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jeudi 2 janvier 2014

Les combattants du feu, tome 4: Flamme mortelle - Jo Davis


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Shea savait ce qu'il cherchait à faire, savait qu'il ne pensait pas ce qu'il disait. Mais elle s'enfuit quand même. Elle bondit de sa chaise, rafla son sac à main au passage et sortit de la chambre en courant. Plus tard, elle regretterait peut-être d'avoir abandonné si vite, mais à cet instant-là, elle ne désirait plus qu'une chose : fuir la fureur de Tommy. Sa souffrance infinie.







Les combattants du feu 
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Pour ses collègues, Jimmy Skyler a tout. Mais le golden boy de la station 5
cache un douloureux secret. Il a été un champion de football américain jusqu’à ce qu’une tragédie fasse exploser son rêve. Depuis, il se bat avec ses choix y compris celui d’avoir choisi de devenir pompier. Son seul rayon de soleil est une infirmière, Shea Ford. Quand un sauvetage dangereux conduit Tommy aux urgences, n’est-ce pas une très bonne opportunité pour la séduire ? Mais un criminel rôde, créant des feux volontaires et cette affaire pourrait bien menacer leur vie et leur amour.








  Shea pénétra dans le couloir à l'instant précis où une civière franchissait la double porte à vive allure, poussée par deux pompiers dont l'un tenait en l'air une poche de transfusion, et tirée par trois autres. Shea les reconnut immédiatement. Parmi les trois qui se trouvaient à l'avant, il y avait Zack Knight, le fiancé de sa meilleure amie. Dans d'autres circonstances, elle lui aurait adressé un sourire et un signe de la main, mais son regard était rivé au visage de l'homme aux cheveux blonds qui gisait sur la civière, les yeux fermés.

            Des yeux dont elle savait qu'ils étaient bleus comme un ciel d'été. Du côté droit de la tête, son pansement et ses cheveux étaient imprégnés de sang dont les coulées maculaient également son visage.
            Elle sentit ses genoux faiblir et se laissa aller contre le mur pour garder l'équilibre tandis que ses poumons se vidaient complètement. La voix tonitruante du capitaine Tanner retentit par-dessus le bourdonnement de ses oreilles.
            — Plaie ouverte à la tête, aboya-t-il à l'intention du Dr Brown qui venait d'émerger d'une chambre. Il a perdu connaissance mais son état est stable.
            C'est le côté droit de son corps qui a encaissé le choc, mais il n'y a pas de fracture et aucun signe d'hémorragie interne.
            Shea ferma les yeux et ses mains se mirent à trembler.
             Ô mon Dieu, Tommy.
            — Shea, on a besoin de vous par ici.
            L'ordre du Dr Brown la fit réagir. Une part d'elle-même avait eu envie de se sauver en courant, de monter dans sa voiture et de rentrer chez elle à toute allure pour se cacher au fond de son lit. Elle ne voulait pas voir Tommy dans cet état. Tommy était solide, lumineux, sociable. Et merveilleusement sexy.
            L'homme qui était étendu sur cette civière paraissait affreusement jeune.
            Vulnérable. Malgré le relief nettement défini de ses muscles sur son torse nu, personne n'aurait cru possible qu'il ait eu l'énergie d'empêcher un homme deux fois plus gros que lui de tomber dans le vide en n'utilisant que la force du haut de son corps.
            C'était pourtant ce que Tommy avait fait. Au péril de sa vie.
            Tels les rouages d'une mécanique bien huilée, deux des pompiers, le Dr Brown, Shea et un infirmier se placèrent autour de la civière pour faire passer Tommy sur le lit d'hôpital.
            — À trois, dit le Dr Brown.
            La translation s'opéra sans à-coups, et le médecin jeta un coup d'œil au groupe de pompiers anxieux.
            — Le capitaine peut rester dans la chambre au cas où j'aurais des questions. Les autres, dehors !
            Brown assouplissait parfois le règlement pour les blessés qui portaient l'uniforme, mais personne ne protesta.
            Avant de quitter la chambre, Zack adressa à Shea un sourire tremblotant et un hochement de tête, qu'elle lui retourna avant de s'affairer efficacement autour de Tommy. Le Dr Brown souleva une paupière, puis l'autre, et examina les yeux à l'aide du faisceau lumineux de sa lampe de poche.
            — Depuis combien de temps a-t-il perdu conscience ?
            Le capitaine se raidit et se passa la main sur le ventre comme s'il souffrait d'aigreurs d'estomac.
            — Pas plus d'un quart d'heure, je dirais. On est arrivés ici très vite.
            — Les pupilles sont légèrement dilatées, mais réagissent à la lumière. Il ne devrait pas tarder à reprendre connaissance, annonça-t-il.
            Il rangea sa lampe dans sa poche, se pencha au-dessus du patient et écarta le pansement de son crâne. Il étudia attentivement la blessure, la palpa, puis émit un grognement.
            — On ne pourra pas poser d'agrafes. La blessure est trop superficielle.
            Plus une éraflure qu'une perforation.
            — Son traumatisme doit être léger, dit Shea en priant pour que ce soit le cas.
            — Oui, acquiesça le médecin. Probablement. Mais je serai plus tranquille une fois qu'il aura passé les examens neurologiques, qu'il se réveillera et qu'il parlera. Nettoyez la plaie pendant que je prescris un scanner.
            Shea enfila une paire de gants en latex, écarta les cheveux de la tempe de Tommy et nettoya la plaie à l'aide d'un antiseptique. Il gémit et remua un peu tandis qu'il revenait à lui. Shea sentit la tête lui tourner de soulagement. Le bruit incita le capitaine à se rapprocher du lit.
            — Skyler ? Tu m'entends ? demanda-t-il en penchant un visage plissé d'inquiétude au-dessus du plus jeune de ses hommes.
            Tommy tourna la tête vers lui et grommela quelque chose d'incompréhensible.
            — On ne bouge pas, dit Shea en remettant délicatement sa tête en place.
            Tommy inspira par la bouche avec un bruit mouillé en réponse à ses soins, mais demeura immobile.
            — Il reprend déjà conscience. C'est bien.
            — Oui, répliqua-t-elle en déposant une compresse souillée sur un plateau avant d'en prendre une autre.
            Voilà, c'est nettoyé. Comme il ne saigne plus, je ne vais pas mettre de pansement. Autant éviter de lui raser les cheveux pour rien.
            — J'aime mes cheveux comme ils sont, merci, marmonna Tommy.
            Shea sentit son cœur bondir et observa son visage. Ses cils palpitèrent, ses paupières se soulevèrent lentement, et elle se retrouva en train de contempler des yeux d'un bleu de myosotis encore un peu troubles. C'était la chose la plus merveilleuse qu'elle ait vue de sa vie.
            — Tu as de la veine que ton cerveau soit encore dans ton crâne, gamin, dit Sean, son visage reflétant un profond soulagement.
            — Mon cerveau... Ouais, mon cerveau est en place.
            Les lèvres du capitaine se relevèrent sur un sourire.
            — Bon, il est temps de te faire passer un petit test. Donne-moi ton nom complet, fils.
            Il eut une seconde d'hésitation.
            — Thomas Wayne Skyle






  — Je suis venu te présenter mes excuses au sujet de mon comportement samedi dernier, dit-il d'un ton plus calme. Ça ne se fait pas de planter quelqu'un comme ça. C'était grossier de ma part, et j'espère que tu ne m'en veux pas.
            Shea n'avait encore jamais vu Tommy aussi sérieux, et quelque chose dans son attitude fit naître en elle une crainte diffuse.
            — Bien sûr que non, et tu n'as pas d'excuses à me présenter. C'est moi qui t'ai blessé, et j'en suis désolée. Je sais ce que tu penses de Forrest, mais je ne peux rien y changer.
            Il émit un petit rire triste et se passa la main dans les cheveux, ébouriffant ses mèches blondes dans tous les sens.
            — Vraiment ? Alors je crois qu'on s'est tout dit, mais puisque je suis un irrécupérable masochiste, autant en avoir le cœur net. Est-ce que tu as des sentiments pour moi ?
            — Oui, murmura-t-elle. On est amis, non ?
            Un éclair de douleur passa dans ses beaux yeux bleus.
            — « Amis » comme Forrest est ton ami ? Quelqu'un de moyennement intéressant avec qui tu échanges des propos ennuyeux autour d'un verre ?
            — Non. Est-ce que tu as oublié ce qui s'est passé quand on a dansé ensemble ? Quand on s'est embrassés ? Tu es bien plus que cela pour moi.
            Il tendit la main vers elle et effleura sa joue de la jointure de ses doigts repliés.
            — Je n'ai rien oublié, mais ce n'est pas moi qui me suis écarté. Tu ne veux pas que les choses aillent plus loin entre nous, c'est ça ? J'ai beau faire, tu refuses de te laisser atteindre. Tu veux que je te lâche pour de bon ? Regarde-moi, dis-moi de partir et je te laisserai tranquille, tu ne me reverras plus jamais. Est-ce que c'est ce que tu veux ?
            Il était sincère. Partir l'aurait anéanti, mais pour elle, il l'aurait fait.
            Ne plus jamais voir Tommy ? Être privée de son sourire, de son rire, de son merveilleux appétit de la vie ? Si Shea le laissait partir, une autre qu'elle ne ferait pas la même erreur. Une femme peut-être encore plus belle que Daisy Duck. Dans ses bras. Dans son lit. Cette seule idée la rendait malade.
            Ce changement de point de vue lui fit envisager d'un œil nouveau la façon dont Tommy avait réagi lorsqu'il l'avait vue au bras d'un autre homme.
            — Je me suis écartée par réflexe et c'est mon problème, pas le tien.
            Elle saisit une de ses mains et entrelaça ses doigts aux siens, appréciant au passage leur contact rugueux. Des mains de travailleur.
            — J'ai besoin de toi dans ma vie et ce que je ressens pour toi me fait du bien, Tommy, mais ça me fait un peu peur aussi. C'est lié à des problèmes contre lesquels je me bats depuis longtemps, bien avant de te connaître.
            Des trucs moches.
            — Quels problèmes ? Explique-moi, Shea.
            — Un autre jour, d'accord ? Pour l'instant, tu veux bien être encore un petit peu patient avec moi ?
            Elle n'avait pas envie de parler de cela maintenant. Tout était encore trop neuf entre eux.
            — Je ne te forcerai jamais à parler de quoi que ce soit tant que tu ne seras pas prête à le faire, ma douce, dit-il en serrant sa main pour l'attirer vers lui. C'est toi qui décides de tout, de A à Z, et si tu as envie de parler, je suis là. Mais j'avoue que j'apprécierais beaucoup que tu arrêtes de dribbler avec moi comme si j'étais une balle de basket. Si tu veux bien me promettre ça, j'aurai toute la patience du monde.
            Il déposa un baiser sur le bout de son nez, et elle sourit.
            — J'arrête le dribble, promis. Tu n'as pas idée de l'effet que tu me fais.
            — C'est vrai. Faudrait peut-être que tu me montres...




 Shea se redressa légèrement, referma la main sur la base de son sexe, en lécha l'extrémité puis la suça tendrement.
            — Pauvre bébé. Il faut s'occuper de lui, aussi.
            — On va s'en occuper, promit-il d'une voix grave. Mais si tu continues comme ça, tout sera fini en deux secondes et j'ai d'autres projets.
            — D'accord, mais la prochaine fois, j'aurai le droit d'y goûter aussi longtemps que je voudrai.
            La lueur malicieuse qu'il vit briller dans ses yeux fit bondir son sexe.
            — Ça marche. Mets-toi à quatre pattes, je veux te prendre par-derrière, ma douce.
            — Oh, oh, on s'encanaille, jeune homme ?
            — Non, une petite levrette n'a rien de canaille à côté de mes plus secrets fantasmes. Une autre fois, je te les raconterai et tu pourras choisir celui que tu as envie de concrétiser avec moi.
            — Hmm... Tout un programme! dit-elle en se mettant à quatre pattes.
            Alors, qu'est-ce que tu attends ?
            Tommy savourait le spectacle de cette femme qui s'offrait ainsi à lui, ses boucles folles ruisselant dans son dos, ses genoux écartés révélant l'adorable coquillage rose et nacré de son sexe, luisant des attentions qu'il venait de lui prodiguer et disposé à l'accueillir.
            Il enfila le préservatif, puis fit courir un doigt le long de sa fente pour écarter ses lèvres. Mon Dieu, il ne pourrait pas se retenir bien longtemps.
            Il plaça une main sur sa hanche, guida l'extrémité de son sexe entre ses lèvres moites et la pénétra de toute sa longueur. Sa chaleur enveloppa son sexe au bord de l'explosion comme un gant qu'il sentit palpiter doucement, affolant ses sens.
             Pas maintenant...
            — Si tu savais comme tu es belle, râla-t-il. Tu es à moi, Shea.
            Elle cala ses petites fesses rebondies au creux de son aine et il se mit à aller et venir en elle, pas trop vite. Elle accompagna aussitôt ses poussées.
            — Oh, oui, gémit-elle. Oui, comme ça, c'est bon !
            Tommy perdit tout contrôle. Libéra la bête rugissante qui mourait d'envie de la baiser à fond, sans ménagement, presque méchamment. Les poussées de son sexe se firent plus profondes. Il la besogna de plus en plus vite et ses cris d'extase apaisèrent ses dernières craintes. Shea voulait être prise brutalement, elle savait qu'il ne lui ferait aucun mal.
            Il avait gagné sa confiance.
            Cette merveilleuse révélation déchaîna complètement la bête qui était en lui. Un rugissement prodigieux accompagna son ultime poussée, et il agrippa furieusement ses hanches pour la plaquer contre lui et la pénétrer aussi profondément que possible, comme s'il cherchait à établir entre eux un contact au-delà du simple aspect physique. Son orgasme le bouleversa de fond en comble. Shea lui appartenait, pour toujours, se dit-il tandis que les délicieuses contractions de sa vulve prolongeaient sa jouissance.
            Il la recouvrit de son corps et resta en elle un moment, tremblant et haletant. Jamais encore il n'avait joui avec une telle intensité. Aucune femme n'avait su tirer de lui un orgasme aussi dévastateur. Il n'avait pas connu autant de femmes que son père le prétendait, mais il possédait quand même une certaine expérience, et jamais encore il n'avait partagé cette impression de fusion totale, absolue, avec une femme qu'il aimait.
            Mon Dieu, oui. Je l'aime.




     Tommy l'avait apporté dans le jardin et avait obstinément refusé de lui révéler ce qu'il contenait. Le sourire qu'il lui adressa aurait suffi à faire fondre sa petite culotte si elle en avait porté une.
            — Encore un peu de patience, ma douce, répondit-il d'une voix suave.
            Allonge-toi sur le dos et ferme les yeux.
            Aussi curieuse qu'excitée, Shea obéit docilement.
            — Interdit de tricher.
            — Promis.
            Elle l'entendit ouvrir la fermeture du sac, suivi d'un bruit sec. Un bruit de couvercle ? Elle sentit ensuite la main de Tommy caresser son ventre et une de ses cuisses.
            — Étends les bras au-dessus de ta tête et croise les poignets comme si tu étais attachée.
            Elle s'exécuta.
            — Parfait. Maintenant écarte les jambes, que je puisse t'admirer.
            Cet ordre sensuel fit durcir ses pointes de seins aussi efficacement qu'une caresse. La main de Tommy remonta jusqu'à ses seins, dont il effleura subtilement les mamelons tout en lui parlant.
            — Comme tu es belle quand tu t'offres à moi comme ça. Je peux te faire tout ce que je veux et tu adoreras ça, n'est-ce pas ?
            — Oui, souffla-t-elle en sentant son entrejambe devenir brûlant.
            — Tu en as tellement besoin. Tu as besoin que je te fasse tout ce que j'ai envie de te faire devant tout le monde.
            Ses doigts s'immiscèrent délicatement entre les replis de son sexe.
            — Je crois bien avoir vu un rideau bouger, là-bas. Imagine qu'ils te regardent pendant que je m'amuse avec toi.
            — Tommy, gémit-elle.
            — Oui, ma douce ? Tu veux que je m'occupe bien de toi ? Tu es toute moite, tu sais ? Tu es tellement mouillée que je ne devrais même pas avoir besoin de ça, mais ça n'en sera que meilleur.
            Le contact de ses doigts disparut, et elle perçut un bruit mouillé. Puis il étala quelque chose de liquide sur son sexe en insistant sur son clitoris, et elle eut l'impression que tout son corps se transformait en une immense zone érogène. De se désintégrer entièrement pour devenir son jouet.
            — Oooh, gémit-elle lorsqu'il glissa un doigt en elle. Elle adorait se sentir entièrement nue devant lui, et le plaisir que déclenchait cette situation l'amena à se poser des questions sur elle-même. Tommy lui avait avoué ses légers penchants exhibitionnistes, mais il semblait bien qu'il n'était pas le seul.
            Il enduisit ses pointes de seins de ce mystérieux liquide huileux et quand il les pinça tendrement, Shea se cambra, le souffle coupé. Il agaça les pointes encore un moment, puis se plaça entre ses cuisses ouvertes.
            — Plie les genoux en gardant les jambes bien écartées, exigea-t-il d'une voix rauque.
            Elle obéit et imagina le spectacle qu'elle devait lui offrir dans cette position.
            — Je voudrais ouvrir les yeux pour te voir.
            — Non. Garde-les fermés. Contente-toi de ressentir.
            Elle sentit un filet d'huile couler sur son sexe, et les doigts de Tommy le caressèrent jusque dans le moindre repli, avant d'encercler son clitoris palpitant et durci. Un filet d'huile coula entre ses fesses et un doigt de Tommy suivit son sillage, étalant le liquide jusque dans...
            — Tu ne vas pas...
            — Chuuut. Détends-toi. Ouvre-toi à moi, ma douce, murmura-t-il. Fais- moi confiance, offre-toi complètement.
            Shea se sentit incapable de résister à la séduction de sa voix, gagnée par le délicieux parfum d'interdit de cette situation.
            Un doigt généreusement lubrifié plongea dans l'ouverture étroite. Tourna lentement pour l'agrandir en douceur. Elle le sentit bouger sans qu'il écarte sa main et perçut soudain son souffle sur sa fente.
            — Voilà, c'est bien. Comme ça tu m'appartiens complètement, ma douce.
            Si tu pouvais voir comme tu es belle quand tu te tortilles sous mes caresses, quand tout ton corps me supplie de continuer. Tu veux que je continue, hein, ma douce ?
            — Oui ! Continue, Tommy ! Continue, je t'en supplie.
            — Qu'est-ce que tu veux que je continue, ma douce ? Dis-le !
            — Je veux que tu continues ce que tu fais avec tes doigts et ta bouche.
            Oh, Tommy...
            La sensation de plénitude s'accentua, accompagnée d'une légère brûlure lorsqu'il introduisit deux autres doigts. Une sensation à la fois étrange et agréable. Qui lui donnait l'impression de quelque chose de plus étroit qu'un simple contact physique. Pourquoi ?
            La réalité la submergea en même temps qu'une vague de plaisir.
            Se soumettre à cet homme, lui appartenir totalement, déclenchait en elle un sentiment d'accomplissement total.
            Sa langue chaude léchait sa fente. Uniquement la pointe de sa langue. La titillait comme une plume. Si légère que cela la rendait folle. Elle avait l'impression de ne plus former qu'une boule de sensations.
            — Tu veux ma bouche, ma douce ?
            — Oui !
            Son rire flotta dans l'air.
            — Tout ce que tu voudras, ma belle impatiente. Je vais te donner ma bouche et je vais te manger jusqu'à ce que tu fondes sous ma langue. Mais je n'en aurai pas encore fini avec toi.
            — Tommy !
            — Tu sais ce que je te ferai, après ? Je te baiserai, ma douce. Là, ajouta-t- il en faisant tourner ses doigts. Je te baiserai jusqu'à ce que tu cries et que tu jouisses à nouveau pour moi.
            Elle sentit alors sa langue glisser le long de sa fente, savourer avidement sa chair. Fidèle à sa parole, il dévora sa vulve comme un affamé, sans oublier le moindre repli. La vague du plaisir grossit en elle alors qu'elle s'efforçait de la contenir, mais lorsqu'il s'attaqua à son clitoris pour le sucer comme un bonbon, elle déferla avec la violence d'un tsunami.
            Oubliant de garder les mains au-dessus de sa tête, elle enfouit les doigts dans ses cheveux et chevaucha la crête du plaisir avec un cri.
            Un ultime frisson la parcourut, et elle sentit sa bouche s'écarter d'elle.
            Instinctivement, elle tendit les bras pour le retenir.
            — N'aie pas peur, ma belle, je ne vais nulle part. Je suis juste en train de me préparer. Tu peux regarder, si tu veux.
            Elle ouvrit les yeux... pour découvrir un dieu païen agenouillé entre ses cuisses. Le regard rivé au sien, il déchira l'emballage d'un préservatif qu'il enfila sur son sexe en érection, puis renversa un flacon au-dessus de son sexe dont il étala le contenu du va-et-vient de son poing fermé.
            Shea déglutit difficilement, partagée entre l'anxiété et l'excitation.
            — Tu crois que ça va rentrer ?
            Les coins de sa bouche se soulevèrent. Il était mortellement séduisant tandis qu'il se préparait ainsi au clair de lune.
            — Si ça ne rentre pas, je ne te ferai pas mal. Fais-moi confiance.
            — C'est ce que j'ai fait jusqu'ici, non ?
            Il ne répondit pas. Il se contenta de se pencher en avant pour glisser les mains sous ses fesses, qu'il souleva sans effort.
            — Cale tes jambes sur mes épaules.
            Shea se retrouva plus exposée que jamais dans cette position. Elle se dit vaguement qu'elle aurait dû avoir peur, mais s'aperçut que ce n'était absolument pas le cas. Un brouillard languide enveloppait tous ses membres, comme si Tommy l'avait ensorcelée.
            Il écarta ses fesses et en approcha l'extrémité de son sexe. Donna une légère poussée, une expression affamée recouvrant brusquement ses traits.
            — Oh!
            — Tout va bien, ma douce.
            Centimètre par centimètre, il glissa lentement en elle.
            — Comment te sens-tu ?
            — Comblée, gémit-elle. Délicieusement comblée.
            — Ça y est presque. Si seulement tu pouvais voir mon sexe entrer en toi...
            Son aine entra en contact avec ses fesses et elle sentit ses bourses caresser le bas de son dos.
            — Aaah... oui, râla-t-il.
            — Bouge, fais quelque chose, supplia-t-elle, ses mains s'agrippant à la serviette de part et d'autre de son corps. J'ai besoin de te sentir.
            Il se mit à aller et venir, lentement d'abord, pour lui laisser le temps de s'adapter à lui. Un feu entièrement nouveau la consuma, un feu auquel elle était incapable de résister. De plus en plus dévorant.
            — Oh, oui ! Tu es toute douce, Shea.
            Elle frappa son dos de ses talons, subjuguée par la merveilleuse sensation d'être empalée sur lui. Possédée par lui.
            — Plus fort !
            Son ordre mit instantanément le feu aux poudres et il lui donna ce qu'elle voulait, ses hanches la pistonnant sans merci. Immobilisant son corps d'une main, il approcha l'autre de son sexe et caressa impitoyablement son clitoris durci. À sa profonde stupéfaction, Shea sentit un nouvel orgasme la submerger de fond en comble.
            — Oh, oui !
            Tommy la pénétra d'une longue poussée, puis s'immobilisa, rejeta la tête en arrière et laissa échapper un rugissement. Un flot de chaleur l'inonda, lui apportant enfin ce qu'elle désirait. Jamais encore Shea n'avait vu un homme aussi beau quand il était en proie à l'extase.
            Elle sentit son sexe palpiter encore un peu en elle, puis il se détendit.
            Redescendit du point culminant de l'orgasme, ouvrit les yeux et lui sourit.
            — Tu as été fabuleuse.
            — Moi ? C'est toi, le dieu sublime qui m'a séduite sous les étoiles.
            — Tu as l'homme que tu mérites, ma douce, répliqua-t-il en se retirant d'elle avec une infinie délicatesse Il s'allongea auprès d'elle, et elle roula sur le côte pour lui faire face.
            — Tu es mon homme, dit-elle en caressant sa joue. Et je t'aime.
            Il écarquilla les yeux, la serra dans ses bras et bascula au-dessus d'elle.
            — Redis-le.
            — Je t'aime.
            Il laissa échapper un rire de joie pure, puis recouvrit ses lèvres d'un long baiser.
            — Je t'aime aussi. Et je n'ai jamais autant regretté de ma vie de devoir travailler le lendemain.





  — II... t'a violée ? demanda Tommy, bouleversé.
            — J'avais dix-sept ans. J'ai fêté mes dix-huit ans sur un lit d'hôpital, après avoir failli mourir d'une hémorragie suite à une fausse couche. Et quelques mois après, mes parents sont morts.
            — Et lui ? Qu'est-ce qu'il est devenu ? s'enquit-il à voix basse.
            — Il a purgé une peine de prison et il a perdu sa bourse de footballeur à l'université. Ce qu'il est devenu après, je n'en sais rien et ça ne m'intéresse pas.
            Tommy détourna le regard.
            — Je comprends mieux pourquoi tu as mis si longtemps à m'accorder ta confiance, dit-il d'un ton amer. Il faut croire que c'était écrit : toi et moi, ça n'aurait jamais pu marcher. Tu m'as d'abord vu comme le rappel sinistre de ce que tu as perdu... Et maintenant ? Je ne suis plus qu'un pauvre clown, plus pathétiquement sinistre que jamais.
            — Quoi ? s'écria-t-elle, alarmée. Tu n'as rien d'un clown, Tommy! Je t'aime ! Je me fiche complètement de ce que tu feras pour gagner ta vie, je me fiche de ta cicatrice. Ça n'a aucune importance.
            — Regarde-moi dans les yeux et jure-moi que je ne t'ai jamais rappelé ce mec.
            — C'est vrai, au début, tu me faisais penser à lui, reconnut-elle. Mais seulement à cause de ton physique et de ton passé de footballeur. J'avais peur de te faire confiance, mais ce n'était pas à cause de ta personnalité.
            — Côté physique, tu ne risqueras plus jamais de me confondre avec lui, pas vrai ?
            — Ne fais pas ça, Tommy, dit-elle, les yeux brûlants des larmes qu'elle refusait de laisser couler par crainte d'entériner sa défaite.
            Tommy essayait de la repousser en utilisant tous les arguments possibles et imaginables, et elle sentait qu'elle perdait du terrain.
            Elle vit les yeux de Tommy s'embuer de larmes, eux aussi, mais il tint bon.
            — C'est fini.
            — Non, Tommy. Ne dis pas ça.
            — Toi, tu t'en sortiras. Il te reste toujours ton conseiller municipal avec ses beaux costards, ses belles manières et son gros portefeuille.
            Son cœur se déchira.
            — Ce n'est pas lui que je veux, Tommy. C'est toi.
            — Sors.
            — Tommy, je t'...
            — Dégage !
            Shea savait ce qu'il cherchait à faire, savait qu'il ne pensait pas ce qu'il disait. Mais elle s'enfuit quand même. Elle bondit de sa chaise, rafla son sac à main au passage et sortit de la chambre en courant. Plus tard, elle regretterait peut-être d'avoir abandonné si vite, mais à cet instant-là, elle ne désirait plus qu'une chose : fuir la fureur de Tommy. Sa souffrance infinie.
            Elle ne pouvait même pas le traiter de lâche. En prenant la fuite, elle était aussi lâche que lui.
             Shea m'a plaqué.
            La faire fuir avait été tellement facile.
            Ce qui prouvait qu'il avait eu raison. Il leur avait ainsi épargné à tous deux bien des souffrances. Il avait évité à la femme qu'il aimait de s'attacher à un homme qui n'avait plus aucun avenir. Un homme avec qui, dès le début, elle n'avait pas eu envie de vivre. Un homme qui lui rappelait de mauvais souvenirs.
            Il survivrait sans elle. Il y arriverait.
            Seul dans la pénombre croissante de la pièce, il plaça sa main gauche devant ses yeux, et laissa couler ses larmes.