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lundi 15 décembre 2014

Le cercle blanc, Tome 2 : La danse des dieux - Nora Roberts




Sur l'injonction de la déesse Morrigan, s'est formé le Cercle blanc, constitué de six héros. Venus d'époques différentes, ils ont uni leurs forces et leurs pouvoirs afin de lutter contre un même ennemi : l'armée de vampires conduite par la reine Lilith.



Sur l'injonction de la déesse Morrigan, s'est formé le Cercle blanc, constitué de six héros. Venus d'époques différentes, ils ont uni leurs forces et leurs pouvoirs afin de lutter contre un même ennemi : l'armée de vampires conduite par la reine Lilith. A l'issue d'un affrontement sanglant, les démons ont été repoussés mais la guerre continue et les six décident de contre-attaquer. Cette fois, la bataille aura lieu dans un univers peuplé de dragons qu'il faudra atteindre au moyen d'une porte magique. Au sein du groupe, Blair, l'intrépide amazone des temps modernes, se rapproche de Larkin, le Geallien capable des métamorphoses les plus incroyables. C'est côte à côte qu'ils iront au combat sauver le monde et rencontrer leur destinée.


 

Dans cette série, je troue que le troisième tome étouffe un peu les autres par sa qualité. Ici le deuxième opus nous offre de bons moments mais au final tout ce que je retiendrai c'est la mise en bouche pour le final entre Cian et sa belle. Difficile d'attendre la suite...
 





La contre-attaque la prit par surprise. Elle vit à peine le vampire se déplacer et ne dut qu’à un geste réflexe d’amoindrir la force du coup d’épée qui lui laboura le flanc. Mais, là encore, elle ne se laissa pas arrêter. Dans un dernier cri de rage, elle lança son arme à toute volée. Et lui sectionna la tête.
Autant sous l’effet du chagrin que de la douleur cuisante qui lui poignardait le côté, elle se laissa tomber à genoux sur le sol. Les cris de la foule en liesse arrivaient jusqu’à elle, telle la rumeur lointaine d’un océan.
En mobilisant toutes ses forces, Moïra parvint à se relever et se tourna vers Blair.
— Le deuxième ! lui lança-t-elle. Libère-le !
Blair la rejoignit et protesta fermement :
— Il n’en est pas question ! Tu en as assez fait.
— C’est à moi d’en décider !

D’autorité, elle tendit la main vers la ceinture de Blair et s’empara de la clé qu’elle lui avait confiée. Un silence de mort se fit dans le public. Dans les yeux du vampire qui la regardait approcher, Moïra vit luire l’éclat de la faim dévorante qui l’animait, et celui du plaisir qu’il se promettait.
Puis elle entendit siffler une flèche à ses oreilles et la vit se ficher dans le cœur du mort-vivant, dont le corps explosa en un nuage de poussière. Les chaînes retombèrent en tintant sur le poteau de fer.
Moïra fit volte-face, révoltée par cette trahison, soulevée par une vague de colère. Mais ce n’était pas Blair qui tenait l’arbalète. C’était Cian.
— Assez ! lança-t-il en jetant avec rage son arme sur le sol, avant de lui tourner le dos pour quitter le terrain de joute.

L' 'extrait :
Moïra ne prit pas le temps de réfléchir. Elle n’attendit pas d’avoir retrouvé son calme, ne remonta pas à la tribune royale pour s’adresser de nouveau à son peuple, mais se rua hors du terrain de joute à la suite de Cian. En s’éloignant, elle entendit la voix de Larkin s’élever, forte et claire. Elle pouvait compter sur lui pour calmer les esprits et faire le nécessaire.
Elle ne se rendit compte qu’elle avait gardé à la main son épée maculée de sang que lorsqu’elle eut rattrapé Cian.
— Comment as-tu osé ? s’écria-t-elle. J’avais interdit…
Tout en traversant à grandes enjambées la cour intérieure, il lui répondit, sans lui jeter un regard :
— Je n’ai pas d’ordres à recevoir de vous, Votre Altesse. Je ne suis pas un de vos fidèles sujets.
— Tu n’avais pas le droit !
Moïra accéléra le pas, le dépassa et alla se placer devant lui pour lui barrer le chemin. Une rage froide se lisait sur le visage de Cian.
— Ce n’est pas à toi de me dire quels sont mes droits !
— Tu n’as pas pu supporter ce spectacle ? Me voir me battre contre un de tes semblables, le tourmenter, le détruire, c’était trop pour toi, n’est-ce pas ?
— Si ça t’arrange de le croire…
Plutôt que d’essayer de la contourner, Cian changea de direction et s’engagea sous une arcade.
— Ça ne se passera pas comme ça !
Cette fois, après l’avoir contourné, Moïra posa la lame de son épée contre sa poitrine pour l’arrêter. Contrairement à lui, la rage qui l’animait brûlait en elle comme un brasier.
— Tu es ici mon invité ! reprit-elle d’une voix impérieuse. Et à Geall, l’invité ne fait pas la loi dans la maison de son hôte. Il va falloir te mettre ça dans le crâne !
Une lueur dangereuse scintilla dans le regard de Cian.
— Il ne t’a pas fallu longtemps pour prendre goût à ton rôle et manier la férule du monarque absolu… Mais dites-vous bien une chose, Majesté. Je suis ici parce que je le veux bien. Quant à vos diktats, ils n’ont jamais représenté quoi que ce soit pour ceux de mon espèce. À présent, sers-toi de cette épée ou baisse-la !
D’un geste rageur, Moïra jeta son arme, qui rebondit avec bruit sur les dalles de pierre.
— Tu n’avais pas le droit ! répéta-t-elle. C’était à moi de le faire.
— À toi de mourir sous les yeux d’une foule en délire ? Désolé de t’ôter tes illusions, mais tu n’es pas de taille à jouer les gladiateurs.
— J’aurais…
— Tu aurais servi d’ultime repas à un vampire affamé ! coupa-t-il sèchement. Face à celui-ci, épuisée comme tu l’étais, tu n’avais pas une chance de t’en tirer. Tu ne t’es pas demandé pourquoi Blair avait commencé par libérer le moins costaud des deux ? Parce que, contre lui, tu ne partais pas battue d’avance. Et ça a marché ! Alors, estime-toi heureuse.
— Tu t’imagines savoir ce que je vaux ?
Pour toute réponse, Cian posa la main sur la plaie qui saignait toujours abondamment au flanc de Moïra. Il ne la retira qu’en la voyant pâlir et prendre appui contre le mur.
— Oui, je le sais, répondit-il. Et lui le savait aussi. Il n’aurait pas eu grand-chose à faire pour t’achever.
Soulevant le bord de la tunique de Moïra, il s’y essuya la main et conclut :
— Tu n’aurais pas tenu deux minutes avant de te retrouver aussi morte que cette mère que tu avais juré de venger !
— Laisse ma mère reposer en paix !
— Alors, cesse de l’invoquer.
Les lèvres de Moïra se mirent à trembler. Elle dut prendre le temps de se ressaisir avant d’affirmer avec force :
— Je l’aurais battu parce qu’il le fallait !
— Des clous ! Tu étais lessivée, finie, vidée !
— C’est pour que je ne puisse pas te prouver le contraire que tu es intervenu ?
— Tu t’imagines vraiment que tu aurais pu l’empêcher de plonger ses crocs ici ?
Il baissa les yeux vers sa gorge blanche et la parcourut du bout de l’index. Il ne cilla même pas quand elle tenta de repousser sa main d’une tape sèche.
— Si tu es aussi forte que tu le prétends, reprit-il d’une voix troublée, arrête-moi… Mais je te préviens, il te faudra plus qu’une pichenette pour me retenir.
Il recula d’un pas, ramassa rapidement l’épée sur le sol et la lui fourra de force dans les mains.
— Voilà ! s’exclama-t-il avec colère. Tu es armée, je ne le suis pas. Défends-toi !
— Je n’ai pas l’intention de…
— Arrête-moi !
Comme elle restait figée, il écarta l’épée sans effort et l’accula contre le mur. Les mains posées sur ses épaules, il balaya d’un regard enfiévré son visage, sa bouche, son cou.
— Arrête-moi ! gémit-il. Tant qu’il en est encore temps.
En proie à la plus extrême confusion, Moïra était incapable d’identifier ce qu’elle ressentait. Cela aurait dû être de la peur, du dégoût, mais le vertige qui la gagnait ressemblait plus à un frisson de plaisir anticipé.
Soudain, les lèvres de Cian s’emparèrent des siennes, exigeantes, possessives, et un déluge de sensations bouleversantes fit chavirer son esprit et son cœur. Le bien et le mal, le blanc et le noir, la lumière et les ténèbres, tout se mêla en elle sous l’effet de ce baiser si rude et si tendre à la fois. Dans un moment d’oubli et de folie, elle s’y prêta de toute son âme, de tout son être, sans opposer la moindre résistance.
L’instant d’après, Cian s’écarta d’elle, raide et sévère, la laissant le souffle coupé.
— Crois-moi, ce n’est pas ainsi qu’il t’aurait mise à son menu, murmura-t-il.
Il s’empressa de l’abandonner, faible et tremblante contre le mur, avant d’aggraver encore une erreur déjà lourde. En chemin, il sentit plus qu’il ne vit Glenna qui le croisait.
— Je te la laisse, lui dit-il. Elle a besoin de toi.



L'extrait :
Lorsque le soleil, jetant ses premiers feux, disparut à l'horizon, les enfants se rassemblèrent en hâte pour entendre la suite du conte qui leur avait été promis. Pour le vieil homme qui les attendait déjà, leurs visages curieux aux grands yeux attentifs apportaient la lumière dans la pièce. L'histoire qu'il avait commencé à leur raconter par une fin d'après-midi pluvieuse allait pouvoir se poursuivre, tandis que le crépuscule assombrissait peu à peu la campagne.

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