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vendredi 3 octobre 2014

Les Demoiselles de Spindle Cove Tome 4 : Tant qu'il y aura des Ducs de Tessa Dare






 Que peut- faire un duc, lorsque la fille qui ne convient absolument pas devient la femme sans laquelle il ne peut vivre?












(Traduction everalice)
Que peut- faire un duc, lorsque la fille qui ne convient absolument pas devient la femme sans laquelle il ne peut vivre?
Griffin York, le Duc de Halford, ne souhaite absolument pas se marier cette Saison - ou à n'importe quelle Saison - mais sa diabolique mère l'enlève pour "Spinster Cove" ("La baie des vieilles filles") et le pousse à choisir une épouse parmi les ladies qui y résident. Griff décide de lui donner une leçon qui mettra fin une bonne fois pour toutes à cette histoire de mariage. Il choisit la servante de l'auberge.
Débordée de travail et se débattant dans les difficultés, Pauline Simms ne rêve pas de ducs. Tout ce qu'elle souhaite, c'est raccrocher son tablier et ouvrir une librairie. Ce rêve devient réalisable lorsqu'un arrogant duc beau comme le péché lui offre une petite fortune contre un emploi d'une semaine. Sa tâche est simple : se soumettre à l'entraînement de duchesse de sa mère et... échouer lamentablement.
Mais à Londres, Pauline est loin d'échouer misérablement. C'est une recalée courageuse, pleine d'esprit, séduisante - une femme qui enflamme le désir de Griffin et qui apaise ses zones d'ombre. Garder Pauline à ses côtés ne sera pas chose facile. Même si la haute société peut accepter une servante comme duchesse - un duc libertin peut-il convaincre une servante de lui donner son cœur en toute confiance? 



Magique!!!
J'ai passé un moment de lecture inoubliable. Et oui je pèse mes mots !
Je crois que c'est le meilleur livre de Tessa Dare que j'ai lu et un des meilleurs de romance historique et pourtant...

Je me rappelle avoir fait la moue en lisant la quatrième de couverture. Un duc qui pour, embêter sa mère qui le harcèle pour qu'il se marie, décide de porter ses vues sur une fille du peuple. Sa mère a une semaine pour en faire une duchesse digne du titre. Bof, bof. Je voyais déjà les gros clichés...

Et pourtant dès la deuxième page, j'ai su qu'il s'agissait d'une histoire qui me marquerait.
Pourquoi ?

Le style
Inimitable.
Tessa Dare a vraiment une « patte » qui donne une couleur à l'ensemble de ses livres. Je l'ai déjà dit mais je me répète, elle est vraiment la parfaite jonction entre la romance historique traditionnelle et celle plus moderne.



L'histoire
Comme je le disais, j'étais peu emballée par le postulat de départ mais je savais au vu des précédents tomes que je ne devais pas m'arrêter là. J'avais adoré tous les autres de la série et pourtant toutes ces histoires de vieilles filles perdues au fin fond d'une station balnéaire esseulée ne m'avaient pas attiré et pourtant ...toutes étaient magnifiques. Donc celle-ci ne déroge pas à la règle. Magnifique, forte, passionnée...en un mot inoubliable .

Les personnages
L'une des raisons qui me fait le plus apprécié Tessa Dare c'est qu'à chaque roman, je n'ai jamais eu l'impression qu'elle se répétait tant au niveau des histoires que des personnages. A chaque livre, la galerie s'agrandit. J'avais beaucoup apprécié le héros taciturne du précédent tome tout comme sa dulcinée. Ici c'est la même chose avec cependant des héros totalement différents. Griffin est juste parfait : viril, autoritaire, fier, agaçant mais en même temps fragile, meurtri.
Quant à Pauline elle est magnifique. Elle est un personnage sans artifice et c'est ce qui la rend aussi belle et attachante. Hormis la mascarade de cette semaine pour en faire une duchesse, elle ne joue pas. Elle est franche et c'est avec cette même franchise que se crée cette magnifique histoire d'amour.

Ce livre, cette auteure sont vraiment à découvrir d'urgence !
Une romance historique incontournable !


La plus belle scène !!!!!!!!!!!!!!!

— Il existe trente-trois rangs de préséance entre une servante et une duchesse, annonça-t-elle avec calme. Le saviez-vous ? Le tableau occupe trois pages dans Les Vertus de Mme Worthington. Je le connais par cœur. Les duchesses sont au sommet de la hiérarchie, après la reine et les princesses, bien sûr. Suivies des marquises, des comtesses...
Tout en récitant, elle les énumérait sur ses doigts.
— Puis viennent les épouses des fils aînés des marquises, puis les épouses des puînés des ducs. Ensuite, c'est le tour de la descendance : les filles de ducs, les filles de marquis. Suivent les vicomtesses, puis les épouses des fils aînés des comtes. Ensuite, les filles des comtes...
— Pauline.
— Cela fait déjà dix rangs, et je n'en suis pas encore aux baronnes. Sans parler des ordres de chevalerie et des grades militaires. En dessous, vous avez...
Il s'approcha et lui inclina le visage pour l'obliger à le regarder en face.
— Pauline.
Elle cligna les yeux.
— Une fille comme moi, Griff... Je vous suis tellement inférieure. Lorsque nous sommes seuls tous les deux, nous parvenons peut-être à l'oublier. Mais personne d'autre ne passera outre.
— L'oublier ? Croyez-vous que j'oublie qui vous êtes lorsque nous sommes ensemble ?

Elle tritura ses doigts. Il devait bien l'oublier un petit peu... Dès leur première rencontre, il lui avait témoigné davantage de respect et d'attention que n'importe quel noble en accordait à une domestique.
— Quoi qu'il en soit, nous devrons nous rappeler qui nous sommes tôt ou tard, sans quoi la société nous le fera comprendre de force.
Il la considéra longuement.
— Peut-être avez-vous raison. Nous devrions nous rappeler qui nous sommes.
— Je me réjouis que vous soyez d'accord.
Il traversa la pièce, ferma la porte et tourna la clé dans la serrure. Le déclic fut menaçant.
— Débarrassez le bureau, Simms.
— Comment ? Je ne...
— Ne discutez pas, coupa-t-il d'une voix tranchante. Vous êtes une domestique et vous vouliez que je m'en souvienne. C'est moi le duc, ici, et je vous ai demandé de débarrasser le bureau. C'est votre travail, non ? Débarrasser les tables.
Voulait-il leur faire jouer des rôles ? Le duc libertin et la vilaine servante ?
Après quelques secondes d'hésitation, Pauline décida que cela pouvait l'inspirer.
Elle prit l'encrier et le déplaça précautionneusement vers une desserte où il ne risquait pas de se renverser. Puis, d'une main, elle balaya la surface. Buvard, papier, cire et plume s'écrasèrent par terre.
— Voilà qui est fait.
— Quelle effronterie !
— Vous aimez cela.
Il tira sur sa cravate et la desserra en traversant la pièce.
— Vous allez apprendre quelle est votre place.
— Est-ce là, Votre Grâce ? s'enquit-elle en se perchant sur le bureau.
— Pour l'instant.
Il s'assit sur la chaise devant elle, les bottes de part et d'autre de ses jambes pendantes, et la toisa d'un regard sombre et autoritaire.
Le moment s'étira, devint de plus en plus fin, de plus en plus fragile, et Pauline attendit, immobile, qu'il craque.
— Soulevez vos jupes, ordonna-t-il.
Ces paroles étaient un coup de feu signalant le départ, et elle sentit s'emballer les battements de son cœur.
Après avoir fait tomber l'une de ses mules, elle se débarrassa de l'autre, posa ses pieds gainés de soie sur la cuisse de Griff et remonta lentement l'ourlet en dentelle de sa robe, dévoilant ses jambes jusqu'aux genoux.
— Comme ceci ?
— Plus haut.
Elle fit remonter encore le tissu, languissamment, sur sa cuisse. Sa jarretelle apparut, un petit ruban coquin couleur lavande.
— Encore.
Elle laissa glisser un pied vers son entrejambe et le replia autour du renflement croissant dans son pantalon. Doucement, elle frotta le dessous de son pied sur l'axe rigide. Bientôt, on entendit une respiration entrecoupée. Celle de Griff. Celle de Pauline. La douce friction contre la cambrure sensible de son pied se révélait une source de plaisir inattendue.
Et cette façon qu'il avait de la regarder... Sans gêne aucune pour son érection, il dardait sur elle ses yeux noirs et intenses. Alors qu'il ne l'avait même pas embrassée, elle avait le souffle court, le sexe humide.
— Plus haut, exigea-t-il en encerclant sa cheville de sa main. Jusqu'à la taille. Montrez-moi tout.
Son ton impérieux l'excita. Pauline se tortilla pour retrousser ses jupes. Jusqu'à ce que son pubis soit visible.
— Oui, dit-il en avançant sur son siège. C'est cela.
Il caressa son mollet. Du pouce, il appuya le creux de ses genoux, et elle écarta les cuisses. Comme s'il avait découvert un levier caché.
Il la saisit par les hanches et l'approcha du bord du bureau. Ses doigts caressèrent les replis humides de son sexe, glissèrent sur sa chair brûlante. Douce, si douce torture.
— Prenez-moi, supplia-t-elle.
Il fit claquer sa langue.
— Je fais ce que bon me plaît. Or il me plaît de vous goûter.
Lorsqu'il baissa la tête, elle se déroba, cessant de jouer le jeu.
— Griff, attendez. Personne n'a...
Elle s'humecta les lèvres avec nervosité.
— Personne n'a jamais fait cela pour moi.
Il releva la tête. Son sourire s'élargit, ouvertement diabolique.
— Si vous espériez m'en dissuader, ce n'est pas ce qu'il fallait dire.
Il la rapprocha encore, et posa la bouche sur elle.
Et, comme promis, il l'embrassa. En cet endroit précis.
C'était terriblement choquant. Indiciblement excitant.
Elle tressaillit, mais son étreinte était ferme. Il ne la laisserait pas esquiver son baiser érotique. Aussi s'allongea-t-elle sur la surface en acajou, s'abandonnant à la béatitude. Elle étendit les bras, couvrant tout le bureau. Plus de papier, plus de courrier. En cet instant, c'était elle, son travail. Et il s'y attelait. Avec détermination.
Avec art.
Sa langue explorait hardiment ses replis féminins les plus intimes. Elle détendit ses cuisses, confiante.
Il savait parfaitement ce qu'il faisait. Comme il était doué... Un véritable champion. Elle ne pouvait le comparer à un autre, mais elle en aurait parié l'intégralité de ses mille livres. S'il avait existé un ordre de chevalerie décerné pour l'aptitude à procurer du plaisir aux femmes, il aurait été distingué du rang le plus prestigieux.
Il la savourait comme si elle était le plat le plus délicieux d'un banquet royal. Au moment où il resserra son attention sur l'orée de son sexe, elle ne put s'empêcher de gémir. Puis il écarta ses replis de ses pouces, et s'enfonça en elle avec sa langue, qu'il remua comme il l'aurait fait de sa verge.
— Griff.
Elle se tordit sur le bureau.
En guise de réponse, il fit glisser une main vers son sein, qu'il pétrit à travers le tissu.
Elle prit sa tête, plongeant dans les ondulations brunes de ses cheveux. Elle le maintint ainsi contre elle se frotta contre sa bouche brûlante, humide et talentueuse.
— Oui, souffla-t-elle. Oh, s'il vous plaît, n'arrêtez pas.
Il ne montrait aucun signe de fatigue. Chaque mouvement de sa langue l'emportait plus loin. Elle geignit pour l'implorer de lui accorder l'orgasme libérateur.
— Oh. Oh.
Elle se cambra sur le bureau, en proie à une jouissance fulgurante. Griff appliqua une de ses paumes sur sa bouche pour lui permettre de le mordre, de gémir et de crier contre sa peau.
Enfin, les tremblements de bien-être s'espacèrent, et il laissa glisser sa main pour envelopper à nouveau son sein. Pendant quelques instants, elle contempla le plafond alors qu'il la caressait et déposait des baisers tendres le long de ses cuisses.
Elle ne trouva aucun mot à prononcer.
— Avez-vous aimé ?
— Oui, croassa-t-elle.
Aucun, excepté celui-là :
— Oui, oui, oui.
— Comprenez-vous que je vénère chaque fraction de votre corps délectable ? Comprenez-vous que je préférerais recevoir un coup de sabre plutôt que vous laisser être blessée ?
Hors d'haleine, elle acquiesça de la tête.
— Bien.
L'expression de Griff s'assombrit.
— Maintenant, je vais vous administrer une bonne leçon.
Il la souleva pour la reposer sur ses pieds, la fit pivoter, puis la poussa contre le bureau jusqu'à ce qu'elle fléchisse la taille. Elle eut le souffle coupé lorsque ses seins rencontrèrent la surface dure.
Derrière elle, Griff releva ses jupes en un tournemain, rassemblant le lourd tissu au-dessus de ses hanches.
Il recourba les mains sur ses fesses, et du genou lui écarta les cuisses.
— Voilà ce qui arrive aux servantes qui s'oublient avec un duc. On leur donne une leçon.
Devant la sévérité joueuse de sa voix, Pauline sentit la chair de poule hérisser l'intérieur de ses cuisses. Les pointes de ses seins durcirent contre la surface en bois verni.
— Petite sorcière impertinente.
Du plat de la main, il donna une tape sur son postérieur, et elle laissa fuser un souffle entre le rire surpris et l'excitation sensuelle. À la place de la douleur, elle sentit le picotement du plaisir.
— Insolente tentatrice.
Une autre petite claque délicieuse.
Elle savait qu'il ne lui ferait pas de mal. C'était un jeu. Si elle pouvait jouer la séductrice, qu'il s'amuse également dans son rôle. Elle aimait cette légèreté de sa part. Cela signifiait qu'il se sentait en sécurité avec elle.
Il se pencha au-dessus d'elle, la clouant au bureau de son poids massif. Son souffle était brûlant contre sa nuque.
— Vous êtes très vilaine.
Tout en murmurant à son oreille de sa voix affamée et enrouée, il glissa une main entre ses jambes pour frotter son sexe déjà hypersensible.
— Vous aimez cela, dit-il. Vous aimez savoir que vous me rendez fou de désir. Jusqu'à ce que mon sexe prenne le pas sur mon cerveau, et que je m'égare complètement.
— Je...
Elle se tut alors que les doigts de Griff effleuraient son petit bouton.
— Répondez-moi.
Il glissa un doigt en elle.
— Oui.
— Oui, qui ? demanda-t-il en s'enfonçant plus loin.
Elle gémit.
— Oui, Votre Grâce.
— Sachez-le, dit-il, je n'oublie pas ma place. Et vous ne l'oublierez pas non plus.
Elle espérait de tout cœur que sa place légitime était au fond d'elle. Elle le désirait si ardemment qu'elle aurait dit n'importe quoi pour lui faire plaisir.
Il ressortit presque entièrement son doigt, avant de l'enfoncer à nouveau.
— Qui suis-je ?
— Un duc, réussit-elle à prononcer.
— Et que voulez-vous de moi ?
Il retira complètement sa main, la laissant endolorie par le désir.
— Je...
Elle se tortilla sur le bureau.
— Je veux que vous me troussiez.
Elle sentit son sexe se dresser contre l'arrière de sa cuisse. Ses paroles crues l'avaient excité. Ce langage, c'était elle, finalement. Commune. Vulgaire.
— Vos manières, gronda-t-il en donnant une nouvelle tape sur son postérieur. N'oubliez pas à qui vous vous adressez.
— S'il vous plaît, Votre Grâce.
Le désir qu'elle avait de lui était maintenant désespéré. Elle prit une voix aussi voluptueuse et sensuelle qu'elle le put.
— Culbutez votre humble servante, je vous en supplie.
— Voilà qui est mieux.
Il souleva ses hanches et la pénétra d'un seul mouvement fluide. Leurs gémissements de satisfaction se répondirent.
Elle était trempée et prête. Il n'avait pas besoin de s'y prendre en douceur, et il ne perdit pas de temps avant de lui imposer une cadence rapide. De s'enfoncer plus loin, encore plus loin.
Pauline s'agrippa au bureau pour ne pas tomber. Il atteignait des endroits inexplorés à l'intérieur de son corps, lui faisant découvrir de nouvelles facettes, mystérieuses, d'elle-même. Le plaisir la consumait.
— Fort, gémit-elle. Plus fort, s'il vous plaît, Votre Grâce.
— Oh oui, il me plaît, gronda-t-il.
Il la souleva par la taille jusqu'à ce que ses orteils quittent le tapis, et lui administra ainsi de violents coups de reins, plus fort, plus vite. Elle mordit la chair tendre de son avant-bras pour s'empêcher de crier. Elle était entièrement à sa merci tandis qu'il la chevauchait au rythme qu'il souhaitait. Il l'utilisait pour son plaisir - et il l'utilisait bien.
Puis il ramena ses pieds sur le sol et se pencha en avant au-dessus d'elle sur le bureau. Ses mains couvrirent les siennes aux endroits où elle se cramponnait. Elle sentit une goutte de sa transpiration s'écraser contre son épaule nue.
— Qui suis-je ?
Sa voix était si proche, gutturale. Un vertige la traversa.
— Un duc.
— Quel duc ?
— Le huitième duc de Halford... Votre Grâce.
Le corps de Pauline palpitait, n'aspirait qu'à culminer. Son pénis était si profondément en elle, si rigide. Pourquoi s'était-il figé ? Elle ondula des hanches pour l'inciter à reprendre le rythme.
Toujours immobile, il ordonna :
— Les titres de courtoisie. Récitez-les.
Mon Dieu.
— Je ne m'en souviens pas.
— Moi, si. Je n'oublie jamais qui je suis. Même ainsi enfoui en vous, aiguillonné par un tel désir que j'ai l'impression que je vais exploser.
Il courba légèrement la taille.
— Me comprenez-vous ?
Il recommença à remuer. Lentement, cette fois-ci, mais en s'enfonçant en elle avec une telle force qu'un sanglot sec jaillissait de la gorge de Pauline à chaque va-et-vient.
— Griff, l'implora-t-elle.
Cette « leçon » était à la fois excitante et dévastatrice. Lorsqu'ils étaient ensemble, seuls, elle voulait qu'il oublie les trente-trois rangs qui les séparaient sur l'échelle de la société anglaise. Mais c'était impossible. Pour lui comme pour elle. La vérité était indélébile.
— Je suis le duc de Halford, dit-il en la pilonnant.
Elle ferma les yeux en essayant de ne pas pleurer. C'était trop. L'émotion, le plaisir. Le désespoir.
— Je suis le marquis de Westmore.
Un nouveau coup de reins.
— Je suis aussi le comte de Ridingham. Le vicomte de Newthorpe. Lord Hartford-on-Trent.
Coup de reins. Coup de reins. Coup de reins.
— Et je suis votre esclave, Pauline.
Oh, pitié...
Cette fois, elle sanglota pour de bon. Ce fut plus fort qu'elle.
Il s'immobilisa, entièrement enfoui en elle. La moulant à son désir. Quand ils se sépareraient, elle souffrirait du vide ainsi créé. A tout jamais.
D'une voix tendue par la passion, il reprit :
— Entendez-vous ? Me croyez-vous à présent ? Il pourrait exister un millier de rangs entre nous, je m'en moque. Tout le sang bleu que j'ai dans le corps ne bouillonne que de désir pour vous.
Il glissa un bras sous le torse de Pauline et la souleva en même temps qu'il se dressait de toute sa hauteur. Les reins de la jeune fille se plaquèrent contre lui. Il la maintint ainsi de son bras puissant et, de l'autre main, fouilla sous ses jupons jusqu'à ce qu'il trouve sa perle. Un frisson d'extase la fit trembler des pieds à la tête.
— Regardez-moi, dit-il. Embrassez-moi.
Elle tourna la tête, tordit le cou pour plaquer ses lèvres contre les siennes. Pour enfouir sa langue dans sa bouche, tandis que son sexe remplissait le sien, et que ses doigts œuvraient exactement là où elle le désirait. Elle était enveloppée de sa force et de son adoration.
Elle aurait voulu que cela ne cesse jamais.
Mais il était d'une redoutable efficacité. En quelques instants, le corps tout entier de Pauline fut secoué de convulsions de plaisir.
Le mouvement s'accéléra, perdit de son élégance. Une fois de plus, Griff lui souleva les pieds de terre. Il interrompit le baiser et enfouit le visage dans ses cheveux. Il marmonna à son oreille des paroles incompréhensibles, qui précipitèrent encore les battements de son cœur.
— Je n'oublie pas qui vous êtes, chuchota-t-il. Et c'est vous que je veux, bon Dieu, si vous saviez à quel point...
Il se retira, et ce fut entre les cuisses de Pauline qu'il donna ses derniers coups de reins. Son grognement sauvage lui procura un frisson de satisfaction.
Ensuite, il la serra si fort contre lui qu'elle eut du mal à respirer. Mais pour rien au monde elle ne s'en serait plainte.
— J'espère, dit-il enfin d'une voix rauque, que l'affaire est réglée.
— Bel et bien.
Il se laissa tomber dans le fauteuil en l'attirant sur ses genoux. Ils restèrent ainsi emmêlés et en sueur, comblant le silence de leurs souffles entrecoupés. Indolemment, il caressait ses cheveux d'une main.
Elle pressa son visage contre sa chemise.
— Griff, c'était...
— Je sais, murmura-t-il. Je sais. Oui. Je n'ai pas honte de dire que j'en suis assez fier.
— A juste titre.
La poitrine de Griff se souleva et retomba avec un profond soupir.
— J'ai envie de courir jusqu'à Piccadilly et d'attendre qu'un passant me demande : « Comment allez-vous ? », simplement pour le plaisir de pouvoir lui répondre : « Je viens de vivre le meilleur coït de toute mon existence, merci. »
Elle éclata de rire en imaginant l'échange.
— Le meilleur de votre vie ? ne put-elle s'empêcher de relever. Sincèrement ?
— Du moins, depuis hier soir.


L'extrait :
Il plissa les yeux, recula et s'adossa à un arbre.
— Non, Simms. Ne commencez pas.
— Commencer quoi ? J'ai simplement prononcé votre prénom.
— Je connais ce ton. Vous vous embarquez dans la vaine entreprise de me sauver, d'arranger ce qui a été cassé dans ma vie... Je ne sais quel espoir féminin vous nourrissez, mais renoncez-y dès à présent. Vous ne ferez que vous couvrir de ridicule.
Dieu tout-puissant. Cet homme était si transparent qu'elle avait l'impression de voir à travers son gilet jusqu'au tronc contre lequel il s'appuyait.
S'il croyait qu'une simple rebuffade allait la dissuader, après la façon dont il s'était accroché à elle la nuit précédente... après les mots doux qu'il lui avait murmurés...
— C'est vous qui êtes ridicule, dit-elle calmement. Tellement ridicule que je ne peux même pas me mettre en colère contre vous. N'espérez pas me repousser. Griff, je sais que vous souffrez. Je le sais. Je l'ai senti dès le premier jour, et...
Il détourna les yeux.
— Je n'aurai pas cette conversation.
— Parfait. Niez-le. Peu importe. J'ignore si c'est l'orgueil masculin ou ce flegme aristocratique. Mais, quelle que soit cette qualité, je ne la possède pas. Vous ne pouvez soutenir que vous ne souffrez pas. Et je refuse de prétendre que je m'en moque.
Elle s'arma de courage pour poursuivre :
— Je ne vous demande pas d'être votre confidente. Je comprends que vous ne teniez pas à exposer vos problèmes à une fille telle que moi, mais... voici ce que je pense : peut-être ne devriez-vous pas renoncer à l'idée de vous marier. Je déteste vous savoir seul.
— Qui dit que je suis seul ? riposta-t-il. Je peux avoir toute la compagnie que je souhaite.
— Je sais, je sais. Vous êtes un débauché, un libertin. C'est le bruit qui court, mais personnellement, je n'en ai jamais eu la preuve. Pour ma part, je vois un homme naturellement généreux, honorable, qui déambule en solitaire la nuit et bricole de vieilles pendules.
Il tendit un bras et l'attira contre lui.
— Ne me prenez pas pour un homme honorable.
D'un mouvement preste, il inversa leurs positions. Ce fut son large torse qui l'appuya contre l'arbre. Elle se débattit, un tout petit peu, et le tissu vaporeux de sa robe s'accrocha à l'écorce.
Elle ne tremblerait pas.
— Vous avez refusé de me faire l'amour hier soir, dit-elle. Vous ne comptez tout de même pas sur moi pour le craindre maintenant ?
— Nullement.
Il se pencha en avant, jusqu'à ce que leurs nez se touchent.
— Je compte sur vous pour l'apprécier.



L'extrait :
Il s'assit en face d'elle et croisa les jambes dans l'habitacle exigu et sombre.
— Moi non plus, à vrai dire. Je cherchais simplement une destination éloignée. Je sais qu'il vous faut du temps, mais vous avez besoin de quelqu'...
Elle ravala le mot. Il n'avait pas besoin de « quelqu'un ». Il avait besoin d'elle.
— Je ne vous laisserai pas traverser seul ces moments, décréta-t-elle. Un point c'est tout.
Il tira de sa poche de poitrine une flasque en argent qu'il voulut ouvrir. Ses doigts étaient trop gauches. Avec un juron dégoûté, il jeta l'objet dans un coin.
Pauline se pencha pour le ramasser, le dévissa calmement et lui tendit la flasque.
— Tenez.
— Laissez-moi.
Il serrait les poings sur ses deux genoux.
— Je suis incapable de me contrôler. Je risque de... de devenir agressif.
Elle ne le croyait pas capable de la blesser.
— J'esquiverai les coups, promit-elle.
— Je risque de pleurer.
— Moi, je pleure déjà.
Elle se tamponna les yeux du revers de son poignet.
— Je...
Il se pencha en appuyant, les coudes sur les genoux.
— Miséricorde, je crois que je vais être malade...
— Tenez, dit-elle en lui tendant son chapeau. Servez-vous de ceci.
Il le contempla.
— J'insiste. Il est très laid, de toute façon.
Ses yeux croisèrent les siens, blessés et sombres.
— Rien ne vous convaincra de me laisser ?
— Non.
— Nom de Dieu, Simms.
Il détourna la tête et appuya un poing contre sa bouche, comme pour comprimer un flot d'émotions.
Mais elle devinait des fissures dans le barrage.
Elle avança sur la banquette jusqu'à ce que leurs genoux se touchent au milieu de la voiture.
— Vous êtes en sécurité, chuchota-t-elle. Dans cet habitacle, avec moi, vous êtes en sécurité. Quoi qu'il arrive, cela restera entre nous. Demain soir, je rentre chez moi. Nul ne saura jamais rien.
Avec un juron, et la vivacité du désespoir, il la saisit par les hanches et abaissa sa tête sur les genoux de Pauline. Ses mains s'agrippaient maladroitement au tissu de sa robe.
Et là, enfin, le visage enfoui dans ses jupes, il émit un son. D'abord un grondement sourd de colère et d'angoisse, qui s'amplifia. Ses doigts s'enfonçaient dans ses hanches, l'attiraient contre lui, l'étreignaient avec force.
Pauline sentit se dresser le duvet sur sa nuque. La violence absolue de son émotion la terrifiait. Son instinct lui criait de se dérober, mais elle fit taire sa peur.
Elle posa une main sur son dos secoué de sanglots, et l'autre dans ses cheveux.
Son cœur n'aspirait qu'à l'apaiser avec des paroles douces, mais il était inutile de lui dire qu'elle le comprenait, que tout allait s'arranger. Ce n'était pas vrai. Elle ne pouvait comprendre sa désolation, l'angoisse furieuse qui agitait son corps. Il avait perdu une personne qui ne pourrait jamais être remplacée, et il retenait son chagrin depuis trop longtemps.
— Bon Dieu, dit-il d'une voix assourdie par ses jupes. Bon sang de bon Dieu...
Elle enveloppa des bras ses épaules tremblantes, embrassa le dessus de sa tête et le serra aussi fort qu'elle le pouvait.

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L'extrait :
— J'ai fait preuve d'une grande patience, dit-elle. Vous devez vous marier, et le plus vite possible. J'ai trouvé pour vous séduire les jeunes beautés les plus accomplies de toute l'Angleterre, mais elles vous ont laissé de marbre. J'ai enfin compris qu'avec vous, ce qui compte n'est pas la qualité, mais la quantité.
— La quantité ? Êtes-vous en train de m'emmener vers une communauté utopique d'amour libre où les hommes ont le droit d'avoir autant de femmes qu'il leur plaît ?
— Ne soyez pas ridicule.
— Je n'étais qu'optimiste.
Elle esquissa une moue délicate.
— Vous êtes impossible.
— Merci. Je m'y emploie activement.
— C'est ce que je déplore. Si seulement vous consacriez les mêmes efforts à... un autre dessein.

 I'm in a Jane Eyre kind of mood :)
L'extrait :
— Je vous ai engagée pour une raison précise, Simms. Je ne cherche pas une jeune fille au teint frais qui m'apprendrait le sens du mot amour et donnerait un but à ma vie. Et si vous rêvez d'un gentilhomme pour vénérer votre tempérament de feu... peut-être en trouverez-vous un à Londres, mais ce ne sera pas moi.
— En voilà un discours, chuchota-t-elle en s'approchant de lui. Je serais encline à le croire, si ce n'était la manière dont vous m'avez embrassée hier soir.
Griff tressaillit.
— Allons, Simms, pour quel piètre libertin me prenez-vous ? J'ai embrassé bien des femmes sans éprouver aucun sentiment pour elles.
Hmm. Je ne crois pas avoir déjà vu cette nuance de vert dans ses yeux...
Ce fut sa dernière pensée cohérente tandis qu'il la fixait. Puis le poing gauche de Pauline s'écrasa sur sa mâchoire, et son univers explosa en un feu d'artifice de douleur. Il vacilla. Son crâne vibrait comme une cloche.
Il l'avait bien cherché.
Quand son regard se précisa à nouveau, il la vit qui parlait au garçon.
— Voilà ta première leçon, Hubert.
Elle s'accroupit devant le petit garçon aux yeux écarquillés pour se placer à son niveau.
— Ne te bats pas à la loyale. La vie est injuste, surtout dans un endroit comme celui-ci. Si tu as l'occasion de frapper, saisis-la. Ne cherche pas à être magnanime, pas avec ceux qui te rudoient.


2 commentaires:

  1. Ta critique me donne vraiment très envie de lire ce roman. J'ai beaucoup aimé ta description des personnages :)

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    1. Bonsoir Lucie
      Je ne peux que te le conseiller. C'est une romance magnifique! J'espère que tu me diras ce que tu en penses : )

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