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mardi 8 juillet 2014

Les secrets de Greystone Manor, tome 3: La comtesse amoureuse de Brenda Joyce




— Vous m’avez demandé pourquoi j’étais si concernée par votre sort. Maintenant, je dois vous poser la même question.
— Ne le faites pas, dit-il en faisant remonter ses mains le long de son cou, jusqu’à son visage. Ne me demandez pas ce que je ne peux pas donner.












Le résumé :
Cornouailles, 1795 Désespérée, la comtesse Evelyn d’Orsay doit se rendre à l’évidence : la mort de son mari la plonge dans le dénuement le plus total. Et dans ces conditions, qu’adviendra-t-il d’Aimée, sa petite fille adorée ? Le comte d’Orsay a bien laissé une fortune en France, avant de fuir les affres de la Terreur, mais comment la récupérer dans ce pays en proie à la guerre ? Evelyn n’a plus qu’un recours : faire appel aux services du célèbre contrebandier John Greystone, qui les a aidés à quitter la France quatre ans plus tôt. Pour l’amour de sa fille, la comtesse devra remettre leur sort entre ses mains. Mais n’est-ce pas folie de confier son destin à un homme que l’on dit espion, traître à sa nation ? Pire, de s’exposer à l’irrépressible désir que lui inspire ce hors-la-loi…


L'avis :
J'aime beaucoup Brenda Joyce et c'est avec beaucoup de plaisir que je lis ses derniers livres sortis en France.

Cependant je dois dire que cette série ne m'a pas convaincue et j'ai l'impression que cette auteure s'assagit en matière de passion et aussi de sexe.

Elle rentre dans un registre bien sage !

Ses deux personnages ne sont pas à la hauteur de sa série les de Warenne beaucoup plus réussi.


L'extrait :
— Etes-vous prête ? demanda froidement Jack.

Elle se tourna lentement et le dévisagea tandis qu’il se tenait sur le seuil de sa chambre. Son visage était tendu, ses yeux semblaient sombres et impassibles. Il était habillé pour naviguer de sa veste de drap marron foncé. Elle se leva.

— J’étais en train de tomber amoureuse de vous.

Son expression se durcit.

— Je n’ai jamais voulu de votre amour, Evelyn, et je n’ai jamais rien attendu de vous.

Comme ses mots faisaient mal !

— Mon Dieu, vous le pensiez vraiment, n’est-ce pas ? Quand vous disiez que notre histoire n’était que de la concupiscence.

Ses yeux étincelèrent, et il ne répondit pas.

— Je ne comprends pas, dit-elle, le cœur au bord des lèvres.

Ou plutôt : elle craignait de comprendre, au contraire.

— Je veux bien accepter que vous soyez un butor, un vaurien, un homme qui prend des maîtresses comme bon lui semble — le visage de Jack se durcit encore plus —, mais vous avez toute une famille que vous adorez, et ils sont tous anglais. Juste ciel, le mari de Julianne était en France, luttant contre la Révolution ! Quand vous livrez des secrets d’Etat aux Français, vous ne trahissez pas seulement votre pays, vous les trahissez, eux aussi.


— Vous conclusions sont bien hâtives, prévint-il.

— Je sais ce que j’ai entendu. Le comte d’Hervilly a rassemblé une armée d’émigrés et il va rejoindre une armée de chouans — après avoir envahi la France.

Elle essuya de nouvelles larmes.

— Et bientôt vous allez dire à Le Clerc quand ils arriveront exactement, n’est-ce pas ?

Il bougea, enfin. Il s’approcha à grands pas, le visage rageur. Elle se crispa quand il lui saisit le bras.

— Vous avez un choix, Evelyn, et je suis sérieux. Vous allez oublier chaque maudit mot que vous avez entendu.

La menaçait-il ?

— Et si je ne peux pas ? s’écria-t-elle. Si je vais trouver les autorités ?

— Alors vous mettrez votre vie en danger ! s’exclama-t-il en la secouant. Jurez-moi maintenant que vous allez oublier cette journée. Jurez-le !

Elle secoua la tête, en pleurs.

— Vous voulez dire que je mettrai votre vie en danger ?

Il lui releva le menton.

— Non, je voulais dire exactement ce que j’ai dit. Ma vie est déjà en danger, Evelyn. Si vous parlez de ceci à quiconque, c’est la vôtre que vous risquerez. Je veille sur vous, bon sang ! Je ne veux pas que vous soyez blessée par cette histoire.

— Je ne vous crois pas, parvint-elle à dire. Je ne sais plus que croire !

Essayait-il maintenant de la protéger, d’une manière absurde, inconcevable ? Ou essayait-il plutôt de se protéger lui-même ?

— Vous pourriez croire en moi, dit-il d’un ton âpre.

Elle se figea.

— Niez-le, alors. Expliquez-vous.

Il la fixa. Quand il parla, il était plus calme.

— Je ne suis pas un espion français. Vous avez mal compris, parce que vous n’avez pas entendu toute la conversation. Je vous demande de m’accorder le bénéfice du doute — parce que vous tenez à moi.

Elle le dévisagea, incrédule. Etait-elle censée le croire ? Elle savait ce qu’elle avait entendu, ce qu’elle avait vu ! Pouvait-elle seulement lui faire confiance ? Oui, elle voulait se fier à Jack ! Et il utilisait maintenant le fait qu’elle tenait à lui — qu’elle tombait amoureuse de lui — pour la faire fléchir.

— Ce n’est pas juste, murmura-t-elle.

Il la fixa durement.

— Rien n’est juste.


L'extrait :
Il la souleva de terre — à l’ébahissement des portiers — et se dirigea vers l’escalier. Evelyn toucha son beau visage, n’ayant aucune envie de protester. En haut, il ouvrit d’un coup de pied la porte de sa chambre, la referma de même, porta Evelyn jusqu’au lit et l’allongea dessus. Mais, alors qu’il ôtait sa redingote, Evelyn vit de terribles ombres passer dans ses yeux. Il était habile à cacher ses sentiments, mais en cet instant son expression était ravagée.

Elle sut alors que la guerre lui avait laissé des cicatrices.

Un moment plus tard, il la rejoignit sur le lit.

— J’ai besoin de vous, dit-il d’une voix enrouée. Mais je vous aime, alors ne pensez pas que je suis un butor.

Elle toucha son visage, folle de joie. Il se déclarait de nouveau !

— Je ne penserais jamais une chose pareille, dit-elle.

Il ne répondit pas et prit sa bouche, son baiser si dur et si profond qu’il en fut presque douloureux. Evelyn aurait à peine su dire ce qui se passa ensuite. Elle noua ses bras autour de lui mais, tandis qu’il enlevait ses culottes et relevait ses jupes, elle l’observait avec le cœur serré. Il avait été sérieusement blessé en France.

— Je vous aime, répéta-t-il d’un ton rauque, presque désespéré.

Evelyn l’étreignit tandis qu’il l’embrassait et la caressait, attisant non seulement son désir, mais aussi son amour. Un moment après, ils ne faisaient plus qu’un.

Et, en levant les yeux vers lui pendant qu’il prenait possession d’elle, elle se rendit compte qu’il pleurait.

— Non…, dit-elle dans un souffle.

Il sourit à travers ses larmes.

— Non quoi ? Vous ne voulez pas que je fasse… ceci ?

Il s’enfonça plus profondément en elle.

Elle réprima une exclamation et, soudain, elle craqua — elle ne pouvait pas supporter tout cela, l’amour, le désir, la volupté, c’était tout simplement trop fort — et elle pleura aussi. Jack étouffa un cri et la serra contre lui, les joues mouillées de larmes.

L’extase qui suivit fut merveilleuse. Et, alors qu’Evelyn revenait en flottant à la réalité, elle se mit à le caresser et posa un baiser sur sa tempe.

— Que s’est-il passé en France, Jack ?

Il l’étudia.

— Mieux vaut que vous ne le sachiez pas.

Elle l’étreignit.

— Je suis désolée.

Elle ne pouvait imaginer les horreurs qu’il avait traversées, mais elle l’aiderait à guérir des blessures de la guerre, maintenant.

— Un jour, peut-être, vous me direz ce qui vous est arrivé. Mais si vous ne le faites pas je respecterai ce choix. Quoi qu’il advienne, je serai toujours là pour vous.

Il s’assit, regarda autour de lui et trouva ses culottes au bout du lit. Tandis qu’il les enfilait, Evelyn arrangea ses jupes et ses dessous. Comme elle finissait, son regard se posa sur Jack, debout près du lit. Il la regardait intensément.

— Toujours ? demanda-t-il.

Son cœur battit très fort.

— Oui, toujours.



L'extrait :
La porte de Jack était restée ouverte. Elle regarda par-delà le salon rouge et or, plongeant les yeux dans sa chambre, car elle était ouverte aussi. Toutefois, elle était à peine éclairée et emplie d’ombre. Evelyn ne put rien distinguer.

— Que faites-vous ?

Elle sursauta. Jack était debout dans le salon, près de la cheminée, une main sur le manteau de marbre. Et il portait seulement un caleçon de drap clair qui lui arrivait au genou.

— Que faites-vous ? répéta-t-il aussi âprement que la première fois.

Son expression était dure et incrédule à la fois.

Evelyn ne s’était pas attendue à le trouver dévêtu, et elle n’avait jamais vu auparavant un tel homme dénudé. Elle le fixa. Ses cheveux lâchés tombaient sur ses larges épaules. Son torse était large et dur, constitué de deux aplats de muscles massifs. Ses mamelons étaient hauts. Son ventre était plat et contracté. Elle n’osa pas regarder plus bas, bien qu’elle en ait envie. Elle releva lentement les yeux vers les siens.

Ils s’élargirent.

— Puis-je entrer ?

Elle sourit, la bouche soudain toute sèche.

— Non.

Elle déglutit avec peine.

— Il n’y a pas de règles sur Looe Island, rappela-t-elle.

Son regard gris s’écarquilla encore plus. Il marcha vers le canapé, le visage dur, les yeux brûlants. Il semblait tout à fait sobre, maintenant.

— Qu’est-ce qui ne va pas chez vous ?

— Je suis lasse de vivre comme une veuve.

Il se mit à secouer la tête d’un air incrédule.

— Retournez dans votre chambre — si vous savez ce qui est bon pour vous.

— Je ne peux pas, murmura-t-elle en s’avançant.

— Si vous entrez ici, vous n’en repartirez pas.

— Très bien, dit-elle.

Elle s’arrêta au bout de deux pas, pouvant à peine respirer.

— C’est ce que je veux.

— Vous êtes une femme morale. Je ne suis pas un homme moral. Retournez dans votre chambre — avant que je ne vous montre qui je suis vraiment.

Elle inspira.

— Vous l’avez montré et le montrez encore. Vous êtes un homme très moral et le prouvez en ce moment même. De mon côté, j’ai décidé d’être la femme immorale.

— Vous n’êtes pas immorale… Vous ne pourriez jamais l’être.

Un frisson le parcourut.

— Je suis à deux doigts de vous saisir et de vous prendre dans mon lit, l’avertit-il. Mais j’essaie de jouer le gentleman.

— Vous pourrez jouer le gentleman demain — et demain je jouerai la veuve.

Elle se mordit la lèvre, si fort qu’elle sentit le goût du sang. Très consciente de ce qu’elle faisait, elle défit la ceinture de sa robe de chambre et la fit glisser de ses épaules. Elle tomba à ses pieds.

Il respirait fortement — elle voyait son torse musclé se soulever et s’abaisser.

— Je ne vous permettrai pas de m’échapper, cette fois, prévint-il, les dents serrées.

— Je ne m’échapperai pas, parvint-elle à dire, faible de désir. Je ne fuirai pas, Jack. Je vous aime.

Il secoua la tête.

— Ce n’est pas de l’amour, Evelyn. C’est de la concupiscence.

— Non. Je suis en train de tomber amoureuse de vous.

— Alors je vous briserai le cœur, tôt ou tard, car pour moi il ne s’agit pas d’amour.

Il ne la regarda pas dans les yeux en disant cela, et son expression était farouche.

Elle ne le crut pas. Deux personnes ne pouvaient pas éprouver un tel désir et ne pas être amoureuses. Elle se tourna et ferma la porte de la chambre. Puis elle lui fit face et d’un geste laissa tomber sa chemise de nuit. Elle était nue dessous.

Ses yeux gris étincelèrent. Il alla jusqu’à elle. Avant qu’elle puisse penser ou réagir, elle fut prise dans ses bras et hissée le long de son corps. Elle se retrouva à chevaucher sa taille, les jambes autour de ses hanches, et elle se cramponna à ses épaules tandis qu’il la pressait contre la porte. Puis sa bouche s’empara de la sienne, frénétique.

Evelyn lui rendit son baiser, plantant les ongles dans ses épaules, glissant sa langue dans sa bouche. Il retint une exclamation. Leurs deux langues se joignirent. Il saisit une fesse dans sa paume, l’ajustant contre lui. Quelque chose de massif et de dur poussa contre le sexe d’Evelyn. Elle cria, transportée, terriblement excitée.

Il la pressa plus fort contre la porte et, sans interrompre leur baiser, il abaissa une main et tira sur le lacet de son caleçon. Le vêtement glissa et il l’écarta d’un coup de pied.

— Evelyn.

Elle ne pouvait pas penser. Son sexe dur palpitait dangereusement contre elle et le désir la consumait.

Il prit son visage entre ses deux mains. Elle croisa son regard étincelant.

— C’est votre dernière chance. Je vous laisserai partir si vous me dites maintenant que vous avez changé d’avis.

— Faites-moi l’amour, demanda-t-elle dans un souffle, en serrant ses épaules et en se tortillant.

Il grogna, la souleva dans ses bras et la porta dans la chambre. Il la déposa sur le lit, et durant un instant ils se dévisagèrent.

— Je n’ai jamais eu d’amant, dit-elle doucement.

Il ouvrit de grands yeux.

— Vous étiez mariée à un homme âgé !

Elle ne put sourire.

— Je n’ai jamais désiré quelqu’un auparavant. Je n’ai jamais envisagé de liaison — jusqu’à ce que je vous rencontre.

Il la fixa, les yeux brûlants.

— Vous êtes une femme extraordinaire, dit-il d’une voix enrouée. Et je ne veux pas vous faire de mal.

Il voulait sans doute dire qu’il ne voulait pas lui briser le cœur. Mais alors ses yeux tombèrent sur son corps dur, musclé et fier, tendu au-dessus d’elle. Elle était devenue si creuse à l’intérieur, si faible, qu’elle s’immobilisa. Elle ne pouvait plus supporter l’attente.

— Dépêchez-vous, murmura-t-elle. Faites-moi l’amour.

Il se coula sur elle, souriant. Et, en quelques instants, elle pleura d’extase et de plaisir.