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lundi 22 décembre 2014

un séducteur pris au piège- Jessica Bird




Depuis qu’elle a rencontré Sean O’Banyon, Lizzie se sent revivre. 






Depuis qu’elle a rencontré Sean O’Banyon, Lizzie se sent revivre. Jamais un homme ne s’est montré aussi tendre et attentionné avec elle, et jamais elle n’a éprouvé un tel désir, une telle passion. Alors, même si elle ne peut s’empêcher de se demander ce qu’un homme aussi beau et aussi sexy peut attendre d’elle, elle ne tarde pas à s’abandonner à ses impérieuses caresses. Elle est loin de se douter que celui qu’elle prend pour le prince charmant lui cache en réalité bien des secrets.



Jessica Bird nous raconte l'histoire de Sean et s'éloigne de la famille Morehouse. Sean est un homme traumatisé par son passé qui ne sait plus faire confiance. Il est partagé entre ses sentiments pour Lizzie et ses traumatismes qui l'empêchent d'aller de l'avant. Un beau livre qui m'a donné envie de lire l'histoire de ses deux autres frères.

 


En ouvrant la porte, Lizzie fut assaillie par l'odeur de son eau de toilette.
– Bonjour, dit-il.
– Bonjour.
Il y eut un silence, pendant lequel Sean la dévora des yeux. Elle soutint son regard. Elle aurait voulu le prendre dans ses bras et le serrer très fort contre elle. Mais elle resta immobile, comme paralysée.
– J'allais vous appeler, finit-elle par dire d'une voix à peine audible.
Il releva les sourcils, d'un air étonné.
– A quel sujet ?
– J'ai... trouvé quelque chose qui vous appartient.
Elle lui fit signe d'entrer. Dès qu'il fut dans le salon, elle ferma la porte.
– C'est ceci, dit-elle.

Elle souleva la boîte à outils. Sean hocha lentement la tête.
– Je me souviens qu'il l'emmenait toujours au travail, fit-il remarquer en la prenant. Je suppose que c'est encore une donation à une association caritative.
– Il vaudrait mieux que vous regardiez à l'intérieur avant de vous en débarrasser.
Le regard de Sean s'assombrit. Il posa la boîte sur le canapé et l'ouvrit. Ses lèvres se serrèrent quand il prit la photographie de sa mère d'une main tremblante.
– Finalement, il en avait gardé au moins une, dit-il tout bas comme s'il se parlait à lui-même.
Lizzie croisa les bras sur sa poitrine, comme pour essayer de se défendre de la terrible émotion qui l'envahissait. C'était terrible de voir Sean si malheureux.
Inspectant le contenu de la boîte, il trouva les certificats de naissance, puis le dossier du service de protection de l'enfance.
Après l'avoir parcouru du regard, il le referma. Il était devenu très pâle, et avait l'air soucieux.
– Vous l'avez lu, n'est-ce pas ?
– J'ai eu tort, mais oui, je l'ai lu.
A quoi bon mentir ?
– Je suis désolée, Sean, je n'avais pas imaginé une seconde... Et d'après ce que je croyais savoir de votre père, je ne pouvais l'imaginer capable de cela.
Elle fit une pause. Sean resta silencieux.
– Je suis vraiment désolée d'avoir pris connaissance de ces documents. Cela ne me regardait pas. Il est bien évident que je n'en parlerai jamais à qui que ce soit.
Sans rien dire, Sean s'approcha de la fenêtre. Son profil se dessina, rigide et impénétrable, sur les stores. Etait-il furieux contre elle ? Se remémorait-il ces horribles années ? Profondément troublée, Lizzie ne savait pas quelle attitude adopter.
Brusquement, la voix de Sean brisa le lourd silence qui s'était installé.
– Voyez-vous, quand j'y pense, maintenant, je suis surpris que le service de protection de l'enfance nous ait laissés retourner chez lui.
Il tapa le dossier contre la paume de sa main.
– Peut-être parce qu'ils ont considéré que nos bleus et autres ecchymoses étaient dus au fait que nous étions casse-cou. Je regrette que nous ayons été si persuasifs.
– Tout cela était-il dû à l'alcool ? demanda doucement Lizzie. Votre père m'a dit un jour qu'il avait lutté pour abandonner la boisson.
Sean hocha lentement la tête.
– Oui, il était violent quand il était ivre. Heureusement qu'il ne nous tombait pas dessus chaque fois, car cela aurait été tous les soirs. Cependant, nous avions l'impression que c'était quotidien car nous ne savions pas quand cela allait recommencer. Et la peur était presque aussi insupportable que les coups.
Tournant les yeux vers elle, il soupira.
– Mais tout est fini, maintenant. Nous allons bien, mes frères et moi.
Lizzie ne répondit pas tout de suite. Elle savait qu'elle ne devait pas se mêler de ce qui ne la regardait pas, cependant, elle s'inquiétait pour lui.
– Sean, finit-elle par dire, avez-vous parlé à quelqu'un de ce qui vous est arrivé ?
Sean eut l'air profondément étonné, presque choqué.
– Parlé ?
– Oui, à un thérapeute.
– Bon Dieu, non ! Je n'en ai pas besoin. Comme je disais, tout va bien maintenant.
Il la scruta un instant.
– J'aurais préféré que vous ne sachiez rien.
– Sean, vous n'avez aucune raison d'avoir honte. Ce n'était pas votre faute.
Il détourna les yeux et se mit à cligner des paupières.
– Vous n'avez rien fait de mal, Sean, continua-t-elle.
Il fit une petite grimace, comme s'il avait une boule dans la gorge, et il se passa rapidement une main sur le visage.
– Oui, oui, je le sais.
– Sean...
Il l'interrompit d'une voix coupante :
– J'aurais vraiment souhaité que vous ne soyez pas au courant. Pas pour les raisons que vous croyez, mais parce que vous étiez amis, mon père et vous, et cela aurait été mieux que vous gardiez de bons souvenirs de lui... cela aurait été plus facile pour vous.
Il hésita un instant.
– Et après tout, il avait peut-être vraiment changé sûr ses vieux jours. Je peux lui laisser le bénéfice du doute.
Lizzie acquiesça doucement.
– Oui, mais je préfère connaître la vérité. Et malgré notre amitié, je suis furieuse contre lui. Je n'arrive pas à imaginer comment un être humain peut agir ainsi.
Elle se força à retrouver un ton plus calme. Ce n'était pas en s'énervant qu'elle allait aider Sean. Il semblait vraiment très tendu, comme s'il était prêt à exploser.
– Mais je voudrais vous dire quelque chose, continua-t-elle. En repensant à l'une de nos conversations avec votre père, je crois sincèrement qu'il regrettait son passé. Et pendant les deux années où je l'ai connu, il n'a jamais bu une seule goutte d'alcool.
Sean l'observa d'un regard triste !
– Vous a-t-il dit à quel moment il s'était arrêté ?
Lizzie secoua la tête.
– Non, mais je pense qu'il s'était arrêté depuis longtemps. Un jour, alors que je nettoyais du détergent qui avait giclé dans un placard, j'ai trouvé une bouteille couverte de poussière.
– J'en ai trouvé deux, moi aussi.
Levant les yeux vers le plafond, Sean prit une profonde inspiration. Lizzie l'observa quelques instants en silence, avant de déclarer très doucement :
– Je suis vraiment désolée, Sean.
– Ne dites pas cela.
Sa voix se brisa.
– Sean...
Lizzie s'approcha de lui, mais il recula.
– Lizzie, voulez-vous savoir pourquoi je suis venu ce soir ?
En effet, elle l'avait complètement oublié. Pourquoi était-il venu ?
– Oui.
– J'ai eu des nouvelles de Billy. Il est allé chez le notaire aujourd'hui. Il m'a dit que vous aviez fait don de la maison à la clinique.
Elle se sentit soudain mal à l'aise. Elle n'avait pas envie de parler de cela avec lui.
– Oh, eh bien... ils ont besoin d'argent. Et comme je vous l'avais dit, je n'ai jamais cherché à recevoir cet héritage.
Sean s'approcha des cartons qu'elle avait remplis et fit courir ses doigts dessus.
– Lizzie... Je voudrais vraiment pouvoir revenir en arrière... je ne penserais pas ce que j'ai pensé de vous. Si vous aviez été intéressée par l'argent de mon père, vous n'auriez pas fait don de cette maison. C'est pareil pour les chèques... Ils devaient réellement servir à rembourser vos dépenses. Je suis le dernier des imbéciles, dit-il d'un ton rageur. Jamais je ne m'étais trompé à ce point.
– N'y pensez plus.
– Comment pouvez-vous dire cela ?
Lizzie secoua légèrement la tête.
– Maintenant que je vous comprends mieux, il m'est plus facile de vous pardonner.