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mardi 22 juillet 2014

Les Anges Déchus Tome 5 : Possession de J.R. Ward


https://issuu.com/bragelonne/docs/1406-anges-dechus5/1?e=1084311/8878541 



Lorsque Cait Douglass se résout à surmonter la peine d'avoir eu le cœur brisé, se libère de ses inhibitions et se décide enfin à vivre pleinement, elle était loin d'être prête à rencontrer les deux hommes sensuels qui croisent sa route...
                                                                                                                                                                                            





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Le résumé :
http://lachroniquedespassions.blogspot.fr/2014/01/les-anges-dechus-tome-5-possession-de.htmlLorsque Cait Douglass se résout à surmonter la peine d'avoir eu le cœur brisé, se libère de ses inhibitions et se décide enfin à vivre pleinement, elle était loin d'être prête à rencontrer les deux hommes sensuels qui croisent sa route. Déchirée entre les deux, elle ne sait lequel choisir... et quelles conséquences ce choix impliquera-t-il.

Jim Heron, ange déchu et réticent sauveur, est en guerre, mais il met tout en danger lorsqu'il cherche à passer un marché avec le mal... littéralement. Alors qu'une autre âme est prise dans la bataille entre lui et le démon Devina, son obsession pour une innocente enfermée en Enfer va menacer de le détourner de son sacro-saint devoir.

Le bien peut-il triompher si le véritable amour rend le sauveur faible ? Le futur d'une femme sera-t-il la clé - ou la malédiction - de l'humanité toute entière ? Seul le temps, et les cœurs, le diront. 



 
L'avis :
Excellent 5ème opus !

J'ai lu que certains fans de l'auteure seraient moins convaincus par ses derniers livres notamment avec la série BDB. Pour ma part, je ne le comprends pas et je me suis régalée avec celui-ci.

J'ADORE le style de J.R. Ward. Pour moi son travail se classe en deux catégories : il y a les ouvrages ultra géniaux et les autres simplement géniaux.

Celui-ci appartient à la première catégorie car ENFIN Sissy devient un personnage à part entière et non plus une obsession de Jim Heron ! Mais bon...la « relation » est compliquée comme sait si bien les créer l'auteure des Anges déchus. J'ai simplement hurlé à la lune (oui, ça m'arrive avec certains ouvrages) en fermant le livre tant j'étais fébrile quant à l'avenir de ce couple.

Je dirai simplement qu'ici, l'action s'accélère et les destinées de nos héros s'annoncent de plus en plus noires pour les prochains tomes que j'attends de façon fébrile.

Je ne crois pas pouvoir cacher plus longtemps que je suis FAN de J.R. Ward. C'est la première fois à vrai dire et je commence à mieux comprendre l'hystérie qui peut entourer le travail de certains artistes.



Attention les extraits sont mes moments préférés : il y a forcément des spoilers donc si vous les lisez, vous êtes prévenus !


L'extrait :
« Toc. Toc. »

Jim leva la tête.

— Oui ?

La porte s’entrouvrit, un rai de lumière perçant l’obscurité.

— Je peux entrer ?

Au son de la voix de Sissy, Jim attrapa les couvertures et les tira sur son entrejambe.

— Pas maintenant.

— Je veux juste m’excuser.

— Je peux te rejoindre dans la cuisine ?

— Je suis vraiment désolée, Jim, dit-elle d’une voix rauque.

— Merde. Moi aussi.

D’un mouvement gracieux, elle passa la tête par la porte, et Seigneur, baignés par ce flot de lumière, ses cheveux blonds lui apparurent comme un halo. Un instant fasciné, il se frotta les yeux, en se demandant s’il ne rêvait pas. Peut-être s’était-il assoupi, et son subconscient avait profité de l’occasion pour se mettre en action…

— J’ai froid, dit-elle d’une petite voix.

— Je vais te donner un sweat-shirt. (Il voulut se relever quand il se rappela qu’il était nu.) Euh… il y en a un par là.

Il désigna la pile de vêtements propres. Sissy esquissa un pas en avant puis s’arrêta sur le seuil.

— Je ne voulais pas…

Elle se racla la gorge.

Ah, d’accord. En fait, ce n’était qu’un prétexte. Elle ne savait pas comment s’excuser de son comportement. Et oui, il la comprenait.

— Tu n’as pas à le dire, murmura-t-il.


— Vraiment ?

— Non.

— Oh, bien. (Elle ferma la porte.) Je suis contente.

Jim fronça les sourcils en l’entendant s’approcher du lit… puis le matelas s’affaissa légèrement sous le poids de la jeune femme.

— Qu’est-ce que…

— J’ai froid. J’ai si… froid, Jim. J’ai juste besoin… de me réchauffer.

Jim écarquilla les yeux, mais n’eut pas le temps de réagir : avant qu’il comprenne ce qui lui arrivait, elle s’était allongée à son côté, pelotonnée contre son torse.

— Prends-moi dans tes bras. Juste un instant, je t’en prie. J’en ai tellement besoin.

Elle avait la voix éraillée, brisée par le chagrin et l’épuisement. Mais Jim résista.

Serrant les bras contre ses flancs, il secoua la tête même si elle ne pouvait pas le voir.

— Sissy… (Sa voix était rauque même à ses oreilles.) Je ne peux pas… Non, ce n’est pas bien…

— Pourquoi ? (Sa voix était plus grave, lui rappelant encore une fois qu’elle n’était pas dans son état normal.) Je ne cherche pas à faire l’amour.

Jim eut un mouvement de recul, choqué par sa candeur. Mais il la croyait. C’était lui, le problème. De plus, il était nu.

— Je t’en prie, dit-elle. Je me sens perdue. Si perdue, comme à la dérive. Et rien ne me retient ici… Laisse-moi juste rester cette nuit. Je promets de ne pas t’embêter.

Ça, c’était peu probable.

Mais il ne la repousserait pas. C’était au-dessus de ses forces.

Se poussant vers le rebord du matelas, il s’emmitoufla dans les draps.

— Je ne…

Quoi ? se demanda-t-il. Lui dire qu’il ne la toucherait pas ? Il ne voulait pas qu’elle sache que l’idée lui avait effleuré l’esprit.

— Viens là, marmonna-t-il.

Sissy se rapprocha, se recroquevillant de nouveau contre le torse de Jim, mais cette fois, elle glissa un bras entre eux avant de poser la tête sous son menton.

Le soupir d’aise qu’elle laissa échapper était si éloquent qu’il se maudit de s’être embrouillé le cerveau en imaginant des histoires d’attirance.

Elle était perdue, et pour l’heure, il était son ancre imparfaite.

Il en venait à regretter de ne pas être un homme meilleur. Vraiment.

S’agitant sous les draps, il s’ajusta à sa position, mais ne la toucha pas et garda son bassin loin d’elle. Il était toujours nu, mais elle ne sembla pas le remarquer.

Lui, en revanche, en avait bien trop conscience.

Seigneur, elle était si menue contre lui. Non pas parce qu’elle était petite, mais plutôt parce qu’il pesait, quoi, presque cinquante kilos de plus qu’elle ?

Elle sentait si bon. Pas l’odeur factice d’un parfum, juste celle d’une femme ravissante, belle et fragile. Et leurs corps s’emboîtaient parfaitement, comme s’ils étaient faits l’un pour l’autre.

— Merci, murmura-t-elle.

Jim ferma les yeux. Puis il l’entoura doucement d’un bras, l’enlaçant sans la serrer. Quand elle frémit et se rapprocha encore un peu, il comprit qu’elle n’était pas la seule à avoir besoin de chaleur. Lui aussi en avait besoin.

Il en manquait même depuis très longtemps.

Au bout d’un moment, la respiration de Sissy devint profonde et régulière, et la sachant en sécurité, il s’autorisa à l’imiter. La guerre faisait toujours rage. Divine se trouvait quelque part au-dehors, ainsi que l’âme à sauver. Le temps pressait.

Mais dans cette pièce… la paix régnait. Et il était tenté de dire que Sissy et lui l’avaient méritée, du moins pendant un court moment.



L'extrait :
Dehors, il se campa près d’un type nommé Ivan, qui était bâti comme une armoire normande, et faisait face à la queue qui s’était formée. Il fallait toujours deux videurs, parce qu’on ne savait jamais ce qui pouvait…

— … baisé ma sœur ! Je le sais ! T’as baisé ma sœur, enfoiré !

Et voilà.

— Je m’en occupe, annonça Duke, qui rompit le rang et longea la foule de fêtards agités, impatients, éméchés, limite défoncés, et transis jusqu’aux os.

— … pas baisée ! Je l’ai laissée me sucer…

« Bam ! »

Apparemment, le frère n’appréciait pas la subtile différence entre une fellation et un coït.

Puis le chaos s’installa. La femme en question, une ravissante petite brune ressemblant à Marilyn Manson, maquillée comme un mime, et habillée comme une stripteaseuse, s’interposa entre les deux hommes.

L'extrait :
Merde. Il avait vraiment foiré cette manche. Et impossible de revenir en arrière.

Désormais, deux choix s’offraient à lui. Soit il tentait de trouver le jumeau maléfique de Duke quelque part en ville en priant pour parvenir à raisonner ce type dont il ne savait rien. Soit…

— Allons-y, dit-il.

Elle haussa ses sourcils parfaitement dessinés.

— Où ça ?

— Où tu veux.

— Pour faire quoi ? (Elle fit courir une main délicate sur son décolleté.) Tu vas me baiser ?

— Non. Je veux juste discuter de l’avenir.

— On peut en parler ici, marmonna-t-elle d’un ton las.

— Non.

Parce que s’il ne pouvait pas approcher l’âme au cours de ces dernières minutes, il devait au moins s’assurer qu’il en soit de même pour la démone. Il ignorait ce qu’elle avait accompli lors de cette manche, mais…

— Tu veux me tenir à l’écart de cette maison, hein ? demanda-t-elle d’une voix traînante.

— C’est toi qui as suggéré de laisser tomber.

Elle s’esclaffa.

— Jim, tu me connais assez pour savoir que je suis beaucoup de choses, mais pas idiote. Tu veux m’entraîner ailleurs ? D’accord, mais à une seule condition.

Dans le silence qui suivit, il songea à Sissy. Et tandis que l’image de la jeune femme s’imposait dans son esprit, le trou noir au centre de sa poitrine se remplit d’une douleur lancinante, presque paralysante.

La démone esquissa un pas en avant.

— On peut s’en aller. Mais à condition qu’on fasse ce que je veux.

Surgie de nulle part, une vague de souffrance déferla en lui, qui le rendit comme hébété. Au cours de toute sa carrière au sein des XOps, jamais il n’avait cédé face à la torture. Il y avait été soumis une ou deux fois sans jamais s’effondrer. Et pareil dans cette guerre contre Divine : malgré les sévices qu’elle lui avait infligés, et les fois où il l’avait baisée mû par la haine, rien de tout cela ne l’avait affecté durablement.

Mais cette fois, il ne s’en remettrait pas. S’il partait avec elle, s’il consentait à ce qu’il devinait de ses intentions, une partie de lui en mourrait.

Curieux, il n’avait même pas eu conscience d’être encore vivant.

Jusqu’à sa rencontre avec Sissy, qui l’avait réveillé. Voilà pourquoi il allait affronter la plus dure épreuve qu’il ait jamais traversée.

— Où ? demanda-t-il.

— Pourquoi pas à l’hôtel Freidmont ? Oui. Je réserverai une suite. Ce sera parfait pour ce que j’ai en tête. (Un long silence s’installa entre eux.) On y va ? Ou est-ce que tu préfères me prendre ici ?

Oui, il avait commis une erreur en se focalisant sur Sissy dès le départ. Oui, son choix avait eu des conséquences terribles et imprévues. Et oui, pour se racheter… il devait obéir.

— D’accord, répondit-il.

La démone se fendit d’un large sourire, ses yeux brillant d’une joie féroce.

— Après toi, mon ange.




L'extrait :
Sissy ne savait pas grand-chose en matière de sexe. Enfin, elle en connaissait évidemment la théorie, mais pas la pratique. Et ce n’était pas dû au fait qu’elle était prude. Seulement, elle n’avait jamais rencontré d’homme qui vaille le risque de tomber enceinte, et n’avait jamais été attirée par quelqu’un au point de se laisser enivrer par de l’alcool ou des illusions romantiques.

Mais elle en savait assez pour être absolument sûre que son sauveur avait passé la majeure partie de la nuit à faire l’amour.

Et elle en eut la confirmation – non pas qu’elle en eût besoin – quand Jim lui tourna le dos en regagnant sa chambre : ce dernier était recouvert d’une immense faucheuse tatouée en noir et blanc. Et des griffures apparaissaient à la fois sur l’encre et la chair, comme si une femme s’était cramponnée à lui pendant qu’il…

— Tu te fous de moi ? demanda-t-elle.

Il s’arrêta net. Mais plutôt que de se retourner, il se contenta de baisser la tête, semblant trop fatigué pour la soutenir.

— Je croyais que tu étais censé te battre pour remporter la guerre. (Elle s’approcha de lui et se posta devant son corps meurtri.) Mais ce n’est pas ce à quoi tu as employé ta nuit, n’est-ce pas ?

— Sissy… Tu ne comprends pas.

— Oh, je t’en prie, ne me sors pas encore un de tes « Reste à l’écart, tout ça est bien trop compliqué pour toi, ma petite » ! Tu crois vraiment que je ne sais pas à quoi ressemble un homme qui sort d’une nuit de sexe ? J’en ai vu défiler toute une tripotée dans mon dortoir. Mais je n’aurais jamais cru te voir dans cet état.

Il passa une main à travers ses cheveux mouillés et croisa enfin son regard.

— Je vais me coucher.

— D’accord. Super. Alors j’imagine qu’Adrian et moi allons trouver l’âme et…

— On a perdu la manche, OK ? On a perdu.

Sissy eut le souffle coupé. Puis la colère resurgit en elle.

— Parce que tu baisais une femme, hein ?

— À vrai dire… c’est tout à fait ça.

— Bravo. Tu parles d’un sauveur. Seigneur, tu es pitoyable.



L'extrait :
Elle grimaça en se retournant, et il se rappela qu’ils étaient assis sur un sol froid et dur… Soudain, elle se massa le ventre, semblant prise de douleurs.
— Tu vas bien ? demanda-t-il. Tu veux qu’on sorte ?
— J’ai l’impression d’avoir une indigestion.
— C’est normal.
Jim se leva et lui tendit une main. Quand elle la prit, il l’attira vers lui, mais elle poussa un grognement, incapable de se redresser.
— Sissy ?
— Mon ventre… (Elle retroussa sa chemise.) Oh, mon Dieu ! Qu’est-ce que c’est ?
Il n’en avait aucune idée. Et soudain, il comprit : en travers de sa peau laiteuse, un symbole apparaissait, un symbole qui luisait comme éclairé de l’intérieur.
Divine l’avait gravé lors de son rituel.
— Enlève-moi ça… (Sissy se mit à frotter.) Enlève-moi ça !
Jim captura les mains de Sissy et se pencha. Cette lueur rouge qui émanait du corps de la jeune femme était de mauvais augure.
Il replaça le vêtement.
— Sortons d’ici. Et après, on verra ce qu’on peut faire, d’accord ?
Sissy agrippa le haut et le maintint en place, une expression de terreur déformant ses traits ravissants.
— Et si elle était en moi ?
Jim secoua la tête, alors même qu’un frisson lui hérissait la nuque.
— Impossible.
Puis il prononça la seule phrase qu’il viendrait un jour à regretter.
— Tu m’appartiens.

L'extrait :
Lâchant un juron, il se força à regagner sa chambre, jeta ses habits sur la pile de linge sale et suspendit la serviette à une patère, au dos de la porte. Puis il s’avança vers son lit, pieds nus…
— Tu es rentré.
Il marqua une pause et ferma les yeux de soulagement et de reconnaissance.
— Tu es là.
— À ma place.
Le monde se mit à tourner, la pièce plongée dans le noir tourbillonnant autour de lui.
— Attends, laisse-moi m’habiller.
À tâtons, il se fraya un chemin jusqu’à la pile de linge propre et se pencha…
Sissy alluma.
Aveuglé par la lumière, il se redressa d’un bond et se couvrit le sexe des deux mains.
— Attends, je suis nu !
Bon sang, songea-t-il. Sissy était assise sur le matelas, ses cheveux blonds emmêlés, ses joues roses, réchauffées par la chaleur du lit. Le tee-shirt blanc qu’elle portait n’avait rien d’indécent… sauf quand son côté pervers commença à se demander ce qu’elle avait dessous.
Elle le regardait d’un air ébahi.
— Je me suis dit… que tu aurais besoin… de lumière…
Alors que sa voix s’étiolait, Jim sentait son regard peser sur lui… et le parcourir de haut en bas.
— Laisse-moi d’abord m’habiller, rétorqua-t-il d’une voix rude.
Mais elle resta figée, l’empêchant d’agir : elle le voyait de profil, si bien que s’il tendait la main vers ses habits, soit il lui montrait ses fesses, soit il lui exposait tout son matos.
Et vu qu’il était bien loti, elle aurait droit à un sacré spectacle.
— Sissy, retourne-toi, s’il te plaît.
Impossible de ne pas se rappeler la dernière fois qu’il avait prononcé ces mots… en enfer, après avoir été violé par Divine, son corps maculé de sang et de diverses sécrétions.
« Ne me regarde pas ! »
Un ordre qu’il lui intimait à présent pour une raison différente : il était toujours motivé par l’envie de la protéger, bien sûr. À cent pour cent. Le problème, c’était qu’en cet instant son corps n’était pas très bien relié à son cerveau.
Parce qu’il avait l’affreuse conviction qu’elle pourrait apprécier la vue.
En tout cas, elle ne criait pas d’horreur. Il aurait même dit qu’elle…
— Tu es beau, murmura-t-elle.
Jim ferma les yeux en priant pour garder son sang-froid.
— Écoute, il faut que tu…
— Laisse-moi te voir… (Elle se racla la gorge.) Je t’en prie, laisse-moi…
— Non, Sissy, c’est impossible. On ne peut pas… Je ne peux pas… (Un sacré ramassis de conneries : sa queue commençait à se réveiller, et ce n’était vraiment pas le moment de bander.) Écoute, il faut que tu retournes dans ta chambre. Ou alors, que je m’en aille…
— J’ai été privée de ça, Jim. Elle m’a ôté la vie trop tôt. Ne me laisse pas passer l’éternité à me demander quel effet ça fait.
Pour la deuxième fois en quelques heures, il se retrouva stupéfait. Il avait dû mal entendre.
Le juron qu’il étouffa se transforma en un grondement qui remonta le long de sa poitrine.
— Pourquoi crois-tu que je t’ai attendu tous les soirs ? (Il entendit les draps bruisser comme si elle se redressait vers lui.) J’espère… Je prie… pour que tu…
Son souffle devenait de plus en plus haletant, son corps prenant le pas sur ses pensées. Et la réaction était bien trop puissante, bien trop rapide pour ne pas indiquer ce qu’il refusait de voir : oui, il l’avait ramenée pour la sauver. Mais il la désirait aussi.
Pour être honnête, ce sentiment ne lui était venu que très récemment. Il n’avait pris naissance qu’au moment où l’ange avait compris combien elle avait vieilli en enfer. Jim n’avait jamais été attiré par les jeunettes, et ce n’était pas près de commencer.
Mais Sissy était une femme à présent. Après tout ce qu’elle avait enduré, ce n’était plus une enfant.
— Tu comptes me forcer à le dire ? (Elle baissa d’un ton.) Jim ?
— Ne me demande pas ça. Pour l’amour de Dieu, ne me demande pas ça.
— Pourquoi, Jim ?
Il aurait vraiment voulu qu’elle arrête de prononcer son nom.
— Je ne peux pas. Ce n’est pas bien.
— Pourquoi ?
Libérant une de ses mains, il se frotta le visage.
— Tu sais pourquoi.
— Tu es amoureux d’une autre ?
Question étrange.
— Non.
— Est-ce que tu me… veux ? Jim ?
Un nouveau bruissement, et l’ange s’imagina les draps tombant le long de ses hanches et s’amonceler autour de sa taille. Sauf que dans son fantasme elle ne portait rien de plus que lui et ses seins étaient…
— Tu me tortures, maugréa-t-il.
— Je préférerais autre chose.
— Sissy…
— Vers qui d’autre pourrais-je me tourner ? Qui à part toi ? Si tu ne veux pas, alors qui ?
À cette phrase, il fut saisi de l’envie de castrer l’intégralité de la population masculine de Caldwell. Ou plutôt de tout l’État de New York. Voire de la côte Est.
Ne la regarde pas, s’intima-t-il. Un seul regard vers elle et tu es…
Au bruit d’un sanglot, il tourna la tête. Oh, merde. Elle avait enfoui la tête dans ses paumes en s’efforçant de conserver sa dignité.