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Sidhe Tome 3 : Double-Vue de Sandy Williams

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Déchirée entre deux mondes
Déchirée entre deux vies.














Cliquez sur la couverture pour lire les premières pages.



Déchirée entre deux mondes
Déchirée entre deux vies.
Les aptitudes que possède McKenzie Lewis pour lire les ombres l'ont mise, elle et ceux qu'elle aime, en danger encore et encore. La violence doit s'arrêter, mais le prix à payer pourrait se réveler plus élevé que quiconque n'aurait pu l'imaginer ?

Après dix années de chaos, la vie dont McKenzie a toujours rêvée est enfin à sa portée. Personne ne lui lance une épée à la tête ou ne lui demande de traquer les faes, et elle a enfin trouvé un emploi qui, bien qu'ennuyeux, estrégulier. Mais lorsqu'un ennemi impitoyable s'en prend à ses amis, McKenzie abandonne ses rêves de normalité et se précipite vers le Royaume.

Avec le Fae qu'elle aime et celui auquel elle est liée qui l'entraînent dans des directions différentes, McKenzie doit découvrir la vérité qui se cache derrière la guerre et accepter les douloureux sacrifices qui doivent être faits pour y mettre fin. Détentrice de secrets dangereux et avec de puissants alliés à ses côtés, ses actions pourraient bien déchirer le Royaume... ou le sauver. 




J'ai adoré !!!!


                               


Il y a une petite veinarde dans le monde imaginaire de la littérature qui s'appelle Mackenzie. Elle est courtisée et aimée non pas par un super mec mais deux ! Je ne sais pas comment elle a pu choisir moi personnellement je n'aurai pas pu !



Trêve de plaisanteries.



Double-vue termine la série Sidhe de façon magistrale.

Le livre est parcouru de rebondissements incessants qui ne laissent aucun temps mort au lecteur.



Attention auteure a potentiel addictif.



Lena qui a pris le pouvoir dans 2ème tome est contestée dans son statut de souveraine légitime. Elle doit pour créer l'unité acquérir le soutien des hauts nobles mais ceci sont frileux. Pour cela elle devra se plier à leurs demandes...

Mackenzie au seuil de la mort a été sauvé grâce à Kyol. Pour cela, il a créé un lien irréversible qui la certes sauvée mais qui lui a fait perdre Aren. Son beau rebelle se retire malgré les suppliques de Mackenzie qui n'a pas dit cependant son dernier mot.



Je n'en dirai pas plus sans ôter une partie du plaisir que vous aurez en le lisant.

Je préfère simplement vous dire ce que j'ai le plus apprécié.

Le trio amoureux que j'ai trouvé insupportablement injuste. Sandy Williams nous a dépeint deux héros aux personnalités diamétralement différentes mais toute aussi craquantes. Quand je dis que je ne sais pas comment la magicienne des ombres a pu choisir, je le pense vraiment. Ces deux hommes sont tellement superbes et aime si profondément l'héroïne qu'on a du mal à se dire que l'un d'eux aura le cœur brisé. Et pourtant...



Un superbe final !

Feu d'artifice ! BOUMM !





— On m’a donné l’ordre de te soigner.

Je sursaute à la voix d’Aren. Quand je regarde par-dessus mon épaule, je le vois dans l’embrasure de la porte. Ses edarratae brillent d’une lueur captivante sous l’éclairage tamisé. Si je devais le qualifier, je dirais qu’il est décontracté et séduisant, et j’aimerais tant qu’il soit là parce qu’il a choisi de venir me voir plutôt que parce qu’on le lui a ordonné.

— Je vais bien, dis-je, me retournant vers le canapé pour dérouler la couverture.

— Taltrayn a mentionné des cloques et des égratignures.

— Tu n’as pas envie d’être ici, Aren.

— Il est mon supérieur, dit-il. Et il saura si je ne t’ai pas soignée.

— Il s’en remettra.

Je vais m’asseoir sur le canapé, mais Aren traverse la pièce et s’empare d’un côté de la couverture. J’essaie de lui faire lâcher prise, mais il ne cède pas et le tissu frotte contre mes paumes sensibles. Je laisse échapper la couverture en sifflant.

— Donne-moi tes mains.

Lorsqu’il les saisit et presse les doigts sur ma peau à vif, mon esprit me ramène deux mois en arrière. Je venais de glisser le long d’une corde en draps, et il avait insisté pour soigner ma peau meurtrie. Je n’appréciais alors pas son contact, la caresse chaude de ses éclats de chaos qui m’invitait à me blottir contre lui. Je ne l’apprécie pas non plus en ce moment. S’il ne me désire pas autant que je le désire, je ne veux pas ressentir ça. Je ne veux pas songer à la chaleur de sa bouche, au baiser de ses edarratae ou à son odeur subtile mais enivrante de cèdre et de cannelle qui me donne envie de fondre dans ses bras.

Je serre les dents, les yeux rivés sur son torse. Je refuse de me perdre dans son regard.

Les blessures de mes paumes ne tardent pas à se refermer, mais Aren ne s’écarte pas. Il remonte les mains le long de mes bras, trouve les bleus sur mon poignet droit et celui caché sous ma manche gauche. Une sensation de brûlure agréable se diffuse dans mon corps.

Seigneur, j’ai envie de lui.

Je croyais ne courir aucun danger en regardant le torse d’Aren. Je me trompais. Il se soulève au rythme de sa respiration, et je ne songe qu’à le couvrir de caresses. J’ai envie de lui embrasser le cou et de m’attarder jusqu’à ce que ses éclats de chaos convergent sous mes lèvres.

Lorsqu’il s’écarte d’un pas, je lève enfin la tête. Il s’empresse de regarder vers le bas, penche légèrement la tête de côté puis…

— Sidhe, McKenzie.

Il se laisse tomber à genoux devant moi, la paume appuyée contre mon mollet droit.

— Aïe ! je m’exclame, repoussant sa main d’un coup de pied.

Il me saisit de nouveau la jambe et déploie cette fois sa magie.

— Il est censé te protéger, pas te blesser.

— Il m’apprend à me protéger seule.

— Ça risque d’être difficile si tu ne peux ni marcher ni tenir une épée.

— Attention, dis-je. On croirait presque que tu te soucies de moi.

Il me jette un coup d’œil.

— Je n’ai jamais dit que je ne me souciais pas de toi.

Je croise les bras, détourne le regard et me tiens raide comme un piquet pendant qu’il me soigne. Quand il en a fini avec mon mollet, il commence à se relever mais repère alors la marque profonde en haut de ma cuisse. Avec des gestes prudents, il glisse la main le long de ma jambe et relève un peu mon tee-shirt lorsqu’il place la paume sur le bleu. Elle est chaude. Je le suis aussi.

— S’il te plaît, dis-moi que c’est la dernière, murmure-t-il tandis que sa main remonte de quelques millimètres.

— Il y en a une autre, dis-je à voix basse. Plus haut du côté gauche.

Il se lève lentement. On dirait presque qu’il a peur quand il croise mon regard.

— Plus haut, c’est-à-dire ?

— La partie supérieure de mes côtes.

Il prend une inspiration pour se donner du courage, puis remonte mon tee-shirt. Le tissu frôle avec douceur mes hanches et mon ventre. Les mains d’Aren sont au niveau de mes seins. Il devrait pouvoir voir le bleu maintenant, mais ses yeux argentés sont toujours rivés sur les miens.

Une seconde passe. Deux, puis trois. Il me retire le tee-shirt par la tête et me dévore du regard. Mon corps vibre comme s’il était nimbé d’edarratae.

— Sidhe, souffle-t-il. Tu es…

Il ferme les yeux et secoue la tête pour chasser cette image de son esprit. C’est la dernière chose que je veux.

Je prends sa main et la fais glisser le long de mon corps jusqu’à ce qu’elle soit sur la marque profonde que j’ai au côté.

Il ouvre les yeux, hoche la tête comme si je lui avais posé une question et retire la main de la mienne.

Il se laisse de nouveau tomber sur un genou. Concentré sur ma blessure, il presse la paume dessus. C’est à ce moment-là que je le sens trembler.

Avant que j’aie eu le temps de lui demander si ça va, il passe la main derrière mon dos et colle les lèvres contre le bleu.

Lorsque sa magie se diffuse, mes jambes manquent de se dérober sous moi. Je dois serrer les genoux pour rester debout.

Il bouge les lèvres, envoyant sa magie guérisseuse dans la partie supérieure de ma blessure. Je meurs d’envie de serrer les poings dans ses cheveux, mais je me limite à ses épaules de peur d’aller trop vite pour lui. Je sens à quel point il est crispé. Il se contient et s’autorise à peine à me goûter.

Ses lèvres glissent sur mon ventre. Là encore, il me goûte.

Il rapproche la bouche de mes côtes, et caresse de la langue la peau juste sous mon sein.

J’essaie de ne pas remuer pour ne pas briser le charme, mais je tressaille légèrement. Il se fige. Son souffle chaud sur mon sein décuple mon désir à un point douloureux. Je me mords la lèvre inférieure, priant en silence qu’il continue.

Soudain, il retire les mains de mon corps, puis se lève et s’écarte d’un demi-pas.

Mince, mince, mince.

Je me creuse la tête pour trouver quelque chose à dire, un moyen de le ramener à moi, mais il se contente de rester là à me dévisager comme s’il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il est en train de faire.

— Aren…

Il s’avance et s’empare de ma bouche, un baiser brutal qui me marque au fer rouge.

Quand mon corps s’embrase, le feu ricoche dans mon ventre avant de déferler plus bas tel une vague de lave en fusion. Refusant de laisser partir Aren, j’agrippe de nouveau ses épaules et enfonce les doigts dans les muscles de son dos. J’entrouvre les lèvres pour accueillir un baiser plus appuyé.

Il répond à mon invitation. Je gémis et me colle plus près de lui.

Il saisit mes hanches tandis qu’il prend ma lèvre inférieure entre ses dents. Sa morsure m’envoie une brusque décharge de douleur ou de plaisir, je ne sais pas trop.

J’étouffe un cri la seconde suivante, pas parce qu’Aren m’a mordillée mais à cause des vibrations d’inquiétude qui traversent le lien. Je suis incapable de réprimer mon désir croissant, et Kyol ne tarde pas à comprendre. Je sens qu’il s’évanouit de ce monde et qu’un mur se dresse entre nous. Je devrais me soucier de lui, prendre ses sentiments en considération, mais l’odeur d’Aren est grisante et lui seul occupe mes pensées.

Je serre son tee-shirt dans mon poing et le remonte.

— Je veux que tu enlèves ça, dis-je. (Je passe les doigts sous sa ceinture.) Et ça aussi.

— Oui.

Pas d’hésitation, pas de protestation. Il est à moi.

L’arrière de mes jambes heurte le canapé quand il m’enlace et me retourne dans ses bras. Aren retire son t-shirt, laisse tomber sa ceinture par terre et s’avance au-dessus de moi. Je contemple son torse nu, puis suis des yeux un éclair brillant qui zigzague sur ses abdominaux. Ils sont parfaits, même avec la profonde cicatrice entre ses muscles. Mes doigts en trouvent une autre sur son épaule avant que je glisse les mains jusqu’à son visage et l’attire plus près.

Je ne veux pas te perdre, ai-je envie de dire. À la place, je l’embrasse et presse mes hanches contre les siennes.

Il porte toujours son pantalon. Je tire dessus, redoublant d’ardeur.

Il met fin à notre baiser puis s’écarte juste assez pour me regarder dans les yeux.

La lumière de ses éclats de chaos se reflète sur ma peau et mon cœur tambourine dans ma poitrine. Je suis au bord du gouffre, là où je me suis tenue tant de fois que j’en ai perdu le compte, et j’entends presque les pensées d’Aren exiger qu’il s’arrête.

Je tire plus fort sur l’ourlet de son pantalon et me frotte contre lui.

Il frissonne. L’instant suivant, son pantalon a disparu. C’est ensuite au tour de mes sous-vêtements.

Son corps est ferme, mince, exquis. Je l’explore des mains pendant qu’il m’explore des lèvres, laissant des traînées d’éclairs brûlants le long de mon cou, de ma clavicule et plus bas. Je sursaute lorsqu’il se remet à embrasser la peau sous mon sein avant de passer la langue dessus. Je ne me doutais pas que mon désir pouvait grandir encore, mais il explose et fait naître une sensation de chaleur intense entre mes jambes. La main d’Aren s’y retrouve en une seconde. Je ne sais pas si ça atténue la sensation ou l’empire.

Il me murmure des mots en fae à l’oreille. Une question. Il occupe trop mes pensées pour que je puisse répondre par autre chose qu’un hochement de tête. J’acquiesce à tout ce qu’il veut.

Il m’observe tandis qu’il change de position, une lueur d’émerveillement dans ses yeux argentés. Je me sens exotique, précieuse. Puis je le sens me pénétrer.

Pas de douleur. Il n’y a que la chaleur, le plaisir et Aren. Il est plus expérimenté que moi, mais mon corps suit ses mouvements et calque ses coups de rein pour l’attirer plus près et plus loin.

La chaleur entre mes jambes s’intensifie et un besoin indescriptible m’envahit. Je passe les jambes autour de ses hanches, toujours plus avide alors que je ne pourrais pas être plus près que je le suis déjà.

— Sidhe, dit Aren, le souffle court.

Un battement de cœur plus tard, nous poussons un cri à l’unisson lorsqu’un éclat de chaos d’une puissance incroyable fuse entre nos corps qui fusionnent.

J’ouvre brusquement les yeux. Je ne saurais dire à quel moment je les ai fermés, mais les éclairs qui étincellent sur notre peau illuminent la pièce.

Oui, notre peau. Aussi impossible que ce soit, ses edarratae bleus ne sont pas la seule origine de la lueur. Alors qu’ils ne sont censés apparaître que lorsque je suis dans le Royaume, mes edarratae sont d’une blancheur aveuglante et décrivent des spirales autour de nous.

Et en nous. Ils se déplacent de plus en plus vite, s’accordant à l’intensité du plaisir qui grandit entre mes jambes. Chaud et divin, il me submerge.

Je laboure le dos d’Aren des ongles. Je dois garder une prise ou les éclairs me briseront, j’en suis sûre.

— Sidhe, laisse de nouveau échapper Aren d’une voix rauque.

Tous les muscles de son corps sont tendus. Il est sur le point de perdre le contrôle. J’ai perdu le mien depuis longtemps.

Une vague après l’autre, le plaisir monte. La lumière frénétique qui enveloppe nos corps est presque constante. J’ai l’impression qu’il n’y a plus que la chaleur des edarratae qui nous touche à présent. Pareils à des étoiles filantes, les éclairs fusent au-dessus de notre peau luisante.

— Aren, dis-je, à bout de souffle. C’est…

— Accroche-toi à moi, dit-il d’une voix tendue.

Il va et vient en moi à un rythme aussi effréné que celui des éclairs.

Enfin, nos éclats de chaos se solidifient pour former un disque de lumière qui se désintègre quand notre plaisir atteint son

L'extrait :
— Écoute, dis-je. Tu as dit qu’il me fallait du temps pour appréhender le lien. Il s’est écoulé presque un mois. C’est bon, j’ai compris. Même si Kyol est dans ma tête et qu’on est dans le même monde, je ne me suis pas jetée dans ses bras.

— Non, dit-il, mais tu en as envie.

— Bon sang, arrête… arrête de me dicter ce dont j’ai envie ! Et ne renonce pas à nous si vite.

— Tu crois que c’est facile ? dit-il. (Son agitation perce dans le ton de sa voix.) Tu penses que ça me fait plaisir de savoir qu’il sait où tu es à chaque instant ? Qu’il sait quand tu as des ennuis, quand tu es triste ou effrayée ? (Il m’empoigne les bras et me pousse avec douceur contre une façade en pierre.) Il sent ton désir, McKenzie.

Il penche la tête et rapproche ses lèvres des miennes.

— Il sait quand on se touche, quand on s’embrasse. Il saura si on fait l’amour. C’est ce que tu veux ? Tu supporterais de le blesser ainsi ?

— Je peux contrôler ça, dis-je, les yeux rivés sur ses lèvres. Je trouverai un moyen de le contrôler.



L'extrait :
— Il veut qu’on laisse Hison le tuer ?

Ça n’a aucun sens. Aren n’est pas suicidaire.

— C’est le mieux pour Lena et le Royaume, dit Kyol. C’est le mieux pour toi.

Mon esprit bloque sur sa dernière phrase, et la peur et la frustration que j’essayais de toutes mes forces de contenir explosent.

— Tu veux qu’il meure ! je hurle.

— Non…

— S’il est mort, tu penses que tu auras une autre chance avec moi.

Il tend la main vers mon bras.

— McKenzie…

— Ça n’arrivera pas ! (Je pointe le doigt sur son torse.) Je t’ai donné des chances pendant dix ans, et tu les as toutes rejetées.

Mon cœur vole en éclats quand je sens le sien se briser, mais je maintiens ensemble les morceaux du mien par la seule force de ma volonté.

— Ça ne me concerne pas, McKenzie. C’est ce que veut Jorreb.

— Je suis sûre que tu as essayé de l’en dissuader, dis-je avec un rire amer.

— Oui, dit Kyol. Je te jure que oui.

— Foutaises !

Il tressaille et recule d’un pas. Je le poursuis, de plus en plus furieuse.

— Tout ce que je ressens pour toi à présent est influencé par la magie. Je n’y céderai pas. Même si Aren meurt.

Je m’étrangle en prononçant ce dernier mot.

— Je sais, dit Kyol. Je sais !

— Je vais parler à Hison. Je lui dirai…

Je ne peux pas dire la vérité à Hison. Même si j’en veux à Kyol, je ne le laisserai pas mourir non plus.

Kyol me saisit les poignets et me pousse contre le mur.

— Je suis désolé, McKenzie. Sidhe, je suis désolé. (Il baisse les yeux et secoue lentement la tête.) Je serais prêt à dire la vérité aux hauts nobles, mais ça te tuerait.

Mes éclats de chaos bondissent sur sa peau. Ils sont chauds et puissants parce que nous nous touchons, mais mes yeux s’emplissent de larmes.

— Ça te tuerait, dit-il à voix basse. (Puis il déglutit et soutient mon regard.) Les autres liens entre humains et faes… Ils ont tous fini de la même manière. Quand l’une des deux personnes est décédée, l’autre l’a suivie dans la mort. C’est pour ça qu’il fait ça, McKenzie. Il se sacrifie pour toi, pas pour moi.

Il s’écoule quelques secondes avant que je prenne la pleine mesure de ses paroles, mais je secoue la tête, incrédule. Ça ne peut pas être vrai. Lorn a survécu à la mort de Kelia, et j’ai vu d’autres faes survivre à celle de leur compagne ou de leur compagnon. Je n’ai jamais entendu parler de cas où les deux mouraient.

Mais Seigneur, si c’était vrai ? D’après Lena, les liens entre humains et faes se terminent toujours mal, et quand Aren a su pour ma connexion avec Kyol, il m’a dit que s’il ne l’avait pas tué sur place, c’était uniquement parce que ça me tuerait aussi. J’avais cru qu’il disait ça au sens figuré.

— Si je meurs, McKenzie, poursuit Kyol, tu meurs aussi. Et si tu meurs, je mourrai. Je suis désolé. Je regrette infiniment toutes les fois où je t’ai fait du mal.

— Tu me fais du mal en ce moment, dis-je.

C’est vrai à de multiples niveaux. Comme il me touche, ses émotions, sa douleur et son angoisse circulent en moi librement. Sa détermination aussi. Je la sens se consolider. Et je sens Aren me glisser entre les doigts.

— Je sais.

Il ferme les yeux et déglutit. Il aimerait tant m’attirer dans ses bras et me réconforter.

— Tu ne vas pas m’aider à le sauver, je chuchote.

J’ai besoin de l’entendre le dire à voix haute.

— Non, dit-il. Et je dois te prévenir que si tu essaies de le libérer toi-même, il ne te suivra pas. Il fait ce qu’il pense être le mieux pour toi. Tu n’aurais jamais dû être mêlée à cette guerre.

J’ignore si ces dernières paroles sont de lui ou d’Aren. Peu importe. La fureur enfle sous ma peau et menace de me couper le souffle. Kyol sait que je suis à deux doigts d’exploser. Je perçois sa tristesse, mais rien de ce que je pourrais dire ou faire ne l’influencera car il pense qu’Aren a pris la bonne décision et qu’il est de son devoir de veiller à ce que les choses se déroulent comme prévu.

Je me mords la lèvre inférieure, et j’ai le goût du sang sur la langue. Qu’ils aillent se faire foutre. Ils ne prendront pas cette décision à ma place. Aren est stupide de penser que je le laisserai mettre un terme à notre relation comme ça. Ça n’arrivera pas. Je le libérerai moi-même s’il le faut.

— Je t’en empêcherai, dit Kyol tout bas.

Je lis les regrets dans son regard orageux. Je ne me suis jamais sentie aussi trahie de ma vie.