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Les yeux du diable - Céline Mancellon

  
Contrairement à ce que tu crois, frère, tes désirs ont toujours été d’une transparence… pathétique. Tu penses sincèrement me tromper, moi ? Je suis celui qui te connaît le mieux. Plus que Michel, plus que toute l’armée céleste réunie… voire mieux que ta dulcinée, Lilith. La jalousie est ton destrier, mais c’est la passion qui souffle sur les braises de ta convoitise.












Suite au décès prématuré de ses parents dans un accident de voiture, Gabriel, dix-sept ans, se retrouve obligé de suivre son frère aîné, récemment embauché en tant que professeur particulier chez une famille aisée, en Angleterre.

Le couple souvent absent, leur confie leur fils, James, qui a le même âge que lui.
La personnalité de ce dernier met tout de suite mal à l’aise le jeune homme qui le trouve pour le moins étrange.
Pourtant James semble apprécié de tous.
Alors, pour quelle raison Gabriel ne supporte pas de le regarder dans les yeux ?
Et si, sans le savoir, il était devenu le jouet du diable ? 









 

Il s'agit du premier livre que je lis de cette auteure. J'en avais beaucoup entendu parlé et je l'ai découvert au travers de ce roman.
J'aurai du mal à donner un avis tranché car je suis plutôt mitigée. Par certains aspects, le livre m'a vraiment captivé tandis qu'à d'autres j'ai sauté des pages entières.
J'ai trouvé la relation Gabriel – Samaël – James vraiment bien fichue mais les autres personnages m'ont semblé moins aboutis.
Toute les références religieuses assez audacieuses sont vraiment réussi mais il manque une finalité à tout ça.
Devant cette chronique de normand, je dirai que ce livre n'est pas un coup de cœur mais le style, l'originalité de l'histoire me pousseront sans conteste à livre d'autres écrits de Céline Mancellon pour avoir un avis plus pertinent.
Donc je classe l'auteure dans la catégorie : à suivre...



Pour toute réponse, Gabriel s’approcha de lui tandis qu’un sourire flottait sur ses lèvres. Un sourire mauvais au parfum de colère.
Que veux-tu… que veux-tu de moi ?
Quand il estima être assez près, l’ange inclina son visage de manière à plonger son regard dans celui du pseudo oncle de James et ce dernier se figea légèrement.
Contrairement à ce que tu crois, frère, tes désirs ont toujours été d’une transparence… pathétique. Tu penses sincèrement me tromper, moi ? Je suis celui qui te connaît le mieux. Plus que Michel, plus que toute l’armée céleste réunie… voire mieux que ta dulcinée, Lilith. La jalousie est ton destrier, mais c’est la passion qui souffle sur les braises de ta convoitise.
Soudain, Gabriel le saisit par la nuque et unit brutalement ses lèvres à celles de Samaël, qui demeura tétanisé par l’attaque de l’ange. Ce dernier écrasait sa bouche de la sienne avec violence, la blessant intentionnellement de ses dents dans la foulée.
Une fois la surprise passée, le déchu chercha mollement à se débattre contre son assaillant qui le bloquait tout en enfonçant ses doigts dans la chair dure de ses bras. Gabriel démontrait une force incroyable, insoupçonnée jusqu’alors. Et cela plut curieusement à Samaël qui cessa de résister pour aussitôt céder à une terrifiante tentation. Il répondit furieusement au baiser de l’ange, glissant langoureusement sa langue dans l’étroit espace offert, cherchant à apaiser une faim désespérée et qui le dévorait depuis la nuit des temps.
Subitement, Gabriel coupa court à son élan avide et s’écarta avec rudesse, une mimique impitoyable sur le visage.
Le déchu porta une main tremblante à ses lèvres malmenées et encore gonflées de leur baiser.
Incestueux grand frère, cracha Gabriel. N’essaie plus jamais de me manipuler.
Samaël émit un petit rire rauque, troublé et amer.
La main droite et la main gauche de Dieu… différentes et semblables, mais éternellement rivales. Comment lutter contre ce genre d’attirance ? Je suis démasqué… Depuis quand… depuis quand le sais-tu ?
L’expression de l’ange s’adoucit un bref instant. Il demeura muet, laissant le déchu dans l’expectative, se contentant seulement de récupérer Helmont pour le porter définitivement hors de cette chambre macabre, glaciale, seulement éclairée par des centaines de bougies à la lueur vacillante. Il passa le seuil, ignorant intentionnellement le regard voilé de désir inassouvi de Samaël.
Gabriel n’avait pas fait quelques pas qu’il chancela et dut s’appuyer contre le mur du couloir afin de ne pas s’affaler sous le poids de son fardeau.
Il aurait aimé pouvoir trouver une explication rationnelle et logique à ce qui venait de se dérouler avec « l’oncle » de James, néanmoins, aucune ne paraissait appropriée.
C’était comme s’il avait été possédé ou quelque chose du genre.
Le goût acide de la bile remonta le long de son œsophage pour envahir sa bouche et il ferma brièvement les yeux afin de se concentrer pour repousser la violente nausée lui contractant l’estomac.







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