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Les Frères Malory, Tome 6 : La faute d'Anastasia - Johanna Lindsey

 



 Toute la famille Malory s'est réunie au manoir de Haverston pour célébrer Noël.














Le résumé:
Angleterre 1825.
Toute la famille Malory s'est réunie au manoir de Haverston pour célébrer Noël. Dans le grand salon, un paquet enrubanné de velours, posé près de la cheminée, suscite la curiosité générale. La patience n'a jamais été le fort des Malory. Impossible d'attendre le douzième coups de minuit pour ouvrir cet intriguant cadeau ! L'emballage doré ne révèle qu'un vieux cahier relié de cuir. Mais, en le découvrant, chacun a la certitude que son existence va être bouleversée.
Car il s'agit du journal à quatre mains qu'ont tenu, presque un siècle plus tôt, Christopher Malory et son épouse Anastasia. Anastasia, la mystérieuse, dont on chuchote qu'elle était d'origine gitane... Impossible ! Jamais un marquis n'aurait accepté unetelle mésalliance. Personne ne sacrifierait tout par amour ! Et si pourtant c'était vrai ? Et si l'amour avait le pouvoir de venir à bout des préjugés et de briser les barrières sociales ?



L'extrait :
Il sourit intérieurement. Après tout, il n’y avait aucune raison pour qu’elle ne se serve pas d’un diminutif bien à elle… Et puis, quand elle évoluait dans la chambre, nue devant lui, il ne voyait vraiment pas de quoi il aurait pu se plaindre !
Lorsqu’il eut à son tour terminé de s’habiller, il s’aperçut qu’elle portait encore le costume de la veille, ce qui ne manquerait pas d’attirer l’attention sur elle plus qu’il n’était souhaitable.
― Tu n’as pas d’autre toilette ? demanda-t-il.
― Tu ne m’as pas laissé le temps de faire une valise hier soir, Christo. J’ai seulement mon sac, que grand-mère m’a jeté à la volée, juste avant que tu ne lances ton étalon de malheur au triple galop.
Il grimaça. Il n’avait pourtant pas l’habitude de se comporter de façon aussi grossière !
― Nous retournerons au campement tout à l’heure, afin que tu rassembles tes affaires. Et peut-être irons-nous en ville pour acheter quelque chose de… moins voyant.
Elle haussa les sourcils.
― Mes vêtements sont trop voyants à ton goût ?
― Non, bien sûr que non, seulement ils sont… euh…
Il avait du mal à trouver un qualificatif qui ne fût pas blessant. Mais elle s’en chargea pour lui, et il était clair qu’elle se sentait insultée.
― Vulgaires ? Communs ? Bons pour des romanichels ?
― Ne te vexe pas, Anastasia. Tes tenues étaient parfaites quand tu voyageais sur les routes, mais tu vas vivre différemment, désormais, voilà tout.
Elle s’était rembrunie.
― Tu crains des difficultés, Christo, à cause de ce que je suis ?



― Ce que tu es ?
― Une Gitane.
― À moitié gitane, m’as-tu dit.
Elle eut un petit geste de la main, comme pour balayer son objection.
― J’ai été élevée parmi les Gitans, pas avec les Russes. Je ne suis pas toujours d’accord avec eux, mais je suis une des leurs.
Il s’approcha d’elle et la prit dans ses bras.
― Ne nous disputons pas, je t’en prie…
Elle recula la tête pour le regarder dans les yeux.
― Je ferai quelques concessions pour te plaire, et tu devras agir de même avec moi. Ainsi, nous arriverons à vivre en bonne entente. Cela te paraît juste ?
― Tu as une façon unique de voir les choses, mais je pense pouvoir m’y adapter. Pour l’instant, si nous allions dévaliser la cuisine ?
― S’il faut en passer par là pour obtenir un petit-déjeuner, avec joie.
Elle fit une profonde révérence.
― Après vous… monseigneur.
Avec un soupir exagéré, il la poussa devant lui.
― Plus jamais de ça. Finalement, Christo me conviendra.
Elle pouffa.
― Si tu insistes…


Chapitre
À vrai dire, il y avait peu de chances pour que leur histoire dure indéfiniment. Cependant, Christopher aurait estimé que quelques jours, voire quelques semaines, n’auraient pas été trop espérer. Malheureusement, tout s’acheva au moment où ils arrivèrent au pied de l’escalier, ce matin-là.
Avec le recul, Christopher se rendait bien compte qu’il avait manqué de délicatesse. Mais il n’avait tout simplement pas l’habitude de surveiller ses paroles, surtout lorsqu’il se trouvait avec ses vieux camarades. Après tout, devant qui aurait-il pu se vanter de sa splendide conquête, sinon devant ses amis ?
Il aurait néanmoins préféré qu’ils ne soient pas là, juste en bas des marches, quand il descendit, la main d’Anastasia dans la sienne, la jupe dorée virevoltant dans la pénombre.
― Qui est-ce ? demanda David sans quitter Anastasia des yeux. Oh, je vois ! Tu étais donc avec les Tsiganes, hier soir ?
― Tu la ramènes au campement ? devina Walter.
― Pas exactement, corrigea Christopher. Nous irons chercher ses affaires tout à l’heure, mais elle reste avec moi. Elle a accepté de devenir ma maîtresse.

― Tu crois que c’est malin, Chris ? Elle ne ressemble pas vraiment à la maîtresse type !
À cet instant, Anastasia arracha sa main à l’étreinte de Christopher. Mais le jeune homme, préoccupé par la réflexion de son camarade, le remarqua à peine.
― Je m’en moque, David. La maîtresse type, comme tu dis, cesse toujours de m’intéresser au bout de quelques jours. Ce ne sera pas le cas d’Anna. En outre, je ne lui ai pas demandé d’être ma maîtresse pour la présenter dans le monde. Alors, peu importe qu’elle soit ordinaire ou originale, n’est-ce pas ?
― Eh bien, je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvais augure, vieux, intervint Walter, mais j’ai bien l’impression que ton Anna te fera perdre la tête…
Christopher se tourna vers Anastasia, juste à temps pour recevoir une gifle magistrale sur la joue et la voir relever sa jupe afin de remonter l’escalier quatre à quatre.
― Bon sang, qu’est-ce qui t’arrive ? cria-t-il.
Elle ne s’arrêta pas. Quelques secondes plus tard, il entendit la porte de sa chambre claquer avec force.
― Bon sang ! grommela-t-il.
David toussota derrière sa main, tandis que Walter éclatait franchement de rire.
― Non, en effet, elle n’est absolument pas ordinaire, Chris.
Cela t’aidera peut-être d’apprendre qu’elle a commencé à froncer les sourcils dès que tu as prononcé le mot « maîtresse ».
Sans plus attendre, Christopher emboîta le pas à Anastasia.
Par chance, la jeune femme n’avait pas mis le verrou. Il la trouva en train de fourrer quelques affaires dans son sac.
Il referma la porte derrière lui et s’appuya contre le battant. Il n’était pas en colère, mais contrarié et totalement déconcerté.
Une maîtresse n’avait aucune raison de se vexer si on parlait d’elle dans ces termes !
― Qu’est-ce que tu fabriques ? dit-il. Et pourquoi m’as-tu frappé ?
Elle lui jeta un regard noir.
― Je ne t’ai jamais pris pour un simple d’esprit, Christopher Malory, alors ne fais pas semblant de l’être à présent.
― Je te demande pardon ?
― Tu peux toujours demander, répliqua-t-elle sèchement, mais cela ne servira à rien, puisque je ne te pardonne pas, justement.
― Je n’ai rien à me faire pardonner, et si j’ai dit quelque chose qui t’a déplu, que je sois damné si je sais de quoi il s’agit ! Alors, explique-moi ce que tu me reproches et peut-être — peut-être que je te présenterai des excuses.
Elle était rouge de fureur.
― Je me suis trompée, gadjo, tu es un simple d’esprit.
Maintenant, écarte-toi de cette porte, je rentre chez moi.
Il ne bougea pas d’un pouce, bien qu’elle marchât droit sur lui. Quand elle fut près de lui, il l’attrapa par les épaules pour l’immobiliser. Il avait bien envie de la secouer comme un prunier.
― Tu n’iras nulle part avant de t’être expliquée. Tu me dois au moins ça.
Les yeux cobalt lançaient des éclairs.
― Je ne te dois rien, après ce que tu viens de faire.
― Et qu’ai-je fait, exactement ?
― Non seulement tu as laissé ces hommes m’insulter, mais tu as adopté la même attitude. Comment as-tu pu me traiter de cette façon ? Comment ?
Il soupira.
― Ce sont mes amis les plus proches, Anastasia. Tu crois que je n’étais pas fier de te montrer ?
― Me montrer ? Je ne suis pas un jouet, tu ne m’as pas achetée. Et je ne suis pas ta maîtresse.
― Bien sûr que si !
Il s’interrompit, les sourcils froncés.
― Ne me dis pas que j’ai oublié de te le demander cette nuit, reprit-il. C’est pour ça que je suis revenu au campement.
Pourquoi serais-tu là, si je ne t’avais pas proposé de devenir ma maîtresse et si tu n’avais pas accepté ?
― Oh, tu me l’as demandé, répondit-elle sèchement. Et voilà ma réponse.
Elle le gifla pour la deuxième fois.
― Ne me frappe plus jamais, Anna, grommela-t-il, rouge de colère. Il était normal que je pense que tu étais d’accord, puisque je t’ai trouvée nue dans mon lit. Et puis, tu t’es donnée à moi sans contrainte. Alors, si tu n’es pas ma maîtresse, à présent, je veux bien me jeter dans la Tamise !
― Rappelle-toi : je t’ai dit quelle était la seule manière de m’avoir. Je ne suis pas ta maîtresse, je suis ton épouse !
― Quoi ?
Elle profita de sa stupéfaction pour se frayer un passage.
Christopher resta pétrifié, incapable de l’empêcher de s’enfuir.
Comment avait-il pu, ivre ou non, ignorer à ce point les principes de sa caste ? Un marquis n’épousait pas une vulgaire Gitane ! Enfin, vulgaire, non, mais Gitane quand même, ou à moitié Gitane… Non, c’était impossible


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