid Andrews s’en mêle. Sportif de haut niveau, blessé à l’épaule, Reid a besoin d’une rééducation express s’il veut pouvoir remonter sur le ring dans quelques jours. Qui d’autre que Lucie Miller, la petite sœur de son meilleur ami, pourrait l’aider ? Reid lui propose un marché : Lucie se consacre entièrement à le soigner, en échange de quoi il l’initie à l’art de la séduction.
Reid a deux semaines devant lui. Deux semaines pour faire de Lucie une déesse de volupté. Qui sait s’il ne se prendra pas lui-même à son propre jeu ?




C'est une lecture sympathique mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.
Et pourtant....

Le héros est un boxeur qui a reçu trop de coup et qui s'éprend de la petite sœur de son meilleur ami. Là je me disais ça sent le CDC (Coup De Coeur)...
un bad boy qui se sent indigne de sa demoiselle
+
un amour interdit
=
CDC

 

Au final, le livre est loin de tenir toutes ses promesses. Alors non je ne me suis pas ennuyée mais j'étais loin de ne pas pouvoir quitter ce bouquin comme pour Real de Katy Evans (dont le héros est aussi un boxeur). Tout est très aseptisé et par moment j'ai eu l'impression de lire un roman Harlequin (il y en a des très bien...mais il y en a beaucoup de très nuls et jamais de très originaux).

Bref

On est dans une romance très conventionnelle qui a pris les ingrédients qui fonctionnent en ce moment. Elle a trouvera certainement son public ( et tant mieux!) mais pour ma part, je l'ai trouvé fade et la passion trop gentille pour être crédible.








Il se dépêcha d’enfiler sa tenue de sport et alla courir. Le soleil déjà haut dans le ciel tapait fort, et avec le rythme rapide de ses baskets frappant le bitume, il lui était impossible de méditer. Cela lui rappelait plutôt le tic-tac d’une bombe à retardement. Le décompte des secondes le rapprochant du moment où il lui annoncerait sa décision.
La perspective de quitter Lucie le faisait atrocement souffrir.

Avant d’aller voir son père, il avait pensé proposer à Lucie de l’accompagner à Las Vegas. Mais bien que son paternel fût un vieil homme aigri à l’esprit étroit, Reid ne pouvait pas lui donner entièrement tort.

Lucie n’avait vraiment pas le profil requis pour partager le quotidien d’un lutteur. La mère de Reid oui, mais pas Lucie. Cette dernière aimait la ville dans laquelle elle vivait et appréciait de travailler dans une petite structure qui lui permettait de tisser des liens étroits avec ses patients. Et Reid savait que sous des dehors brouillons, c’était quelqu’un de routinier. Elle détestait l’imprévu. S’adapter au changement, faire preuve de spontanéité – deux choses qui caractérisaient Reid et dont il n’était pas peu fier – n’étaient vraiment pas dans les cordes de Lucie.
Voyager à Las Vegas aurait relevé pour elle d’un véritable choc culturel. Elle serait sans doute parvenue à rétablir un semblant de routine, mais cela aurait impliqué qu’elle ne le voie presque jamais quand il se préparait pour un combat. Reid passait pratiquement tout son temps à s’entraîner, à suivre un régime alimentaire draconien et à étudier les combats de son futur adversaire. Le soir venu, il tombait de fatigue, s’écroulait sur son lit, se levait à l’aube et recommençait.
Sans parler de ses déplacements, des séances de dédicaces. Des ragots que la presse people publiait sur son compte. Toutes choses qui enveniment inévitablement une relation de couple. Reid avait été témoin des complications que rencontraient les lutteurs quand ils essayaient de vivre avec une femme. Le stress générait de nombreuses disputes, leurs compagnes devenaient amères et maudissaient le sport qui accaparait tout le temps libre de leur conjoint – quand ce n’était pas le conjoint lui-même.
Cela aurait tué Reid si Lucie – pourtant si tendre et généreuse – avait été blasée et pleine d’amertume sous prétexte qu’il ne supportait pas l’idée de vivre sans elle. Elle était parfaite pour lui, il le savait, mais cela ne voulait pas dire que Reid lui correspondait.
Elle méritait bien mieux. Elle méritait d’être l’absolue priorité de celui avec qui elle ferait sa vie. Quelqu’un qui pourrait poser un congé quand l’envie lui prendrait de passer la journée au lit. Quelqu’un dont la profession ne comporterait pas le risque d’être un jour victime d’une commotion cérébrale ou d’une mort par étranglement.
Ce quelqu’un-là ne pouvait pas être Reid.
Quand il regagna la rue de Lucie, il ralentit sa course, repoussant au maximum l’instant où il faudrait l’affronter. Il posa les mains sur ses hanches et inspira à fond pour tenter de chasser la nausée qui le menaçait. Mais à chaque pas, la sensation s’accrut. Il pourrait s’estimer heureux s’il arrivait jusque sous la douche sans vomir.
Pour la première fois de sa vie, Reid avait peur du combat qui l’attendait.
*
Assise à la table de la cuisine, le menton en appui sur une main, Lucie pianotait de l’autre le rythme du Cavalier solitaire en attendant que Reid sorte de sa chambre.
En rentrant de son jogging, il avait vaguement agité la main à son intention avant de filer sous la douche, puis s’était enfermé dans sa chambre. Il y avait de cela au moins vingt minutes, ce qui faisait dix-huit minutes de plus que nécessaire pour enfiler un short et un tee-shirt. Et qu’elle frisait la paranoïa. Apparemment, tomber amoureuse l’avait transformée en adolescente névrosée. Super.
Elle entendit enfin la porte s’ouvrir au bout du couloir. Elle ramassa son stylo et fit mine de se concentrer sur la grille de sudoku qu’elle avait partiellement remplie au petit bonheur la chance. Sa vie en eût-elle dépendu qu’elle aurait été incapable de se concentrer.
Elle fit mine de ne pas remarquer sa présence – elle se serait fait hacher menu plutôt que d’avouer à Reid dans quel état de nerfs il la mettait. Il s’éclaircit la gorge.
Elle leva les yeux, un sourire aux lèvres… qui s’effaça quand elle aperçut le sac qu’il tenait à la main et l’expression de son visage.
— Qu’est-ce qui t’arrive ?
— J’ai reçu un coup de fil de Butch. Scotty est de retour et il veut que je finisse mon entraînement avec lui.
— Oh.
Son ego professionnel en prit un coup, car les propos de Reid sous-entendaient qu’elle était incapable de faire aussi bien que le fameux Scotty. Elle l’ignora toutefois et envisagea la situation d’un point de vue logique.
— Eh bien tant mieux pour toi. C’est important que tu retrouves tes habitudes et ton entraîneur.
— Cela n’a rien à voir avec tes compétences, Lu. Tu as accompli un vrai miracle avec mon épaule. Je n’aurais jamais récupéré aussi vite si j’avais bossé avec quelqu’un d’autre. J’en suis convaincu.
— Merci.
Fierté professionnelle = apaisée.
— Je comprends, déclara-t-elle avec un grand sourire. Et comme je suis encore en vacances, ça va enfin me donner l’occasion de découvrir Las Vegas !
— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Je ne vais plus du tout avoir de temps à te consacrer. Je ne mène pas le même train de vie quand je suis là-bas. Je ne pourrai rien te faire visiter et tu te retrouveras coincée toute la journée chez moi, ce ne sera franchement pas drôle.
Lucie sentit que quelque chose clochait. Était-ce vraiment le fait qu’il n’aurait pas le temps de lui faire visiter la ville qui le dérangeait ?
— Ce n’est pas grave, assura-t-elle. J’explorerai Vegas toute seule pendant la journée.
Reid passa une main dans ses cheveux, puis la fit glisser sur son visage.
— Le soir, je serai trop crevé pour passer du temps avec toi, Lucie. On ne se verrait vraiment jamais.
Non. Non, non, non. Il ne pouvait pas faire ça. Elle se leva, croisa les bras sur sa poitrine et le toisa.
— Tu veux bien m’expliquer ce qui t’arrive, Reid ? J’ai la très désagréable impression que tu cherches à m’évincer. Avec des prétextes minables, par-dessus le marché.
— Ne rends pas les choses plus difficiles, s’il te plaît. Tu sais à quel point je t’apprécie, mais ce truc entre nous, ajouta-t-il en faisant aller et venir sa main entre eux, c’était temporaire. Tu te souviens ?
— Si je m’en souviens ? Mais oui, parfaitement, Reid. Et je me souviens aussi que tout cela a changé la nuit dernière. À moins que tu aies l’audace de prétendre le contraire aujourd’hui…
Reid se tut pendant quelques minutes – ou quelques secondes ? Le silence s’éternisa si longtemps qu’il aurait aussi bien pu durer une heure. Reid demeurait parfaitement immobile, à l’exception du muscle de sa mâchoire qui tressautait. Ce qui signifiait qu’il était agacé. Lucie, elle, était au bord de l’explosion.
Finalement, il rompit le silence et les paroles qu’il prononça étaient si tranchantes que Lucie les reçut comme une volée de coups de couteau :
— La nuit dernière était géniale. Comme toutes les autres. Mais notre arrangement est terminé. Tu voulais que Mann te remarque et s’intéresse à toi, c’est désormais chose faite. J’ai rempli ma part du contrat. Et toi aussi puisque je suis rétabli à temps pour reprendre l’entraînement avant mon combat. Alors voilà, c’est comme ça.
— Non, ce n’est pas comme ça ! Tu prends la fuite comme un lâche, voilà ce qui se passe ! Tu invoques le soi-disant marché qu’on avait passé ensemble comme prétexte pour te couvrir !
Le flot d’adrénaline qui la submergeait déclencha en elle une légère sensation de vertige mais elle s’agrippa au dossier de la chaise pour garder l’équilibre.
— Les choses ont changé entre nous, Reid, poursuivit-elle. Tu le sais aussi bien que moi.
— Je reconnais que les choses ont évolué. De cliniques, nos rapports sont progressivement devenus plus intimes mais, Lucie, regarde les choses en face : coucher avec quelqu’un qu’on aime bien s’inscrit forcément dans l’intimité.
Tous deux avaient haussé le ton et, dans un coin de sa tête, Lucie se dit que s’ils continuaient, Mme Egan ne tarderait pas à venir frapper à sa porte. Ou pire encore, à appeler son frère. Mais elle passa outre.
— Et qu’est-ce que tu fais des sentiments, espèce d’abruti ? s’emporta-t-elle. Parce que moi, j’en ai pour toi, si tu veux tout savoir. Je suis amoureuse de toi, Reid !
Un silence absolu s’abattit sur eux. Même le tic-tac régulier de la pendule cessa. Le temps semblait s’être arrêté. Peut-être qu’un ange allait apparaître pour se pencher à son oreille et lui susurrer de sages conseils. Ou bien lui offrirait-on la possibilité de revenir quelques secondes en arrière, au moment de son aveu. Un aveu qui la rendait aujourd’hui plus vulnérable qu’elle ne l’avait jamais été.
Le regard de Reid était étrangement froid. Comme lorsque l’arbitre proclamait le début d’un combat. Jamais encore il n’avait posé un tel regard sur elle, et Lucie eut l’impression de défaillir. Or quand il prit la parole, elle réalisa qu’elle n’était pas encore morte.
— Ton ex-mari, tu l’aimais aussi, Lucie. Et tu sais ce que tu y as gagné.
Non, son regard ne l’avait pas achevée. Mais ses paroles, si.
— Sors, parvint-elle à articuler malgré le nœud qui lui nouait la gorge. Je ne veux plus jamais te voir, ajouta-t-elle en clignant des yeux pour refouler des larmes brûlantes.
Sans la moindre excuse, sans la moindre hésitation, il pivota sur ses talons. Six pas plus tard, il était sorti de sa vie. Pour toujours.

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