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Minuit, tome 9.5 : Un avant-goût de minuit - Lara Adrian





 Le contact dura... 
trop longtemps.
Et il fut trop lourd de sens.
Ils étaient trop près l'un de l'autre comme ça, trop intimes. Il était accroupi devant elle et elle avait les jambes écartées de part et d'autre de son grand corps alors qu'il se penchait pour la soigner.










Il s'agit d'une courte nouvelle avec pour héroïne Danika qu'on a rencontré
lors du 1er tome de la série de Lara Adrian. Elle était la compagne de sang d'un guerrier de l'ordre Conlan MacCon mort, la laissant seul avec leur bébé.
Elle retourne dans le havreobscur d'Ecosse. Au cours d'une soirée de gala à laquelle on l'a convaincue de participer malgré son deuil, elle intercepte une dangereuse conversation à propos d'un trafic d'humain opéré un vampire local, M. Forban. Mais ce dernier découvre sa présence et demande à son garde du corps, Brannoc, de tout découvrir sur elle. Quant à Danika, elle prévient tout de suite l'Ordre, mais ces derniers n'ont pas le temps de réagir et Forban envoie ses sbires pour la dissuader de parler. Elle est sauvée à la dernière minute par l'intervention de Brannoc qui se révèle être un allié, un homme qu'elle a connu longtemps auparavant, le meilleur ami de son défunt mari et le sien, Malcolm MacBain...



Il s'agit d'une nouvelle extraite d'une anthologie Les amants des Ténèbres, parue aux éditions Milady.
J'ai du mal avec ce format. Les nouvelles sont forcément courtes et on reste souvent sur notre faim. Ici j'ai beaucoup aimé la trame de l'histoire, les deux personnages et la passion qui les lie et qui vraiment bien retranscrite mais tout ça c'est beaucoup trop condensé.
Alors oui j'aurai adoré le format long avec un roman à part entière. Ici je reste sur ma faim.

Je vous mets l'extrait ou Danika comprends que Brannonc est Malcolm.


— Brannoc comment ?
Comme il ne répondait pas, elle changea d'angle d'attaque.
— Forban vous a appelé Brandog la nuit dernière. C'est ça que vous êtes pour lui, un chien de garde ?
— Quand il le faut.
Il fit un pas en avant, la repoussant de son corps massif contre la porte. Le roulement de son accent écossais s'accentuait syllabe après syllabe.
— C'était imprudent de votre part de venir ici. Vous violez la propriété de mon employeur, et il ne tolère pas les intrus dans son entreprise.
Plus il s'approchait d'elle, plus il semblait à Danika que l'air se raréfiait dans la pièce. Il était tout de chaleur et de menace, véritable tempête la forçant à la retraite. Elle ne lâcha pas son regard fulminant, malgré la distance qui se réduisait à présent entre eux à quelques centimètres.

— Et quelle est donc exactement l'activité de cette entreprise ?
Il ne répondit pas, s'approchant encore, ses yeux gris acier laissant échapper des étincelles à travers les mèches de cheveux sombres qui pendaient devant.
— Forban dirige un club de sang, n'est-ce pas. (Ce n'était pas une question parce que ses soupçons s'étaient transformés en une certitude absolue, qui lui nouait à présent les tripes.) Vous le savez, et pourtant ça ne vous empêche pas de le servir ? Mais quelle sorte d'homme protégerait volontairement quelqu'un comme Forban en fermant les yeux sur la façon dont il gagne sa vie ?
— Dans l'existence, nous opérons tous des choix. Nous faisons ce que nous avons à faire.
— Au prix de notre honneur ? le défia-t-elle. Même au prix de notre âme ?
Il la regarda pendant un moment qui sembla durer une éternité. Puis la serrure de la porte s'ouvrit derrière elle avec un bruit métallique soudain qui la fit sursauter.
— Retournez d'où vous venez, ma belle.
Elle ne bougea pas. Elle se fichait pas mal à présent de savoir si elle le connaissait ou s'il était simplement le chien de garde rétribué d'un marchand de chair humaine. Elle sentait couler dans ses veines le mépris pour ce qu'il représentait, pour ce qu'il était capable de laisser faire.
— Si vous croyez que je vais m'en aller sans faire quelque chose à propos de ça, vous avez tort. Je ne me tairai pas sachant que des innocents souffrent...
Il l'interrompit d'un grognement.
— Oh, si ! Et comment, que vous allez vous taire !
Tout d'un coup, elle se retrouva aplatie contre le panneau sculpté de la porte, le corps du vampire la brûlant à chaque endroit où il était en contact avec le sien. Et ces endroits étaient trop nombreux pour qu'elle puisse les compter. Elle sentait le contour de chaque muscle, depuis ses pectoraux et son ventre d'acier jusqu'à ceux de son pelvis et de ses larges cuisses, d'où émanait une tension sexuelle non dissimulée.
— Tu ne diras rien, exigea-t-il, ses lèvres charnues retroussées sur ses dents et ses crocs. (Ses yeux lançaient des flammes à présent, mais son regard sauvage reflétait plus que de la fureur ou une menace. Il y avait dans ce regard dur de l'inquiétude, une inquiétude qui tirait sur le désespoir.) Tu ne diras rien à personne, Danika. Tu comprends ?
Bouche bée, elle venait enfin de se rendre compte d'où elle le connaissait. C'était une vieille histoire, aussi ancienne que son amour pour Conlan. Plus ancienne, même, car elle connaissait cet homme depuis plus longtemps encore. Elle aurait même pu être tentée à une époque de lui donner son cœur, si elle n'avait pas craint qu'il ne l'écrase un jour sous les talons de ses bottes.
— Oh, mon Dieu ! murmura-t-elle, en tendant la main pour venir toucher le visage barbu et cousu de cicatrices qui avait été autrefois si beau et si fier. C'est vraiment toi...
Il ne laissa pas les doigts de Danika demeurer plus d'un instant sur sa joue. Il lui prit fermement la main, lèvres serrées, tout en secouant la tête. Danika avait perdu le souffle. Elle se sentait à la fois comme si on venait de la précipiter au sol et comme si on l'avait lancée dans les airs. Elle fut envahie par une foule d'émotions contraires tandis qu'elle luttait pour accepter ce qu'elle voyait, ce qu'elle ressentait à ce moment.
Mais alors que régnaient en elle la confusion et l'espoir, l'homme dont elle savait à présent qu'il était Malcolm MacBain avait gardé tout son sang-froid. D'un geste délibéré et dénué de toute tendresse, il ramena la main de Danika à son côté et l'y maintint.
— Oublie ce que tu as entendu. Oublie Forban. (Il la lâcha, mais ne la quitta pas des yeux pour autant.) Oublie-moi, moi aussi.
Il passa alors la main derrière elle et ouvrit la porte. Une bouffée du vent humide et froid de décembre s'engouffra dans le vestibule. Elle entendit soudain le bruit de la rue, sauveur non désiré qui la fit sortir de la torpeur qui s'était emparée d'elle tandis qu'elle contemplait le visage de quelqu'un qu'elle avait autrefois considéré comme un ami cher mais qui était désormais pire qu'un étranger pour elle.
— Va-t'en, dit-il en se reculant pour donner à Danika la place de se retourner et afin d'éviter la pâle lumière du jour qui pénétrait à présent par la porte.
Danika le regarda une dernière fois, cherchant des mots qui ne venaient pas. Puis elle se retourna et rejoignit, hébétée, la rue animée.